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J’en parle ici depuis pas mal de temps : la Station Radar, établie quelque part dans le Sud de la France, est un de ces labels qui perpétue la tradition de ceux que l’on a aimé tout en ouvrant des possibilités, des mélanges de sons, de musiques, de rencontres. On a découvert des choses grâce à eux et le label, mené par Fleur et Jérôme, vient de faire une mixtape pour ce blog remplie de morceaux du label. Et ont répondu à quelques questions, histoire de se faire mieux connaitre.

Quand est née la Station Radar et quel est son champ d’action ?
Nous avons commencé le label en 2008 avec des éditions limitées de cd-r fait main, puis nous sommes passés rapidement aux vinyles. Mais « La Station Radar » est née bien avant à Glasgow où nous faisions avec des amis des soirées DJ. Et Fleur illustrait déjà les flyers avec ses photos et ses dessins. Les deux années passées là-bas à travailler dans des lieux très actifs de la scène musicale ont sans doute été un élément déclencheur. On a eu la chance avant de partir, de faire une soirée La Station Radar (avec projection) au centre d’art contemporain de Glasgow pour Stephen Pastels. Notre aventure écossaise nous a marqué, on a eu envie d’en faire plus et on s’est lancé. Notre première sortie vinyle (2009) est un 45T de « Skitter », artiste de Glasgow, projet expérimentale et noise. Puis nous avons sorti un autre 45T plus garage « Gummy stumps », et nous avons poursuivi avec des projets plus pop : le 2eme album solo d’Ela Orleans « Lost » 33T et le split Jen Paul / Jeans Wilder 33 T,  nous avons terminé cette première année de sorties vinyles avec le premier Lp de Pink Priest, « Honeysuckle ». Depuis nous en sommes à notre 17e vinyle et d’autres sont en préparation pour l’hiver… Nous sortons des 45T & 33T, et des petites éditions limitées à la main « fake tape serie », à paraître trés bientôt la 20e édition avec Meursault. Nous participons également à l’organisation de concerts, comme en mars dernier avec la chouette équipe du webzine Hartzine.  Nous collaborons sur des sorties avec d’autres labels, comme Atelier Ciseaux, dernièrement Night People et bientôt shelter press et Hands in the Dark. Prochainement un projet parallèle de cassettes va voir le jour au printemps 2012 …

Comment définiriez-vous le style de votre label ?
Nous voyons le label plutôt comme un mélange de projets différents, nous pouvons passer d’un projet expérimental à des artistes plus pop. Nous marchons aux coups de cœurs et nous ne voulons pas enfermer le label dans un genre spécifique. Simplement rester libre de produire la musique que nous aimons.

Quel est l’artiste que vous auriez adoré signer?
Un artiste, sortir un album de Richard Youngs. On aime beaucoup les deux facettes de sa musique (expérimentale et pop). Nous avons d’ailleurs sorti une collaboration entre Richard Youngs et Andrew Paine dans notre fake tape serie « The Horizon Project ». On a toujours été fasciné par la musique de cette génération d’artiste anglais et écossais : Neil Campbell, Matthew Bower, Dylan Nyoukis, Mick Flower…

Dans un monde de plus en plus numérique, quelle est la place des vinyles que vous aimez sortir ?
Le vinyle est un objet magnifique. La pochette, le design, le son, en font un objet auquel on s’est attaché. Nous éditons des 33 T et 45 T en éditions limitées (entre 300 et 500 copies). Pour chaque projet,  nous attachons une grande importance à l’artwork, au design de la pochette et au rendu final. Le numérique est bien sûr  très pratique. Et cela nous permet de faire découvrir nos artistes, mais aussi d’en découvrir.

5. Quels projets avez-vous pour les mois à venir ?
Ela Orleans – « Mars Is Heaven » – 33 T (collaboration avec Atelier Ciseaux)

Meursault – « Fake tape serie » minicdr
Aaron Roche avec R. Stevie Moore – 45T
Yves son Ace – « Unsung » Nouvel album 33 T
Blanche Blanche Blanche – Nouvel Album 33 T
Cough Cool et Johnny Hawaii – split K7  (collaboration avec Hands in the dark et Atelier ciseaux
Je suis le petit chevalier –  « an age of wonder » 33 T  (collaboration avec Shelter press)

Tracklist de la mixtape  :
1. Pink Priest  ‘Pink cream’. Swallow your dreams LP automne 2011.
2. Ela Orleans ‘Black & White flight’. Mars is heaven LP automne 2011, collaboration la station radar et Atelier ciseaux
3. Yves Son Ace ‘Unsung’, LP hiver 2011.
4. Dead Gaze ‘Somewhere else’ (7’) mars 2011, collaboration la station radar et Atelier ciseaux.
5. Dirty Beaches ‘Crosses’. Double Feature LP avec ELa Orleans juin 2011, collaboration la station radar / Atelier ciseaux et Night People.
6. Blanche Blanche Blanche  ‘The game’. LP automne 2011
7. Jeans Wilder ‘International water’. Nice Trash LP décembre 2010, collaboration la station radar et Atelier ciseaux.
8. Horsehair Everywhere ‘Secret speech’ The beginning of a protracted struggle LP décembre 2010
9. Aaron Roche & R Stevie Moore ‘Cyclocardoray’ 45T automne 2011
10. Ela Orleans ‘Somewhere’ Double Feature LP avec Dirty Beaches juin 2011, collaboration la station radar / Atelier ciseaux et Night People.
11. Je suis le petit chevalier  ‘Mouchette or Laura’(Daughters 3’fake tape serie)  prochaine sortie « An Age Of Wonder » 33 T hiver 2011

La mixtape s’écoute ici.

Clan Destine Records est un label tout jeune, mené par Carl et Ela. Les lecteurs de ce blog connaissent sans doute Ela, dont j’ai déjà parlé ici et dont les disques sortent chez la Station Radar, label français que j’affectionne particulièrement. Clan Destine vient de réaliser une mixtape spécialement pour ce blog, à partir de morceaux déjà sortis ou à venir chez eux. Voici la playlist :

1. ASSS – White Eyed
2. Spastic Joy – Ulthar
3. I†† – Cø††øn
4. Ouija – Sarah Tonin
5. The Pheromoans – Darby Joan & Fosters
6. Neonates – Tres
7. Wetdog – Derelict
8. Hey Colossus – Old No 7
9. Ela Orleans – My Friend Angel
10. Modern Witch – Running
11. The KVB – Slow Death
12. Meddicine – Black Night
13. Dead Gaze – Eternally Down
14. King Dude – The Black Triangle
15. Among The Bones – Jessie Custer

Difficile de faire plus désirable : une pochette en sérigraphie soignée, réalisée dans un atelier de Marseille du côté de la Plaine, au design conçu par Shawn Reed, musicien qui fait partie de Wet Hair et dirige le label Night People, qui co-édite ce disque, avec les labels Français Ateliers Ciseaux & La Station Radar. C’est d’ailleurs le joli couple aux commandes des destinées de La Station Radar , croisé Villa Noailles sous un arbre, sur un banc, que l’on tient directement ce disque surgi par miracle quelques minutes avant le concert de Dirty Beaches – qui en monopolise d’ailleurs une face. L’autre versant, le premier, est occupé par Ela Orleans. Les musiques des deux faces, si l’on force bien l’écoute, se répondent : par leurs aspects doux, nocturnes, rêveurs, opiacés sans l’être vraiment. Mais, surtout, elles figurent bien chacune une version personnelle d’un art fait à la maison, bricolé avec des bouts de bandes, des étincelles d’idée, mais rêvé comme une symphonie. Ela Orleans joue dans la cour des grands, celle où l’on croise les fantômes des Beach Boys, les spectres de quelques compositeurs sérieux, d’un ou deux pianistes tout en retenue affective. Sur l’autre face, Dirty Beaches, solitaire lui aussi, n’évoque pas tant la plage que l’urbanité isolée d’une vie enfermée dans les rêveries d’une époque partie. Chez lui, il y a la même joie triste que chez Suicide, que dans le rock primitif – une joie de faire exister un son, de l’user jusqu’à l’os, jusqu’à se défaire soi-même du monde. La répétition comme élévation, comme évasion ? C’est un peu cela qui se déroule dans les mécaniques électroniques de Dirty Beaches, dont la voix est ancrée dans une sourde mélancolie. Il y a de la tristesse qui sort d’ici, mais une tristesse joyeuse – celle d’avoir vécu quelque chose d’indicible, d’avoir entraperçu la possibilité d’une multiplicité de vies, toutes contenues dans un même morceau, sur une même face de disque – transparent. Logiquement, ce disque devrait être encore bien là, dans plusieurs vies.

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