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Archives Mensuelles: octobre 2013

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La mort de Lou Reed, un ami nous l’avait annoncée imminente il y a quelques mois déjà : Lou n’allait pas bien et il avait besoin d’un peu de réconfort avant de partir, savoir qu’il était aimé ici et là – savoir surtout qu’on ne garderait pas de lui les images des dernières années, des derniers entretiens durant lesquels il se montrait odieux. Mais, il était bien le seul à pouvoir se permettre de l’être : après tout, sans lui, la matrice du rock aurait été différente, entièrement. Sans lui, pas de Bowie, presque pas d’Iggy, pas de Lester Bangs (ni Yves Adrien, ni personne) et, surtout, l’absence de cette première fois si ténue durant laquelle surgit en vous un morceau du Velvet : une première fois qui ne vous quittera jamais, jamais. Pas la peine de redire à quel point il était grand : les Inrocks, merci à eux, s’en sont chargés depuis longtemps, faisant le boulot mieux que personne (Christian Fevret, JD Beauvallet, vous devez sentir le monde un peu moins beau ce soir, je pense à vous). Johan Kugelberg aussi aura fait le plus gros travail dans son livre et je pense à lui aussi.
Ici, disons plutôt à quel point Lou Reed aura enfanté des rejetons emplis d’amour pour lui, qui auront toute leur vie tenté de lui plaire, d’attirer son regard : de Spacemen 3 à Black Dice, de Loop à Wolf Eyes, ils ont tous pris leurs racines en lui, élargissant ses voies, testant ses routines.
Récemment, je parlais avec John Cale qui se refusait à prononcer le nom du Velvet Underground. Ce soir, il doit se sentir seul, un peu moins proche du génie, un peu plus près du précipice. Lou Reed est parti. Où qu’il soit, qu’il ne doute pas de notre dette, de notre amour. RIP.

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The Oscillation est ce vendredi à la Maroquinerie à Paris, pour jouer From Tomorrow, nouvel album dont un ami disait, à la première écoute : « j’ignorais qu’il y avait eu d’autres groupes shoegaze à part My Bloody, Slowdive et Ride ». Ce à quoi il faudrait répondre que The Oscillation, anglais de 2013, en sont à leur troisième album pour un génial label français, Hands In The Dark, et que leur musique évoque quelque chose de très britannique, oui, tourmenté comme dans les années 89-92, encore oui, mais qu’elle possède un brin d’âme la rendant tout à fait touchante aujourd’hui. From Tomorrow, alternant tourneries électriques et moments d’apaisement (on songe aux Spacemen 3 neurasthéniques sculptant les démos de leurs morceaux les plus calmes), est une jolie odyssée groggy, emballée dans une pochette acide numérique et gravée sur un vinyle transparent. Il y a là comme la bande-son d’un Dr Strange dessiné par Ditko ou Colan. Quelque chose d’irréel, donc, pointé aussi dans la mixtape que le groupe (alias son leader Demian) vient de réaliser pour ce blog. Merci à lui, merci à son label et merci à ceux qui vont l’écouter, sous la pluie, sous la couette. Avec, au milieu, un morceau des Stranglers dont Philippe Azoury et moi vous annoncions, via un article consacré à MGMT dans Obsession la grande réhabilitation. A vendredi, devant la scène, tout devant.

La mixtape s’écoute et se télécharge sur Soundcloud en suivant cette ligne. 

Le premier concert du premier festival des Inrocks, c’était eux. Un groupe sans égal, quasi américain dans une Angleterre perdue pour l’Amérique. Les Weather Prophets auraient dû avoir leur club à Las Vegas, leur maison sur les hauteurs de Hollywood. Un groupe modeste aussi, éternellement. D’eux, il ne reste que quelques morceaux comme celui-là, emplis de cette ardeur froide, de cette conviction meurtrière en un monde meilleur, débarrassé des coyotes (comme on le dit dans un western). Je le disais dans un mail à un ami tout à l’heure : je dois bien être le dernier sur cette planète à les écouter parfois, à penser que le premier album de leur chanteur Peter Astor était parfait et à me passer en boucle trois de leurs morceaux limpides (Like Frankie Lymon / Sleep / Bury Them Deep) comme ce soir, n’est-ce pas ?

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