archive

Archives Mensuelles: janvier 2009

Publicités

Le jury de l’édition 2009 du festival d’Angoulême (dont j’ai le plaisir de faire partie) est présidé par Philippe Dupuy et Charles Berberian. Pour l’occasion, l’Association a eu l’excellente idée de rééditer leur livre classique, Le Journal d’un Album, dans une édition luxueuse proche du tirage de
tête initial. Couverture cartonnée, édition limitée à 1000 exemplaires et, surtout, ajout d’une partie assez fabuleuse de dessins extraits des carnets des deux dessinateurs. Dans ces croquis faits à l’époque  du livre (1993/1994),il y a évidemment des échos de ce qui se déroule dans le livre même et qui en prolongent la lecture. Une manière de renouveler la lecture de cet album qui compte parmi mes préférés, et l’occasion de le découvrir pour ceux qui ne l’auraient jamais lu – voilà le genre d’oeuvre qui bouleverse littéralement en rendant des pans d’autres tout à fait obsolètes.

J’ai dans la tête ce disque, Keep an eye out de Stephen O’Malley, qui vient de sortir. Un vinyle orange, une face avec de la musique et l’autre avec une gravure de Savage Pencil. Une face, un morceau, 18 minutes de méditation absolue, qui mettent en oeuvre l’un des mes fantasmes musicaux les plus fréquents : mixer La Monte Young et John Fahey. O’Malley fait exactement cela (ou presque) : utilisant un oscillateur pour imposer un drone analogique enveloppant, il introduit progressivement dans sa composition, des éléments de guitare acoustique – instrument auquel il ne nous avait guère habitué : chez lui, c’est plutôt l’électricité qui est viscérale. Le mélange est assez impeccable, la guitare n’est jamais tonitruante ou démonstrative. Au contraire : comme s’il apprivoisait cet instrument tout à la fois proche et méconnu, O’Malley esquisse des notes, joue, délivre des sons, des harmonies issues du mélange quasi instantané. Il y a une jolie alchimie à l’oeuvre, presque modeste, comme à la maison, comme un dimanche où l’on enregistre ce qui gît au fond de soi, entre le coeur et le ventre.

Impossible : c’est le titre d’une revue imaginée par Charles Berberian, Philippe Dupuy et moi. Le premier numéro vient de sortir, on l’a fait imprimer nous-mêmes, en grand format, sur un papier recyclé. 16 pages de dessins. Il y en a 500 exemplaires, pas un de plus. Certains seront à Angoulême, d’autres dans quelques librairies. Ceux qui en veulent un exemplaire peuvent m’écrire via ce blog.

%d blogueurs aiment cette page :