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Cette année Jérôme Mestre aura sorti au moins trois disques essentiels sur son label Desire : Double Invitation de Femminielli et les rééditions de Monoton et Ike Yard. Sans parler du maxi de remixes d’Ike Yard par Regis et Monoton et les deux premiers maxis de Collateral. Dans un registre plus personnel, il vient aussi, merci à lui, de sortir la série de cassettes The End of Drone que j’ai enregistrée sous le nom de Discipline. Jérôme, une fois encore, m’a fait découvrir plus de disques, depuis ses années chez Danceteria et Rough Trade Paris, que quiconque. Sa liste 2012 rejoint parfois la mienne (Silent Servant, Raime) et, surtout, est l’occasion de belles découvertes, au bout de l’année. Un seul commentaire de sa part : « Silent Servant est #1 le reste par ordre alphabétique. » Dont acte :

Silent Servant ‘Negative Fascination’ (Hospital Productions)

aTelecine ‘Sounds That Gods Fear (Welcome To Cosmic Nightmare Culture) ( Pendu Sound Recordings)
Can ‘The Lost Tapes’ (Mute)
Cut Hands ‘Afro Noise I Volume I + II (Dirter Promotions)
Future Blondes ‘Feather 17’ (Blind Prophet Records)
King Dude ‘Burning Daylight’ (Dais)
Kendrick Lamar ‘good kid, m.A.A.d city’ (Aftermath)
Linea Aspera ‘Linea Aspera’ (Dark Entries)
Lost Tribe ‘Lost Tribe’ (Blind Prophet Records)
Tor Lundvall ‘The Shipyard’ (Dais)
Powell ‘Body Music EP’ (Diagonal)
Psychic TV ‘Pirate Tape’ (Cold Spring)
Raime ‘Quarter Turns Over A Living Line (Blackest Ever Black)
Ramleh ‘Awake!’ (Harbinger Sound)
Regis ‘Adolescence: The Complete Recordings 1994-2001) (Downwards)
Shadow Child & Horx feat. TK Wonder ‘Bordertown’ (Apollo)
Andy Stott ‘Luxury Problems’ (Modern Love)
Scott Walker ‘Bish Bosch’ (4AD)
TheWeeknd ‘Trilogy’ (Xo&Co)
Youth Code ‘Demonstrational Cassette’

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Une des belles rééditions de 2011, en même temps que l’album de Mass, lui aussi sorti dans les années 80 par 4AD. En 2011, c’est un label français qui a réédité en vinyle ces deux disques, qui constituent chacun une quasi intégrale du groupe concerné.


L’accumulation des disques empêche souvent, de plus en plus, d’avoir une oreille attentive à tout, tout le temps. Parfois, certains disques échappent à l’attention, pour réapparaitre un peu plus tard, sans qu’on les attende. Coincé entre deux disques, l’album Nord d’Ike Yard, sorti par Desire, s’est d’un coup rappelé à moi et m’a, quasiment, obligé à le glisser sur ma platine. Et là, matin brumeux, la musique du groupe s’est faite lumineuse, distinctement claire, même si charriant en elle des strates de bruits et de mélodies doucement entremêlées. Il y a quelque chose de presque ambient dans cet album, qui joue sur les textures, les rythmes subtils, les voix en harmonie cachée, les répétitions méthodiques de phrases musicales charmeuses. Alors que rien ne le prévoyait, Nord s’est révélé un très grand disque pour la Toussaint : il faut laisser du temps aux oreilles, souvent.

Quand on l’a en main, on se dit que ce 45 tours aurait pu sortir au début des années 1980, tant il est fait de gris et de noir, conçu comme un objet d’un monde enfoui, quelque part entre Factory et United Dairies. La musique n’est pas très éloignée de tout cela non plus : une mélodie synthétique, portée par des rythmes mono/toniques, des voix martiales, une ambiance à la corde. Une face est plus rythmique que l’autre, qui présente une forme d’engloutissement industriel, un moment de machines essoufflées. Le disque fait partie du single club du label Desire (fait par mon ami Jérôme Mestre) où l’on retrouve Project : Komakino et d’autres beaux disques dont je reparlerai bientôt. En attendant, allez voir chez Desire.

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