archive

Archives Mensuelles: août 2009

Publicités

En France, personne ne parle jamais de Jandek, personne ne sait qui est ce musicien qui sort sans relâche des albums depuis la fin des années 70, mais n’a pas pour lui la personnalité frivole et outrancière des freaks adorés par ici. Longtemps, on n’a pas su qui il était et ses pochettes ne montraient pratiquement rien à part un visage, une chaise, un bout de pavillon en banlieue américaine. Jandek, pourtant, en a fasciné plus d’un et influencé encore davantage de monde, en Angleterre, au Japon, aux Etats-Unis. Et tout récemment, il s’est mis à faire des concerts notamment à Glasgow, en compagnie, à chaque fois, de musiciens différents : Richard Youngs, Heather Leigh Murray, Loren Connors… Et moi-même, longtemps, je n’ai pas su par quel bout le prendre, par quel disque vraiment débuter. Tous ceux que j’avais pu écouter étaient emplis d’un mélange déroutant de folk lo-fi et de mysticisme acerbe faisant passer Smog et Will Oldham (qui ont dû beaucoup le singer – regardez les pochettes les plus récentes…) pour des garnements joyeux, sympathiques et vifs. Tout récemment, j’ai acheté Glasgow Sunday, enregistré en concert il y a deux ans, composé de deux morceaux. Sur le premier, Il y a une voix, un harmonica, une guitare (celle de Loren Connors) qui se cristallisent ensemble durant plus de vingt minutes intemporelles, donnant une chair de poule à rallonge, mélangeant spoken word et mélodies enfantines, tourmentes à la Dylan et saturation
élégiaques de guitares suspendues. La suite est plus incandescente encore, avec d’autres musiciens venus là, dont Alan Licht et Heather Leigh Murray, qui transcendent tous les genres, mettent à nu l’essence même de la musique, comme portés par le souffle de Jandek, passé à la batterie. Tout cela existe aussi en DVD, mais j’ai presque peur de le regarder, de voir les images, tant la musique seule est un océan dévorant, dont l’écoute est indispensable à quiconque prétend aimer la musique.

%d blogueurs aiment cette page :