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Archives Mensuelles: novembre 2009

 

Toujours impossible de savoir qui se cache derrière Eleh, mais avec les mois, les disques successifs se dévoilent de plus en plus beau. Et celui-ci, un vinyle sorti chez Touch, dont Eleh n’occupe qu’une face, est le plus beau de toute la série. Petit rappel : Eleh compose des drones dans une lignée fidèle à La Monte Young, mais aussi à la synthèse analogique primitive. Formés de longs morceaux monolitihiques, dont on a tout retiré, sauf le coeur palpitant, les
albums d’Eleh oscillent invariablement entre la peinture sonore captivante et le bruit cosmique capturé par hasard. Le morceau livré ici a quelque chose en lui de plus romantique que ses prédécesseurs : il est fourni avec une mélodie, un semblant de rythme, qui ne varient qu’avec une lenteur vague. Un disque supplémentaire difficilement écoutable sur ipod. Il faut au contraire le laisser vivre hors des écouteurs fermés : il embellit et propulse gracieusement les endroits où il est diffusé.

1956-1958 : deux années passées dans des caves, celles de St-Germain des Prés où le jazz commençait à laisser un peu de place à autre chose, à se transmuter. Car, comme le rappellent les notes de pochette de cette excellente compilation sortie par la label et magasin parisien Born Bad, le Rock’n’Roll Français est né du jazz, ou plutôt des jazzmen de l’époque. A l’époque, les disques étrangers n’arrivaient  presque pas  en France et le  Rock  s’est imposé par le cinéma, grâce au film Graine de Violence (Blackboard Jungle) dont la BO a eu une influence durable sur les jeunes gens des fifties parisiennes. RockRockRock regroupe quelques morceaux assez étonnants par leur naïveté et leur fraîcheur, mais aussi par leur fuselage professionnel : les garçons et les filles qui jouent et chantent ici ne sont pas amateurs réunis dans un garage ou vieux caveau mouillé. Ils jouent leur Rock comme si c’était du jazz énervé et les saxophones ne manquent pas. Les paroles sont souvent drôles, comme écrites entre deux Picon Bière et le tout est bien énervé, exquis comme un bonbon que l’on découvre bien acidulé alors même qu’on avait peur qu’il soit légèrement rance. Jolies trouvailles.

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