archive

Archives Mensuelles: décembre 2012

20121231-211512.jpg

20121231-211530.jpg

20121231-211605.jpg

Publicités

tapes JG 2

Les lecteurs de ce blog connaissent mon affection pour le travail de Jonas Delaborde, ainsi que celui de Hendrik Hegray – ensemble, ils éditent Nazi Knife et False Flag. Au détour d’un mail annonçant la création d’une nouvelle maison d’édition, Der Vierte Pförtner Verlag, et son premier livre, La Nuit du Diable d’Antoine Marquis, j’avais demandé à Jonas Delaborde, impliqué dans cette nouvelle création, de me raconter son année 2012 – sous la forme d’une liste. Ce à quoi il a répondu ainsi : « je me suis creusé la tête pour trouver une manière honnête d’aborder un truc rétrospectif concernant 2012. Ce à quoi je suis arrivé, c’est le texte que je t’envoie. Je vais probablement encore passer pour un pisse-froid aigri, mais tant pis (tant mieux ?). » D’où le texte qui suit, plus revigorant, à mon sens, qu’aigri (loin de là, tant pis ?) :

« Globalement, j’ai du mal à trouver une perspective qui fasse sens pour parler des livres, des films ou des disques sortis en 2012. Je n’ai rien vu de très récent, ni lu, qui m’ait frappé par sa fraicheur. Même si je peux entendre le reproche que je fasse preuve d’une myopie volontaire.

Quoi qu’il en soit, en ce qui concerne les images, j’ai toujours le sentiment qu’on est très seuls quand on fait Nazi Knife. Je ne vois pas passer beaucoup de publications stimulantes. Je me souviens avoir lu une interview de Steven Stapleton qui disait qu’il faisait de la musique pour fabriquer la bande son de ses trips, parce que cette musique dont il avait besoin n’existait pas chez les disquaires.

Nazi Knife, False Flag, ou ce nouveau projet de Der Vierte Pförtner Verlag, c’est un peu la même chose.

Coincés entre l’allégeance à l’iconographie publicitaire de l’industrie du luxe (je pense aux bons petits soldats financés par agnes b pour broder une énième tapisserie de déclinaisons sur une thématique gentiment satanique) et les aspirations patrimoniales de jeunes vieux qui font dans le commentaire « critique », on est obligés de mettre la main à la pâte pour faire exister des formes éditoriales ambitieuses. Je ne parle même pas des espaces (qu’ils soient physiques ou éditoriaux) contrôlés par l’institution artistique française : l’imposture et la fumisterie des responsables ne peut donner naissance qu’à un vaste champ homogène de médiocrité tendance.

Pour autant, ça ne nous empêche pas d’accepter une invitation dans tel ou tel salon, en espérant y gagner un peu d’argent, ce qui n’arrive jamais dans des proportions qui rendraient notre reniement moins amer. Et puis bon, j’imagine que si on nous invite, c’est qu’on est bien plus inoffensifs que ce que je vise.

Bref, pour revenir à ta proposition de top 2012, cette année, j’ai surtout téléchargé des comics : j’ai lu les runs de X-Men de Morrison et de Whedon, je suis dans Doom Patrol, formidable, mais pas nouveau du tout, toujours de Morrison.

C’est aussi en 2012 que j’ai basculé dans une boulimie totale de SF. A part peut-être le Providence de Ferré, que j’ai lu en début d’année (et encore, ça n’est pas très éloigné du fantastique), je n’ai lu que du Dick, du Silverberg, du Lafferty, du Ballard, du Priest, du Sheckley, etc. J’ai aussi le nez, par intermittence, dans les Jardins Statuaires de Jacques Abeille, qui m’habitent autant que l’inverse.

Il ne faut pas que j’oublie aussi de dire que j’ai acheté, de manière absolument néophyte (et parceque j’ai vu des images qui me plaisaient sur le blog de crocnique), les gros ouvrages consacrés aux magazine works de Moriyama et de Nakahira. Je ne le regrette pas. Depuis je guette un peu tout ce que je peux trouver de Nakahira.

Et pour la musique, je dois avouer que je n’ai pas acheté un seul disque depuis 2 ans. J’en ai téléchargé pas mal, mais pas tellement de choses récentes (à part les mixtapes de Gucci Mane, Lil B ou Mr. Muthafuckin’ eXquire). Récemment, un copain m’a fait suivre des trucs de Slim Guerilla. C’est très bien, mais je me vois mal mettre ça tout seul dans un top de l’année.

Par contre, à chaque fois que je retourne chez mes parents, je récupère des cassettes. Pour finir donc, voilà une liste de cassettes et/ou boxsets retrouvés avec joie dans mes cartons cette année. Je ne sais pas si ça fera découvrir grand chose à grand monde, mais je suis bien content de pouvoir les réécouter (surtout les Jessica Rylan).

– Jessica Rylan – Lush Life (IRFP, 2006)

– Robert Horton – The Great Hum (Dreamtime Taped Sounds, 2007)

– Daily Life – Best Of Relax-In Vol.1 (Unskilled Labor, 2008)

– Head Molt – Space Funeral (Anti-Everything, 2011)

– The Ray Pacino Ensemble – Be My Lonely Night (Lal lal lal, 2005)

– New Order – Technique (Factory, 1989)

– Swans – Children Of God (Caroline, 1987)

– William Bell & Tobe Hooper – The Texas Chainsaw Massacre (Dutch Oven, 2006)

– Mammal (Nihilist, 2006)

– Climax Denial – (IDES, 2006)

– Emaciator – Triumph (Monorail Trespassing, 2006)

– Bromp Treb – Advancing Bads (Bonescraper, 2012)

– Jessica Rylan – Wiped Away (Durable Stimuli, 2006)

– Tourette – (Lulle, 2007)

– Avarus – Kimi On Tintti (Lal lal lal, 2004)

– Rotton Carracas – Plant Water (?)

– Violent Students – Time to Surf (Richie Records, ?)

– Dog Lady – Dark Circus In Windsor (2010)

– Roxy Music – Avalon (EG, 1982)

– Compilation – Fox Box (Fag Tapes, 2008) »

 

 

Rihanna-Diamonds-608fernow_header_medium_image

Beaucoup de choses intéressantes écrites sur la musique ces derniers mois (j’y reviens bientôt, promis) et notamment la revue Audimat, petit format, papier journal, qui se glisse sous la poche et qui est l’oeuvre de deux garçons croisés ces dernières années, Guillaume et Etienne, tous deux fans de musique, soit-elle de bruit ou de mélodie ou des deux ensemble. Ils m’ont chacun écrit un bilan de leur année écoulée, en reflet de leur revue. Les textes suivent :

Guillaume Heuguet :
« Cette année j’ai écouté plus souvent la même chose, je ne sais pas si on doit appeller ça de la modération ;

– J’ai passé une bonne partie de l’année en compagnie assez techno-puritaine, avec notamment Robert Hood – Nighttime world v.3 (Music Man), Juju & Jordash – Techno Primitivism (Dekmantel), EQD – 111 (EQD) & Shed – The Killer (50 weapons)

– J’étais d’abord sceptique vis à vis de Raime mais l’album Quarter turns over a living line (Blackest Ever Black) m’a définitivement infecté et converti

– Passionnants par dessus tout, tous les symptômes du débordement du noise par la techno et réciproquement : IUEKE – Tapes (Antinote), Bad News – More Bad News (L.I.E.S), Pete Swanson – Pro Style (Type) (et son live), S/V/R – Célébration Noire (Handmade Birds, un des labels les plus intriguants cette année), auxquels je ne peux pas ne pas rajouter le maxi de Somaticae chez nous (In Paradisum)

– Une petite série de maxis importants, avec pour ce qui me vient comme ça, Unit Moebius Anonymous – SD23 (Syncom Data) ; Untold – Change in a dynamic environment 1-2-3 (Hemlock) ; Perc – A new brutality (Perc Trax), mais aussi des artistes comme Lakker, Frak, Low Jack, Karenn, Container, Pinion, …

– Vatican Shadow – Kneel before religious icons (Type), mais en fait j’ai passé l’année à me passer sa discographie en musique d’ambiance, un véritable remède dans le mal en période de paranoïa

– Tous les moments house à la Glenn Underground du live de The Analog Cops

– Au niveau rétrospectif (et toujours sans nostalgie), Various / Dabke – Sound of the syrian houran (Sham Palace) et The Burrell Brothers – The Nu Groove Years 1988-1992 (Rush Hour), le premier Tuxedomoon

– Black Dog & Regis – We Confess 1977 – 1984 (R.I.P mnmlssgs), les sélection de Test Pressing « London Clubs » (testpressingorg), tous les mixes de Ron Morelli et de Kiran Siande pour Blackest Ever Black

– Sans oublier des chansons comme Rihanna – Love without tragedy / Mother Mary, Usher – Climax, Santigold – Disparate Youth, Jeremih – Fuck u all the time, Swizz Beats – Street Knock et depuis trois jours Miguel – Adorn »

Etienne Menu :
« Cette année pour la première fois de ma vie, et sans vraiment m’en rendre compte, je n’ai écouté que de la musique chaleureuse, enveloppante, à taux élevé de sweetness câlinante. Je ne fais pas spécialement un rejet des autres émotions générées par la musique, et dans l’absolu je trouve par exemple hyper bien la scène hybride techno/noise, mais de fait je ne l’écoute qu’à titre informatif.

Le truc cool avec ce champ restreint d’écoute, c’est que ces morceaux tout doux font tellement de bien qu’on peut les écouter vraiment plein de fois. Ce sont tous des tubes, au moins en puissance, dont on ne se lasse pas facilement. Du coup on passe moins de temps à chercher frénétiquement des tracks sur Internet – et du coup on écoute aussi moins de musique de club ultra fonctionnelle. Et je me suis aussi mis à écouter des albums en entier, ce qui est une première pour moi.

Donc dans l’ordre chronologique j’ai aimé les albums de The Internet (franchement j’ai rien compris à ceux qui ont trouvé ce disque bâclé trop dérivatif), Bebetune$/Ferraro (c’est techniquement fin 2011 mais comme j’ai moins aimé Sushi, sorti à la rentrée, que ses trois trucs de 2011 je me permets cette entorse), Chassol (on l’a déjà dit mais c’est vraiment un miracle ce disque), A$AP Rocky (qui est hyper doux quand on y pense), Jeremih (une mixtape pour être exact mais bon ne pinaillons pas trop le truc est tellement dingue !), Frank Ocean (pas toutes les chansons mais le mec impose tellement de nouvelles choses tout en restant hyper tradi que c’est pas grave), Brandy (le retour trop tendre), Kendrick Lamar (de la variété rap veloutée-volutée, du rap d’adulte qui se met bien).

Questions singles ou plutôt morceaux isolés, j’ai kiffé Chippy Nonstop – « R U Down », GOOD Music – « Higher » (et aussi « Clique » et « Mercy »), tout ce que font Disclosure et AlunaGeorge, et Rihanna – « Diamonds ».

Seule exception au régime sweet, quelques tracks du disque de Booba, notamment « Pirates » avec son couplet à deux voies et ses phases genre « Gallardo, M3, M6, Séverine Ferrer ».

En vieux, j’ai découvert Tapestry de Carole King (un album de variétés d’auteur qui s’est vendu par dizaines de millions d’exemplaires dans les années 70 et que je n’avais jamais écouté, c’est vraiment l’ambiance “cousine artiste hippie indépendante qui vous accueille dans sa maison de l’arrière pays niçois” et j’adore!), David Crosby – I Can’t Even Remember My Name (une des références de la collection French Americana de la marque Sixpack France), un best-of de Laurent Voulzy, le premier Julien Clerc, et même un peu de Marc Lavoine (ouais ouais). Dans les trucs plus « niche » j’ai réécouté le premier album de A Reminiscent Drive (un genre de génial exercice de méditation autour de la mélancolie occidentale), et découvert (via mon ami l’indispensable Olivier Lamm de The Drone et Chronicart) I Trawl the Megahertz de Paddy McAloon (à la fois rassurant et poignant, à écouter au bureau en regardant par la fenêtre) et CM/TV, l’exceptionnelle anthologie de musiques fonctionnelles de Ryuichi Sakamoto. Je dois oublier des choses, évidemment, mais en tout cas j’ai eu un rapport à la fois très sain et très agréable à la musique au cours de ces 12 mois et j’en suis très content, je dois bien le dire. »

electronic mind waves

En 2012, j’ai acheté plus de rééditions de disques italiens des seventies que durant les années précédentes. Et ça avait commencé dès janvier à Rome, en trouvant un CD d’un disque fabuleux, Motore Immobile de Giusto Pio. Plus tard dans l’année, je me suis procuré des disques tout juste réédités, dont voici une liste, juste pour pointer ceux qui m’ont le plus marqué (la réédition de Motore Immobile datant de quelques années déjà, elle se serait placée là en pole position si elle avait été faite en 2012). D’ici peu, soyez-en persuadés, on parlera du prog venue d’Italie dans les mêmes termes que l’on a parlé ces dernières années du krautrock – vivement que Julian Cope s’y mette…

Sensations Fix « Music is like Painting in the air »
Egisto Macchi « Voix »
Elektriktus – « Electronic Mind Waves »
Roberto Cacciapaglia « Sonanze »
Egisto Macchi « I Futuribili »
Gruppo di Improvvisazione Nuova Consonanza « Niente »
Teresa Rampazzi « Musica Endoscopica »
Franco Falsini « Cold Nose »
Teisco « Tuscan Castle And Country Seat »
Gruppo NPS « Nuove Proposte Sonore »
Roberto Cacciapglia « Sei Note In Logica »

%d blogueurs aiment cette page :