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Si vous ne connaissez pas le Souffle Continu, mais que vous passez du temps sur ce blog, vous ratez quelque chose : l’endroit est un des trois ou quatre magasins de disques encore essentiels à Paris. On y trouve une belle sélection et les recommandations de haute volée des deux patrons, Théo et Bernard. Comme l’an dernier, ils m’ont envoyé la liste de leurs disques de l’année écoulée, que voici, pleine de découvertes :

Tim Hecker – Ravedeath 1972 (Kranky)

Henry Flynt – Glissando no.1 (Recorded)

Evangelista – In animal tongue (Constellation)

Lubomyr Melnyk – The voice of trees (Hinterzimmer records)

Charalambides – Exile (Kranky)

Daunik Lazro – Some other zongs – (Ayler records)

Master Musicians Of Bukkake – Totem three (Important)

Winter Family – Red sugar (Ici D’ailleurs)

Hedvig Mollestad Trio – shoot ! (Rune Grammofon)

Philip Corner – Malcolm Goldstein – Pieces from the past: by philip corner for the violin of malcolm goldstein (Pogus)

Mika Vainio – Life ( … it eats you up) (Editions Mego)

Fire ! with Jim O’rourke – Unreleased (Rune Grammofon)

Ghedalia Tazartès – Works 1977-79 (vinyl on demand)

Kieran Hebden – Steve Reid – Mats Gustafsson – Live at the south bank (Smalltown Superjazz)

Steve Dalachinsky & The Snobs – Massive liquidity (Bam Balam)

Haunted House – Blue ghost blues (Northern Spy)

Matana Roberts – Coin coin chapter one – gens de couleur libres (Constellation)

Dome (bruce gilbert – graham lewis) – 1-4+5 (Editions Mego)

Anne-James Chaton – événements 09 (Raster-Noton)

Michel Henritzi – walking in the shadow (Nothing Out There)

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Le groupe que j’ai adoré découvrir cette année s’appelle Tropic of Cancer, vient de LA, fait une musique qui en englobe et dépasse tant d’autres qui résident chez moi. Camella Lobo (photographiée ici par le grand Renaud Monfourny) est l’âme de ce groupe, qui a eu la gentillesse de m’envoyer une liste de son année musicale. Je lui laisse la parole, et le texte :

« These are the sounds that have kept me inspired and sane through this year. If you were to concur anything from the mood of this sampling, it’s that 2011 has been a year of both ecstasy and misery. The selections below are some of the moments that saw me through those two emotions, and all the ones that came in between. »

Top 5 Records of 2011 (In no particular order)

HTRK > Work (work, work)

Grouper > A I A: Alien Observer

Grouper > A I A: Dream Loss

Young Hunting > The Night of the Burning

Ela Orleans / Alex Zhang Hungtai (Dirty Beaches) > Double Feature Split LP

Top 10 Tracks of 2011 (In no particular order)

Pink Playground > ‘Never Was’

Leyland Kirby > ‘This is the story of paradise lost’

Holy Strays > ‘Phrenesia’

The KVB > ‘Into The Night’

Von Haze >‘Carved Head’ (Demo)

Belong > ‘Perfect Life’

Circle Pit > ‘Slave’

Plastic Flowers >‘Strange Neighbors’

Widowspeak > ‘Harsh Realm’

Holy Other > ‘Know Where’



Dans le genre, il n’y a guère mieux : le blog Oneyearofbooks, tenu par Laurence Vecten et son mari est l’un des plus beaux, intimes et intéressants consacrés aux livres de photos. Je le consulte régulièrement, en plus de croiser Laurence dans l’ascenseur, où je lui ai demandé de m’envoyer une liste de ses livres préférés de l’année. Ce qu’elle a fait, mais en y ajoutant de la musique. Merci à elle pour cette liste et le blog dont elle est issue.

Bill Callahan, Apocalypse
http://www.dragcity.com/artists/bill-callahan

Sarabeth Tucek, Get well soon (et plus particulièrement la chanson
Wooden)
ça me permet d’écouter autre chose que Bill Callahan, et ça me
rappelle un peu September 67
http://sarabethtucek.com/

Paul Graham, Films
http://www.mackbooks.co.uk/

Ricardo Cases, Paloma al aire
http://www.schaden.com/book/CasRicPal06421.html

Noah Beil, Gone quickly (self)
http://www.noahbeil.com/books/

Geoffroy de Boismenu, Boisemania (self)
http://www.geoffroydeboismenu.com/#boisemania

Brad Zellar, Conductors of the moving worls (Little brown mushroom)
http://littlebrownmushroom.com/index.html

Thomas Mailaender
http://www.thomasmailaender.com/

Aya Muto, Nature symbol (self)
http://www.rainorshinebooks.com/

Bjarne Bare, Hose variations (Cornerkiosk)
http://cornerkiosk.net/

Hobbyist, Fanzine, Issue 01
http://hobbyday.tumblr.com/

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Jerry Spring de Jijé
Agonizing Love : the golden era of romance comics
Setting the Standard d’Alex Toth
Kamandi de Jack Kirby
Le Voyage de Ryu de Shotaro Ishinomori
Ange Signe 2 de Tillieux
Sibylline de Macherot
Gorazde de Joe Sacco
Sous notre atmosphère de Tezuka
Kim Devil de Charlier et Forton
Tank Tankuro de Gajo Sakamoto
Buz Sawyer & Captain Easy de Roy Crane

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Tout au long de 2011, j’ai cru que la bande dessinée était convalescente. Vers la fin de l’année, avec la sortie de Quoi, j’ai même cru qu’elle était morte. Et puis, en faisant des listes de livres lus cette année, j’ai compris qu’elle n’était pas encore en train de crever, mais qu’une nouvelle génération commençait à pousser les murs pour se faire de la place – Une génération qui semble plus internationale que locale, et rend pas mal de choses dérisoires, obsolètes, ringardes : entre Jesse Moynihan, Simon Roussin, Marion Fayolle et Ollie Schrauwen, il y a une même énergie faite d’humour et de brutalité, de distance, d’ironie et de traits aux abords du sauvage, glissant doucement entre les représentations, entre le punk et le clair. Johnny Ryan, plus aguerri qu’eux, apparait un peu comme leur maître, extrême. Et ce n’est sans doute pas une coïncidence si cette année aura aussi été marquée par Crumb dont plusieurs livres sont sortis qui témoignent bien que son travail demeure sans égal, parvenant à conjuguer classicisme et spontanéité, bras d’honneur et cadrages serrés. Dans les rondeurs excavées de Johnny Ryan, Jesse Moynihan, Simon Roussin, il y a bien l’ADN de Crumb, mais comme passée par le filtre de quelques lectures scabreuses, de quelques regards, aussi, vers le manga – on pense cette année aux belles rééditions et découvertes du patrimoine japonais, comme la série Le Voyage de Ryu, splendide capsule de SF décadente. Au fond, plutôt qu’une mort, 2011 annonce une révolution, qui devrait survenir en 2012 – année déjà dite de l’Apocalypse.

Forming Part 1 de Jesse Moynihan
Lemon Jefferson de Simon Roussin
Prison Pit 3 de Johnny Ryan
Mowgli d’Ollie Schrauwen
L’Homme en Pièces de Marion Fayolle
Blackbird de Pierre Maurel
Playlist de Charles Berberian
Coucous Bouzons d’Anouck Ricard
Mister wonderful de Dan Clowes
Parlez-moi d’amour des Crumb
Spirou vers la modernité de Serge Clerc
Pour en finir avec le cinema de Blutch
Lomax de Duchazeau
Le perroquet des batignoles 1 de Boujut Tardi & Stanislas
Nausea & Harv’n’Bob de R. Crumb
Reportages de Joe Sacco

Je croise régulièrement les garçons de NLF3 depuis plusieurs années : mêmes boutiques, mêmes salles, mêmes lieux. Surtout, leurs disques sont parmi les plus intéressants produits en France ces dernières années – leurs disques Viva et que Viva Mexico sont de belles oeuvres qui mêlent rock, exotisme, BO, invention sonique. Le groupe a récemment sorti deux disques : l’album Beautiful is the way to the world beyond et le plus court Beast Me. Pour fêter ce dernier, ils ont envoyé un texte qui en raconte la genèse, ainsi qu’une triple liste de leurs disques  préférés de 2011. NLF3 :

Beast Me, back in 2006. Par Don

C’était comme ça, ce printemps 2006, poisseux, semé d’embuches, de menaces d’avocats d’affaires à Paris XVI°, représentant d’indie rockstars que j’aurais arnaqués de trois dollars et auxquels j’avais tout donné, tout. Fuck. Il y a eu ce déluge sur la scène pendant un festival en plein air en Italie où on donnait « Que Viva Mexico ». Et puis après, il y a eu le Mexique, les indiens qui font La Limpia pour quelques pesos sur les places de Guanajuato ou d’ailleurs. A coup de soufflettes de fumée ils vous chassent le mauvais œil, comme ça, sous une couverture, d’un coup de sorcellerie. Mais il a quand même fallu qu’on compose et enregistre « Beast Me », lors des sessions au studio Microbe qui ont donné naissance à « Echotropic » et « Ride On A Brand New Time ». Ce titre expiatoire nous a permis d’apprivoiser la bête, et lorsque j’en ai inventé les paroles, gribouillées sur un cahier, puis tapées dans word, mon ordinateur m’a lâché…
Je me souviens aussi qu’on avait filé la boulette brûlante à l’ami Panda Bear qui n’a jamais renvoyé les pistes qu’il devait y chanter. « Sure, Sure ». Branleur. Il fallait bien attendre le 2 novembre 2011 pour sortir ce chef d’œuvre.

2011 par F.lor

Steve Reich wtc 9/11 : ce sera forcément un classique, malgré la polémique sur la cover, la musique reste prenante
Death grips :  découvert avec des mp3 largement diffusés, l’ensemble est efficace et tendu avec cette bonne alchimie entre Noise et électronique, c’est bien marquant
Sister Iodine (premier sang) – vynil : Je les trouve redoutables dans leur capacité à inventer un chaos aussi architecturé et troublant.
Nigeria special vol2. Triple vynil. Nigerian blues 1970-6 : La simple beauté du son des 70’s où groove et émotion étaient captés avec quelques micros. Plutôt village du plateau de Jos ou club en taule ondulée des faubourgs de Lagos que mississipi
Tumba Francesa La Caridad de Oriente – Soul Jazz rds – cd – Litanies et percussions de cuba traversant les siècles, héritées des esclaves. Entre cérémonie, fête de bal et transe.

2011 par Mitch

Talk Talk Laughing Stock (réédition 2011) En 1991 il y a eu  pour moi Nirvana, My Bloody Valentine et surtout Talk Talk: Laughing Stock s’est révélé comme une ode au silence et ça m’a permis d’envisager la musique autrement…. Vingt ans après ce disque continue à me fasciner.

Death Grips  – Ex Military Brutal, violent, définitif, après ça il n’y a plus rien…

Radiohead – Bloom Quand j’ai entendu ce morceau pour la première fois j’ai pensé à un mix entre Aphex Twin et Robert Wyatt

Drive Soundtrack by Cliff Martinez Malgré le phénomène de hype, excellente BO pour un excellent film

Berg Sans Nipple –  Build With Erosion Super production, supers morceaux, belle pochette, bon groupe de scène….LE disque-« français » de-l’année sans conteste…

2011 par Don Nino

Thurston Moore  – Demolished Thoughts (Matador) oui en 2011 je joue encore les indie kids, et je trouve tellement bien qu’il joue une douze cordes en open tuning que je ne peux résister.
Pedro Costa & Gaspar Claus – Encuentro In Brooklyn sur l’album Barlande (infiné), je crois que ce que je préfère en musique ce sont les histoires de famille et les rencontres. La production de l’album est brillante.
Angola Soundtrack (Differ-Ant), trouvé en vinyl lorsque Rough Trande s’est invité chez Agnès B, je trouve ce disque fabuleux pour ses guitares et ses chants… Ce qu’il transporte comme histoire.
Connan Mockasin – Forever Dolphin Love J’avais découvert ce type par hasard il y a longtemps en écoutant une webradio, ses statistiques youtube étaient déprimantes. Il utilise les mêmes effets que nous pour faire des voix de dauphins. J’ai l’impression qu’on est un peu cousin donc.
CANTDreams Come True (Warp) je trouvais Chris Taylor impressionnant dans Grizzli Bear, il m’étonne beaucoup dans son side-project assez foutraque, les titres les plus sombres sont ceux qui m’habitent le plus. Notamment « Dreams Come True. » Sinon j’ai aussi adoré Death Grips… Et dans la filiation Sister Iodine, j’ai hâte qu’Antilles sorte un disque.

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