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Archives de Tag: Musique

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Parmi les livres sortis cette année, il y a eu celui-ci : Atem 1975-1979, qui reprend des articles parus dans un fanzine dont je n’avais pas entendu parler jusqu’alors. Des années 1970, je connaissais les classiques et quelques oubliés comme le génial Parapluie. Mais Atem avait échappé à mon radar. Pourtant, tout est déjà là : Eno, Throbbing Gristle, Suicide, Wyatt, Steve Reich, Can, etc. Une sorte de pont entre les époques, entre rock psyché et punk, prog et new wave, ambient et kraut, synthés et folk. Pour en savoir un peu plus, j’ai envoyé quelques questions à l’instigateur du livre et de la revue, Gérard Nguyen, qui avait aussi fondé le magasin Wave, dont le souvenir hante encore les mémoires des arpenteurs de la rue Keller.

1. Comment Atem est-il né ? Dans quel contexte et avec quelles envies ? Le nom est-il lié à celui de l’album de Tangerine Dream qui porte le même ?
On pourrait dire que Atem est né « par défaut ». Quelques personnes qui en avait assez de voir dans la presse des dates de concerts de certains groupes qui ne venaient jamais dans le coin ont décidé d’en organiser elles-mêmes (Can, Hatfield and The North, Kevin Coyne, Keith Tippett, Hugh Hopper, Isotope, National Health, etc). Même chose pour la presse (Rock & Folk, Best) qui ne parlait presque jamais des artistes que nous avions envie de soutenir (Même si Michel Lousquet – chez Best – et Paul Alessandri et Philippe Paringaux – chez Rock & Folk écrivaient parfois sur ces musiques de traverses). Atem magazine est parti de là; nous nous sommes lancés sans filet et ça a plutôt bien fonctionné, grâce aux disquaires (encore nombreux) et librairies alternatifs. Démarré à 2000 exemplaires, Atem a fini à 7000 (via NMPP) dont un peu plus de 5000 vendus et 1000 abonnés.
Le nom (Respiration) vient à la fois d’un titre de Kraftwerk et de l’album de Tangerine Dream.

2. Comment définir le son lié à Atem ?
Pas de son lié à Atem, je pense, mais plutôt un état d’esprit, celui de défendre les musiques de « traverses », les musiques « nénuphar » (celles qui s’épanouissent après plusieurs écoutes), les musiques « marginales » (même si à l’époque elles concernaient plusieurs milliers de personnes), certains singers-songwriters (quelques uns encore en activité aujourdh’ui, d’autres devenus des références incontournable de toute discothèque digne de ce nom). L’expérience se poursuivra avec la création du label Atem (This Heat, Art Zoyd, Univers Zero, Fall of Saigon – avec Pascal Comelade-, Présent, Stabat Stable etc)

3. Pour quelles raisons Atem s’est-il arrêté ?
Faute de combattants. Une parution bimestrielle difficile à respecter dans des conditions difficiles (rédigé et « maquetté » à la maison avec une machine à écrire). A quelques exceptions près, nous avions aussi fait un peu le tour de ce que nous avions envie de parler (exceptions notables: Captain Beefheart, Frank Zappa, Harry Partch, Moondog, Neil Young…)

Voir intro du livre pour détails

4 Top Ten Atem (sans ordre et avec déchirement)
THIS HEAT: This Heat
ROBERT WYATT: Rock bottom
BRIAN ENO: Another green world
CAN: Tago Mago
PETER HAMMILL: The silent corner and the empty stage
TIM BUCKLEY: Lorca
PHILIP GLASS: Einstein on the beach
NICK DRAKE: Five leaves left
HENRY COW: In praise of learning
FAUST; Faust

Cannabis de Nino Ferrer, sur des images de Nino, montées post-mortem en 2003. Nino s’est donné la mort en 1998, le 13 août. Deux jours avant son anniversaire. En 2005, Christophe Conte et moi avons écrit sa biographie, que sa famille n’avait pas appréciée (après nous avoir tout de même sympathiquement accueilli chez eux, chez lui). Nous y avions mis beaucoup de nous-mêmes, de Nino et de son époque aussi, je crois. Et écoutez ses disques, certains sont toujours merveilleux, à commencer par les albums Métronomie, Nino et Radiah, etc. Personnellement, j’ai toujours un faible pour le morceau La Rua Madureira, bossa sixties atypique et mélancolique.

Depuis que j’ai découvert son premier CD l’an dernier à Marseille, sous une pochette sérigraphiée par le Dernier Cri, je guette les tentatives discographiques de Bex. Et là, je suis très heureux de découvrir que son nouveau disque, tout en bruits et en fureurs lentes, est enveloppé du plus bel écrin : un livre de ses dessins sérigraphiés, édité à 200 exemplaires et trouvé en même temps que celui, encore plus éblouissant, de Mat Brinkman. Il y a là comme une parenté dans la monstruosité, les mutations, les dessins devenus comme radioactifs – je reparlerai de celui de Brinkman dans un prochain post. En attendant, la musique de Bex est
un idéal négatif pour la saison : tout en boucles de guitares, oraisons rauques, échos distants, instincts caverneux. Installé à Marseille (tout comme l’excellent shoegazer Alcest est situé quelque part vers Avignon je crois), Bex donne envie, tout comme le Dernier Cri, de retourner se frotter à cette ville, tout contre, tout contre.

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