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Archives Mensuelles: juin 2008

Ces photos envoyées par Laurent Bergès me donnent très envie d’aller les voir à Paris alors même que je redoutais ce concert, histoire de ne pas être déçu, vingt ans plus tard par le groupe qui a changé ma vie, vraiment.

J’ai acheté ce disque parce que j’en avais entendu parler et surtout parce que j’en ai entendu un court extrait dans le magasin où je l’ai trouvé. J’ai immédiatement pensé à la première fois que j’ai entendu Six Organs of Admittance : le même ton légèrement lugubre, la même mélancolie, le même vent, qui souffle quelque part derrière. Mais ici, il y a moins de dextérité, presque pas de voix, moins de pathos, et peut-être un peu plus de tristesse qui s’échappe des minces espaces de silence qui subsistent entre les résonances des cordes. Ben Nash est anglais et il faut écouter son disque d’une sensibilité qui pousse à l’abandon de soi.

www.myspace.com/bennash1

http://www.aurora-b.com/BEN_NASH.php

Un gros livre serti de deux CD, eux-mêmes emplis de morceaux inouïes. Victrola Favorites est un objet rare, qui déborde de l’affection que lui ont porté ceux qui l’ont conçu : les musiciens du groupe de Seattle Climax Golden Twins, méconnu mais tout à fait appréciable, notamment sur ses albums les plus calmes, qui jouent dans la sphère hybride entre Sonic Youth, Sun City Girls, Animal Collective, mais en bien plus calme, paisible, lent, indolent, paresseux. Victrola Favorites compile des morceaux collectionnés sur des 78 tours, qui n’ont rien de contemporain. Tout ici date des années 20, 30, 40, bien avant l’invention de la pop. Et tout, aussi, provient d’une multiplicité de zones géographiques : un morceau de blues avoisine une comptine thaïlandaise, un enregistrement indien succède à une mélopée iranienne. Ce genre de projet est toujours, sur le papier, enthousiasmant. A l’écoute, c’est souvent plus difficile et l’on s’empresse vite de ranger tout cela. Mais, ici, rien n’y fait : les deux disques sont entêtants, compilés avec une singularité rare, qui donne envie de n’écouter que cela des heures durant, de se perdre dans ces drôles de mélodies ondulantes et emplies de craquements nettoyés, de se retrouver invisible traversant un étrange tunnel temporel, qui vide tout autour de soi. Le livre même est perturbant, sensoriellement : peu de textes explicatifs, mais des images plutôt, qui se croisent, glanées, repiquées sur les 78 tours originaux et formant une tapisserie de rêves et de souvenirs dont on n’avait pas idée. Sur le même label, Dust-to-Digital, il y a d’autres excellentes compilations dont l’anthologie Fonotone Records (emballé dans une boîte à cigares !), la récente Black Mirror, faite sur le même principe de collecte de morceaux quasi antédiluviens venus des quatre coins du monde (mais là, tous achetés à quelques kilomètres au plus de Baltimore, où habite le compilateur de ce disque). Sans oublier le fabuleux coffret tout en bois Goodbye, Babylon. Mais, c’est bien ce Victrola Favorites qui gagne haut la main le prix d’intemporalité, de lieu musical où se perdre à souhait.

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