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Archives Mensuelles: avril 2009

Je n’avais pas vraiment pris le temps de m’intéresser à The Horrors lors de leur apparition il y a deux ans. Mais là, après avoir lu une description de leur prochain album (prévu en mai) le décrivant comme un hybride entre Cure période Faith et Neu, je me suis précipité pour écouter leur single. Effectivement, il y a de ça : du Neu, un peu de Cure, de la new wave synthétique (on écouterait Jacno à Londres ?) et un truc un peu plus charmant que la plupart des groupes de leur génération et milieu pour lesquels je n’ai guère d’intérêt. Du coup, ce single me plait bien, mais sans me rendre complètement fou non plus et me donne très envie d’écouter l’album très vite.

Longtemps que je n’avais pas acheté un nouveau fanzine consacré à la musique. Celui-ci, sur du vieux papier journal, est américain, fait à San Francisco et s’intéresse aux groupes comme Emeralds ou Wet Hair, tout en interviewant des vétérans comme Henry Rollins ou Thurston Moore. Il y a une correspondance évidente entre l’esthétique de ce nouveau petit journal (tiré à 5000 exemplaires, tout de même) et celle des groupes américains contemporains issus des scènes post-noise, post-drone, post-krautrock, post-synth et qui évoque l’art photocopié et bancal du punk – la nouvelle misère graphique est là, et elle rayonne plutôt bien.

http://www.electricannihilation.tk/

Parmi les sorties récentes du label Touch, ces deux disques me touchent particulièrement. Les deux sont enregistrés en concert et jouent avec la métamorphose des sons. Le premier, par Jana Winderen (dont j’ignore tout) s’empare d’enregistrements de bruits de nature, de sonorités concrètes pour en faire une masse fluide, tout en basses enveloppantes, en nappes viscérales. Le second, par Philip Jeck (dont j’adore le travail sonore) dévie de la matière sonore habituelle de ce compositeur. Au lieu des boucles hypnotiques, jouant sur la mémoire et les sons enfouis sous les strates de bourdons statiques, cet album mêle les bruits, les sons, de manière plus horizontale que verticales, refusant l’empilement de strates au profit de digressions, de constructions progressives, par petites touches, légers écarts, minuscules fractures. Ici et là, on est au plus proche de la matière d’un rêve qui s’incruste dans la mémoire sans que l’on puisse en saisir vraiment les contours.

Je ne sais dire à quel point le travail de Loulou et Kiki Picasso est marquant, déterminant, revigorant. Issu des années 70, du moment punk, des pages de Libé et quelques autres journaux assez fous (au sens visionnaires) pour les accueillir, ce travail continue à invectiver le monde. Et leurs images vivent encore, nouvelles, sur internet : on les trouve là : http://www.unregardmoderne.com/ ou là : http://undreground.canalblog.com/

Plus tard cette année, l’Association devrait sortir un volume de leurs travaux actuels, accompagné par une exposition mise au point par Arts Factory. Hâte de voir ça.

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