archive

Archives Mensuelles: mai 2009

Pour ceux qui ne l’auraient pas acheté en librairie, il me reste une dizaine d’exemplaires d’Impossible 2 et à peu près la même chose du premier numéro.

Publicités

Quelques disques qui me rendent plutôt volubile : un album d’Alice Coltrane sorti en 1977, longtemps négligé, mais qui m’apparait enfin comme un disque voluptueux, inspiré par la musique indienne, porté par des voix, des percussions organiques, une spiritualité joyeuse. A découvrir, vraiment. Ensuite, l’album Crystallized de Sinner DC, groupe suisse qui manie un savoir faire électronique et pop évoquant le meilleur du label Warp, mais avec une esthétique plus moderne encore. Il y là beaucoup de rythmes sourds, de cadences chaloupées, de chansons plus cosmiques que terrestres. La pochette, déjà, me fait rêver, tout en fausses strates et collages d’images trouvées au hasard. Les fans de Boards of Canada apprécieront cet album, élégant et joliment arrangé, lentement hypnotique. Moins électronique et bien plus psychédélique, le Night flights d’Expo 70 (alias l’américain Justin Wright, dont j’adore la musique) est un des albums de l’année, tout comme son précédent Black Ohms était l’un des disques de 2008. Ici, quatre morceaux gravés sur du vinyle bleu, explorent avec entrain des aires de guitares en strates et réverbérations, résonnantes à la manière de traines de feedback issues d’un solo stellaire. Il y a là du rythme, des vieux synthétiseurs et une immédiateté qui empêche cette musique très analogique de virer dans l’autisme : elle et  séduisante, embaumante. Ce qui est le cas aussi, mais en plus rugueux et brut, des drones « tropicaux » de James Ferraro, sortis sur deux albums jumeaux, Clear et Discovery, aux pochettes quasi identiques mais dont les disques cachent chacun deux morceaux composés de boucles filtrées et désarticulées, qui finissent par produire un drôle d’effet de chaleur moite bien en résonance avec la torpeur de ces jours-ci.

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

sunn villette sonique

Ce soir en ouverture du festival Villette Sonique, Sunn O))) rejouait Grimmrobe Demos , premier album sorti il y a dix ans, et qui demeure parmi les plus beaux et bruts du groupe. Pour l’occasion, le groupe n’était composé que de deux personnes sur scène, comme avant, Greg Anderson et Stephen O’Malley, ses deux fondateurs. Le concert, sixième au moins vu de Sunn O))) depuis leur premier à Paris au Nouveau Casino il y a 5 ou 6 ans, était plutôt splendide, au son assuré et pénétrant, même s’il aurait pu être plus fort et volumineux encore. The Grimmrobe Demos, plus que n’importe lequel des autres albums du groupe, se prête étonnamment bien aux dérives nocturnes, aux vibrations noctambules, à l’état de sommeil qui se déploie. Voilà un disque idéal pour plonger dans un gouffre et s’y endormir. Et voilà un concert quasiment de narcolepsie, tant il entrainait un effet délétère sur les sens, les yeux, l’éveil.

Ensuite, le plus étonnant, c’est que ce retour aux sources se faisait devant un public  vaste et nombreux, au moment même où le groupe sort son album le plus ambitieux et subtilement orchestré, Monoliths & Dimensions, oeuvre tout aussi chimérique que dantesque, qui laisse présager que Sunn O))), tout en célébrant le passé, se projette aussi dans le futur, se réinvente d’une manière singulière, parvient à construire de manière oblique sa musique que ses détracteurs d’hier ne peuvent s’empêcher d’adouber aujourd’hui – le groupe n’a jamais eu autant de presse positive. Si seulement La Monte Young avait pu les voir ce soir, il aurait sans doute pleuré de joie et de haine, en entendant ses vrais héritiers reprendre ses enseignements, habiter le temps long et continuer à réinventer le rock en le ralentissant, comme pour lui donner le temps de se laisser pénétrer, hanter, habiter par d’autres choses, d’autres fantômes.

Le premier est un album de Jan & Dean, groupe surf dans la veine des premiers Beach Boys. Cet album est ralenti et dépressif, enregistré par l’un des deux musiciens, après l’accident de l’autre. On y entend la pluie tomber, les chansons s’éclabousser doucement les unes les autres, dans un registre hautement malade, très intoxicant, comme un album des Beach Boys post-Pet Sounds qui aurait été entièrement réussi. L’autre disque est dû à Eden Ahbez, hobo magnifique qui vivait sous une des lettres de Hollywood, a écrit une chanson tubesque reprise par Nat King Cole et John Coltrane et enregistré cet unique album, sorte d’odyssée hippie-surf-mélancolique que Brian Wilson a sans doute beaucoup écouté avant de devenir dingue. Je ne sais pas si ces deux disques sont encore trouvables, mais ils valent le détour et leur écoute peut devenir vite addictive : ils sont de la trempe de ces albums excentriques et simplement beaux que plus personne n’a l’idée, la folie ou la simplicité de faire.

190520091419

190520091418

190520091424

190520091422

Très belle rétrospective de Jonas Mekas, montrant plusieurs facettes de son oeuvre et de ses manies dont une installation reprenant la matière de son projet 365 days : il y a deux ans, Jonas Mekas avait passé une année à uploader un film par jour sur son site. On peut tous les voir ici, montés sur des ipod et diffusés sur 12 téléviseurs : un pour chaque mois. C’est à la galerie du jour, à Paris, 44 rue Quincampoix, jusqu’au 20 avril. (La première photo montrée ici est un portrait de Jonas Mekas extrait d’un film de Robert Frank).

%d blogueurs aiment cette page :