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Archives de Tag: mixtape

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The Oscillation est ce vendredi à la Maroquinerie à Paris, pour jouer From Tomorrow, nouvel album dont un ami disait, à la première écoute : « j’ignorais qu’il y avait eu d’autres groupes shoegaze à part My Bloody, Slowdive et Ride ». Ce à quoi il faudrait répondre que The Oscillation, anglais de 2013, en sont à leur troisième album pour un génial label français, Hands In The Dark, et que leur musique évoque quelque chose de très britannique, oui, tourmenté comme dans les années 89-92, encore oui, mais qu’elle possède un brin d’âme la rendant tout à fait touchante aujourd’hui. From Tomorrow, alternant tourneries électriques et moments d’apaisement (on songe aux Spacemen 3 neurasthéniques sculptant les démos de leurs morceaux les plus calmes), est une jolie odyssée groggy, emballée dans une pochette acide numérique et gravée sur un vinyle transparent. Il y a là comme la bande-son d’un Dr Strange dessiné par Ditko ou Colan. Quelque chose d’irréel, donc, pointé aussi dans la mixtape que le groupe (alias son leader Demian) vient de réaliser pour ce blog. Merci à lui, merci à son label et merci à ceux qui vont l’écouter, sous la pluie, sous la couette. Avec, au milieu, un morceau des Stranglers dont Philippe Azoury et moi vous annoncions, via un article consacré à MGMT dans Obsession la grande réhabilitation. A vendredi, devant la scène, tout devant.

La mixtape s’écoute et se télécharge sur Soundcloud en suivant cette ligne. 

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Culture of Pink est épuisé, déjà. Mais on peut l’écouter ça ou là sur le net. Cuture of Pink ? l’album , dernier en date, de Cankun, sorti par Hands In The Dark, dont la pochette, skate & palmiers & géodésie, est ci-dessus. Pour en parler, Cankun a répondu à quelques questions et, aussi, fait une mixtape.

Quelle a été la genèse de Cankun ? 
Disons que j’avais surtout l’impression d’avoir donné tout ce que je pouvais donner en matière de musique expérimentale. J’ai sorti énormément de disque, je voulais changer et aller vers une musique plus rythmée, plus proche d’un format pop…C’était le point de départ.

Comment penses-tu tes disques ? Comment les composes-tu ? 
La plupart des morceaux naissent d’un rythme. C’est ce qui me guide principalement. Qu’il soit emprunté à quelqu’un d’autre ou créé, je greffe les éléments mélodiques par la suite. J’adore ce travail de recherche rythmique, c’est vraiment captivant. Je me rends compte seulement aujourd’hui de la puissance psychique que peut apporter un beat sur la façon de concevoir la musique.
Ensuite pour Culture of Pink, j’avais dans l’esprit de mêler des rythmes free jazz, dub et autres à une musique pop instrumentale, rajouter de l’organique et sortir du coté boite à rythme. Du coup je suis allé piocher des rythmes à droite à gauche, dans mes influences. Mais les limites technique du DIY m’ont empêché d’aller aussi loin que j’aurais aimé…J’ai mis en tout 6 à 7 mois à finir le disque, ce qui est très long pour moi. Mais au final j’avais l’impression d’avoir fait un disque cohérent, c’est ce dont je suis le plus fier.

Les instruments que tu utilises : quels sont-ils ? Et en quoi déterminent-ils ta musique ? 
Je pense que ça s’entend pas mal, mais je suis avant tout un guitariste. Je peux difficilement ne pas mettre de guitare dans un morceau. Je suis un musicien, c’est surtout ça qui est important. Je ne veux pas me cacher derrière des machines. C’est un choix pas une critique. Du coup Cankun est, je pense, marqué par le son de la Jaguar de Fender, qui est vraiment une guitare exceptionnelle, je pourrais en parler des heures. J’en ai essayé énormément, mais j’ai su très rapidement qu’elle ne me quitterait plus. Le son est incroyable et il le serait encore plus si mon home studio était plus performant.
Après il est clair que le matériel a une énorme influence sur la créativité…J’ai acquis un synthétiseur à la fin de l’enregistrement de Culture of Pink ce qui m’a permis, je pense, d’enrichir le son de certains morceaux. C’est d’ailleurs paradoxalement frustrant et grisant. Après je n’aime pas passer énormément de temps à bidouiller sur l’ordinateur etc, je cherche surtout beaucoup de spontanéité, de naïveté, de liberté, quitte à faire des choses moins intéressantes.

Sur Culture of Pink, ton dernier album, des morceaux comme Soul Brothers sont très influencés par le reggae et le dub : quel est ton rapport à cette musique ?
J’ai effectivement utilisé un sample de reggae sur Soul Brothers provenant d’un morceau d’Augustus Pablo que j’aime énormément. Après une fois de plus ce qui m’intéresse, surtout dans le dub, est l’approche du rythme. L’hypnose quoi. Après je n’ai pas forcément envie d’aller plus loin dans cette voie, plus d’intégrer quelques petites touches par ci par là comme l’a fait Tortoise, Jah Wobble etc…

Quels ont été les disques / artistes / musiciens importants pour ta musique ? As-tu l’impression de faire partie d’une scène ? En France ou ailleurs ? 
Je vais encore me répéter, on va croire que je suis fixé sur ça, mais je pense que Tortoise a été l’influence majeure pour ma musique dernièrement. J’ai toujours été énormément fan de ce qu’ils ont fait, de leur totale liberté, jaloux de leur qualité de musicien, du groove qu’ils savent créer encore et toujours. Après je me suis mis à réécouter pas mal les disques de Bed dernièrement, j’ai énormément de respect pour sa musique que je trouve vraiment magnifique. Hood aussi, je pourrais en citer pas mal.
Je suis déjà content d’avoir eu de si bons échos en France à propos de ma musique, c’est énorme honnêtement. Après je ne pense pas faire partie d’une scène en France. Evidemment je suis plus proche de High Wolf, Holy Strays, qui sont des amis. Je prends beaucoup de recul par rapport à tout ça; je veux surtout rester totalement libre de faire ce que je veux.

Où souhaites-tu emmener Cankun ? 
Il y a quelques étiquettes qui me collent un peu dont j’aimerais me défaire. Pousser plus loin la recherche rythmique, n’utiliser que de la vraie batterie, jouer live avec un vrai batteur, créer un disque totalement analogique, tout en ayant énormément de groove, faire danser les gens, les hypnotiser. Ce serait bien. Le prochain EP à paraitre à la rentrée ne sera pas comme ça malheureusement- mais, qui sait, pour le prochain album.

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Achetée après en avoir entendu parler dans une newsletter, la cassette de Spectrometers séduit par ses aspects compacts : peu d’informations, une pochette tout en gris et une musique du même alliage, faisant un tour d’horizon depuis le minimalisme électronique jusqu’à la no-wave lo-fi, le tout fabriqué en chambre. Un artisanat séduisant qui donnait envie d’en savoir plus. D’où la surprise d’apprendre que Spectrometers est un garçon d’ici, qui a déjà commis d’autres disques et qui, parce que sa cassette est un tube chez nous, a eu la gentillesse de proposer une mixtape l’accompagnant. Une mixtape qui se télécharge jusqu’au 20 mars, uniquement. Ce qui n’empêche nullement d’acheter la cassette, encore disponible. Bonne écoute…

Jana-WinderenJana-Winderen-Energy-FieldEn plus d’être aux commandes du blog Les Maitres Fous, Alexandre Galand a sorti récemment un livre déjà classique, ne serait-ce qu’à cause de son statut si singulier, qui traite des disques de field recordings – enregistrements de terrain, qui reproduisent les bruits du monde. Alexandre en a fait un guide dense et labyrinthique, car de cette pratique qui semble réservée aux explorateurs scientifiques, s’est développée une multitude de possibilités sonores, musicales, concrètes, au-delà du geste documentaire pur. Son livre, donc, Field Recording, l’usage sonore du monde en 100 albums (Le Mot Et Le Reste, qui est par ailleurs l’éditeur de deux de mes livres), est un précieux guide de découvertes, une cartographie au sein d’un amoncellement d’enregistrements cherchant déjà eux-mêmes à établir une carte sonore du monde. A ma demande, Alexandre a fait une mixtape, expliquée ainsi :  » La thématique de cette compilation est l’inaudible. Perturbations électromagnétiques dans la ionosphère, cris d’animaux aquatiques ou de chauves-souris, fonte des glaces du Lac Baïkal ou encore vibrations de fils téléphoniques dans le désert australien, tous ces sons ne peuvent être perçus par l’homme s’il n’use d’un équipement technique adapté (microcontacts, hydrophones…). Ce terrain de l’inaudible, immense et d’une richesse insoupçonnée, est exploré inlassablement par quelques artistes qui parviennent à en révéler la beauté musicale. En cela, ils contribuent à « mettre en morceaux le jeu consolant des reconnaissances » de nos modes d’écoute, ce qui est peut-être une des qualités principales du field recording. En accompagnement, une briolée aux bœufs berrichonne et un jodle du Muotatal donnent à penser une autre forme d’inaudible, de par la disparition des modes d’être qui les faisaient vivre… »

Merci à lui pour ces choix, son livre et les morceaux qui suivent :

 Solo Whale, Roger Payne, Songs of the Humpback Whale (1970, BGO, 2001)

Sferics, Alvin Lucier, Sferics (1982, Lovely Music, 2009)

Primal Image, Alan Lamb, Archival Recordings (Dorobo, 1995)

At the Sea Ice Edge, Douglas Quin, Antarctica (Wild Sanctuary, 1998)

Bottle at Mountain Road, Toshiya Tsunoda, Extract from field recording archive #2 (Häpna, 1999)

Baikal Ice Flow Split 2, Peter Cusack, Baikal Ice (Spring 2003) (ReR Megacorp, 2004)

Magnetic Nets, Christina Kubisch, Interpreting the Soundscape (Leonardo Music Journal, 2006)

Isolation/Measurement, Jana Winderen, Energy Field (Touch, 2010)

P. pispistrellus/M. daubentonii, Michel Barataud – Ballades dans l’inaudible. Méthode d’identification acoustique des Chauves-souris de France (Sittelle, 1996)

 Ferdinand Brunot, Briolée aux boeufs, 1913.

« Jüüzli » Jodel du Muotatal. Suisse (Hugo Zemp, 1979, Collection du CNRS et du Musée de l’Homme, Chant du Monde)

A écouter par ici.

tresorsTrésors est un duo français, dont j’avais aimé les premiers morceaux entendus l’an dernier, qui hésitaient entre punk et synth, entre Ménilmontant et la rue de Bretagne. Cette année, ils ont sorti un mini album (cliquez sur ce lien pour l’écouter intégralement sur YouTube), d’abord en digital puis, dans peu de temps, en vinyle. Ils m’ont offert une mixtape, spéciale Xmas, dont voici le contenu :

Vangelis – Main Title (Blade Runner soundtrack)
James Ferraro – Jet skis & sushis
Psychic TV – Roman P
Stevie Nicks – Wild heart
Tim Hecker – Sketch 7
Swans – Avatar
Ricardo Villalobos – Ferenc
Arthur Russel – You And Me Both
Goat – Goatman
Evan Caminiti – Fading down

Tout ceci, la malle aux Trésors, se télécharge par ici. Boite de Pandore ?

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De Berlin, Tsé alias Guillaume O, n’est jamais revenu : depuis qu’il s’y est installé, c’est comme s’il avait été happé par la ville. Mais, après tout, sa musique semblait née là-bas : on y entend des résonances de celle de Basic Channel et Burial Mix – cette sorte de dub technoïde, qui n’existe que dans deux ou trois quartiers, voire rues, de cette ville. Pour son nouvel album, Supermalprodelica, dont on se souvient qu’il avait fait du vélo à Berlin, le fou, a demandé à Tsé un album dub, à l’ancienne : des versions de ses morceaux comme on en faisait sur les faces B des disques jamaïcains. Tsé a répondu à la commande et a réalisé un disque qui frôle le dub pour atterrir sur des terrains quasi indus. Le disque, double album, a été édité à 200 exemplaires sur notre label Scum Yr Earth. Il en reste des exemplaires dans quelques boutiques comme le Souffle Continu.Et pour faire fantasmer les fans hardcore, on glisse simplement que l’on attend toujours l’album que Supermalprodelica et Tsé avaient commencé à faire ensemble, il y a 5 ans, entre Berlin et Paris.

En attendant, vous pouvez plonger dans cette mixtape réalisée par Tsé dont il dit les mots suivants : « voulais un truc genre bar enfumé, genre l’apocalypse qu’on observe depuis une vitre avec un cognac à la main. pas l’apocalypse sociale réaliste hein. pas des gens qui mangent des enfants au son d’une tronçonneuse. ou des tremblements de terre en super infra basse qui font mal, ni des bruits de bottes et d’hélicopteres mitraillants la savanne avec du wagner en fond. non, plutôt genre apocalypto-lounge tu vois. qui se fume en cigare. du très lent, et de l’extase. regarde le monde tomber au ralenti, et expire… j’ai bien chargé la barque du coup…  »

1 The Eighth Sea By Cindy Talk
2 Kill Shot By Ben Frost
 3 Malignant Cloud By Swami Lateplate
4 Grave Wisdom By Bohren & Der Club Of Gore
5  Coda Maestroso In F By Earth
6 The Gutter By Heroin & Your Veins
7 The Night Bell With Lightning By David Lynch
8  The Seer Returns By Swans
9 Tree Of Knowledge By Actress
10  Numb By Andy Stott
11  Bendin By Htrk
12  Monks On The Rum By Pinch & Shackleton
13  Still By Jabu Feat Kahn
14 Music For The Quiet Hour Pt. 1 By Shackleton
15  « Digitalis » By Monolake
La mixtape s’écoute par là. Le blog de Tsé est ici.

Une fille, un garçon, pas vraiment de mode d’emploi. Mais beaucoup de synthétiseurs. Ou des rêves de synthétiseurs, analogiques, cosmiques. Récemment, Sunny Dunes / Sylvia Monnier / Kira Perov a sorti des cassettes, ici ou là-bas. Vous ne les trouverez sans doute pas toutes. Mais vous pouvez en écouter l’essentiel ici, dans une mixtape composée uniquement des morceaux de ces alter-ego en jachère permanente l’un de l’autre. Bonne écoute, par ici.

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