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The End Of Drone est une série de cassettes qui sort sur le label Desire, en édition limitée : 50 exemplaires et un coffret, disponibles par souscription auprès du label.

The End of Drone, c’est à dire la fin du bourdonnement – ou alors son but ultime ? Lorsque Discipline (le nom sous lequel je fais de la musique) a débuté, en 1998, il s’agissait de faire des drones, des sons continus, soutenus longtemps. Le premier disque, 4 Moogs, était, via un titre en hommage à Steve Reich, une itération mutante des concepts de LaMonte Young. D’autres suivirent et puis, très vite, est apparue l’idée de se débarrasser du drone, ou tout au moins de créer un drone plus organique : pour les concerts, pour les situations de dérive aussi.

The End of Drone est un coffret qui rassemble ces recherches en sept cassettes. Certaines sont enregistrées en concert, d’autres en studio, à la maison ou ailleurs. Toutes cherchent à diluer le temps et hésitent entre l’idée de ne rien faire et celle d’en faire un peu. Pour reprendre la maxime du label Saravah, il y a certaines années où l’on a envie de ne rien faire – la musique de Discipline a souvent été cela : une envie de ne rien faire qui se métamorphosait vite en quelque chose en train de se faire, de se créer sous mes yeux et mes oreilles. La musique de Discipline m’échappe souvent et The End Of Drone est une manière de lui donner une nouvelle caisse de résonance.

Il y a plus d’informations sur le contenu des cassettes, les dates de sortie et le coffret chez Desire.

(Merci à Jérôme, qui a dit oui au coffret et Sarah qui a conçu les pochettes)

Une cave à Belleville, un mercredi soir : Burial Hex joue devant une cinquantaine de personnes faisant résonner ses drones métalliques entre les vieilles pierres saumures de l’endroit. A l’autre bout de la salle improvisée, tout en long, une table jonchée de disques, vinyles, CD et cassettes : on y repère une cassette posée en grand nombre, signée Shantidas, membre d’Aluk Todolo, groupe français oscillant entre Metal et Kraut, dont les disques sont posés par loin. Le titre de la cassette intrigue et force à poser deux ou trois questions, comme ça, à un garçon qui s’avère en être l’auteur. « C’est quoi cette cassette ? – c’est une cassette jaune – ben oui, j’ai bien vu et sinon ? – c’est fait à partir de vinyles de Jean-Michel Jarre, mais ça ne ressemble plus à Jean-Michel Jarre, c’est plus ambient et un peu noise aussi. Elle vient de sortir, juste pour le concert. si tu l’achètes, tu seras le premier ». Chose faite, cassette embarquée à la maison, avec en tête cette conversation récente avec Keith Fullerton Whitman qui disait en avoir assez de tous les gamins qui prennent un disque et le passent dans une pédale puis prétendent qu’il s’agit de leur musique. Mais, ici, ce n’est pas un gamin qui parlait et la cassette, une fois bien écoutée, n’est pas une simple altération d’un disque de JMJ grâce à un ou deux filtres : elle documente plutôt un moment passé à avec des exemplaires d’Oxygène, malmenés, malaxés, traités avec des pédales, mais aussi avec une idée d’intervention sur la matière même. La cassette aurait pu sortir sur Touch la semaine dernière ou il y a vingt ans – elle manipule quelque chose de vivant et masse étrangement les oreilles. Elle se trouve sur le site du label, Amortout.

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