archive

Archives Mensuelles: février 2011

Publicités

 

En quatre morceaux, ce disque, longtemps écouté, mais à peine apprivoisé ces dernières heures, explore une mystique bien à lui, partant des champs soniques d’Alice Coltrane, mêlant bourdons d’Inde et hypnose jazz, menant l’auditeur dans un périple qui annonce ce que feront plus tard des gens comme Four Tet, avec des machines. Ici, il n’y a rien de synthétique ou d’électrique, quoi que, sur le premier morceau de la face B, des réverbérations et échos semblent parcourir les instruments, évoquant ce que Joe Henderson avait tenté sur son album des mêmes années, Multiple, qui intégrait des sons de synthétiseurs analogiques. Ici, Alice Coltrane joue comme si elle était en Inde et Henderson joue là où il est, quelque part entre Brooklyn et L.A., sans doute Detroit. Les musiciens qui les suivent construisent pour eux un cadre si bien serré qu’une fois pénétré, il est difficile d’en sortir,de s’en défaire. Il y a du violon, des percussions qui évoquent parfois la monotonie fantastique et lourde de Can et surtout la basse si présente de Charlie Haden. Avec le recul, c’est peut-être là, avec Journey in Satchidananda et Lord of Lords (autre splendeur avec Charlie Haden, plus céleste), le plus beau disque enregistré par Alice Coltrane. Une merveille, sans âge, mais qui vieillit si bien.

Faites des enfants, ils vous ouvriront les oreilles et les miennes se sont passablement débouchées tout à l’heure en entendant ce disque fabuleux, qui mixe Inde et Jazz, mais d’une manière plus subtile et élégante que la plupart des disques du même genre. Il date de la fin des années 60, arrive de Madras via le Japon et le fabuleux label Em Records, tout à fait inégalé ces temps-ci en matière de rééditions inattendues.

%d blogueurs aiment cette page :