J’ai le goût du chlore dans la bouche

J’ai mis du temps avant de lire ce livre, mais il ne faut pas passer à côté. L’histoire est simple, tiendrait en deux lignes, mais son exécution qui emporte l’adhésion : un garçon nage et rencontre une fille dans la piscine, qui devient leur lieu de rencontre hebdomadaire. A partir de cette trame, Bastien Vivès décompose tout : les lieux (qui ressemblent à la piscine de la rue Pontoise à Paris), les gestes du nageur, la présence des corps dans l’eau, la naissance des sentiments amoureux. On est là dans une bande dessinée aux apparences minimalistes, qui dispose d’un temps long pour construire son récit, au sein duquel surgissent de légères harmoniques. Ce livre est pareil à une petite mélopée, un moment de grâce, qui laisse, tout à la fin, perplexe,  l’oeil aux aguets, l’esprit ouvert.

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3 commentaires
  1. fp a dit:

    hé hé, révélation angoulême 2008…

  2. En quelques mots tu m’as convaincu de lire cette bd qui pourtant, quand je la feuilletais, m’inspirait guère malgré la flopée de bonnes critiques lue ici et là !

  3. Tu as parfaitement résumé l’atmosphère de cette superbe b.d.
    Le graphisme au crayonnage fin, le minimalisme de l’intrigue, la génial mise en page, le cadrage quasi cinématographique et la beauté des couleurs exprime parfaitement la timidité des personnages, leur pudeur ! Bastien Vivès prend le temps de les installer, de les faire évoluer, se rencontrer, se connaitre….. Valse hésitations des sentiments amoureux, regards qui en disent long, non-dits, on pense forcément à un maître du non-dit amoureux, Wong Kar Wai !
    Unité de lieu ! Ce parti pris audacieux de faire rester ces héros dans cette piscine en devient que plus touchant. Et la piscine, quand à elle, plus que le simple lieu de l’action, elle en devient presque un « troisième personnage ». Un petit bijou de tendresse et de pudeur. Moi aussi, j’ai eu, après avoir lu cet album, le goût du chlore dans ma bouche !!!!!!
    A + §§§§§§§

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