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Archives Mensuelles: décembre 2008


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Parce que les éditions Cambourakis vont éditer un de mes auteurs préférés : Ivan Brunetti. Deux livres : la traduction de Schizo 4, un grand format en couleurs, qui collecte des histoires d’une planche, fabuleuses. Et celle de Misery Loves Comedy, recueil des Schizo 1-3, d’un format plus classique, mais dont le contenu figure parmi les bandes dessinées les plus inclassables, terrifiantes, drôles, intelligentes, désemparantes et folles, que j’ai jamais lues. Deux vrais, vrais chefs d’oeuvre. A lire dès que ce sera sorti.

Par hasard, je découvre cet album, incommensurable, venu de l’autre bout du monde, édité par le label de Lawrence English, Room 40, en Australie. Lawrence English a sorti, sur Touch, Kiri No Oto : un des beaux disques abrasifs de l’année 2008, plus beau que celui de Fennesz et plus intense que beaucoup d’autres. Lawrence édite aussi des disques assez palpitants grâce à Room 40, d’habitude tout électroniques et contemplatifs. Là, il s’agit d’une exception : le disque dont je parle est signé de trois lettres D.N.E. et porte un titre génial, 47 songs humans shouldn’t sing. Il s’agit d’une réédition d’un album sorti en vinyle, il y a vingt ans et complètement disparu de la circulation. Son auteur en avait fait 250 exemplaires, dont une bonne partie pour la casse. Il y a bien là 47 morceaux, enregistrés à la maison ou tout comme – sans voix, avec un saxophone, des percussions, un orgue, des instruments de fortune, quelques échos, des effets, tout ce qui devait être à portée de main et devait servir à mettre sur bande cette poignée de morceaux courts composés dans une urgence et dénuement extrême. Il y a là un semblant de jazz, mais alors celui d’Ayler, tout rugissant et timide à la fois. Il y a du rock, comme en ferait Animal Collective sans électricité, ou Derek Bailey en un instant d’ivresse. A moins que ce ne soit du Jad Fair muet, du Young Marble Giants sous speed, du Aphex Twin tout acoustique. Voilà, c’est aussi beau que tout cela, mais tout aussi incomparable. Je n’ai pas d’autre disque qui ressemble à celui-là, sa pochette ne dit rien à personne, je ne suis pas surpris que beaucoup aient pu le mettre à la poubelle sans y prêter la moindre petite attention. Pourtant, il vaut mieux que beaucoup d’autres rééditions et possède cet atout incomparable de l’intemporalité. Il faut l’écouter pour s’y faire, mais une fois la première seconde entamée, il est difficile de ne pas l’écouter tout du long, de ne pas avoir envie de s’y replonger, de comprendre pourquoi ces vignettes du diable fonctionnent ainsi, et aussi bien. Il y a bien un diable à l’oeuvre, quelque part.

http://www.room40.org/

Un récit court, en paragraphes serrés, qui raconte comment on boit, de père en fille. Lu aussi vite qu’une Asahi, et tout aussi prenant. Edité par Ego Comme X, dont les excursions hors de la bande dessinée sont rares, mais plutôt intéressantes. Boire est leur quatrième tentative, ma préférée.

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