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Archives de Tag: High Wolf

High wolfLe mois dernier, High Wolf, l’un des héros de ce blog et figure récurrente de la scène post-noise/proto-pyramides défendue par ici, s’est fait voler son équipement, son argent, quasiment sa vie. Pour lui venir à l’aide, lui redonner de la persévérance, vous pouvez lui acheter directement des morceaux, sur son bandcamp : highwolf.bandcamp.com – Et si vous n’en preniez qu’un seul, tentez l’album Atlas Nation, son plus hypnotique.

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High Wolf joue à Paris samedi soir, en compagnie de quelques autres groupes de sa génération, ou à peu près. Pour l’occasion, je lui ai demandé de réaliser une compilation ou un mix de ses morceaux pour les lecteurs de ce blog. Ce qu’il a fait illico. Le résultat est là : une rétrospective de son travail des deux dernières années, à mettre en parallèle avec son bel Atlas Nation sorti récemment.Merci à lui, bonne écoute à tous les autres.

Depuis ses débuts, la musique de High Wolf tend vers une forme d’élévation psychédélique, comme aiguisée et brûlée à même la chair, histoire de transmettre à travers elle des histoires d’un autre monde, d’un ailleurs différent, entre passé sacralisé et futur hanté. Chaque disque traverse ainsi l’esprit comme pour mieux l’électriser et celui-ci, tout nouveau, ne déroge pas à la règle, mais le fait avec une amplitude différente. Sous sa pochette piquée à un album Hare Krishna vintage, sorti dans les parages du label Apple des Beatles sous influence George Harrison, Atlas Nation ne joue pas tant la sérénité que la tension, bâtie en tenant entre eux des rythmes salis et des guitares cinglantes, qui vibrent ensemble tout en laissant passer de l’air entre les masses virales. Et c’est cet air qui semble neuf ici : High Wolf avait habitué à densifier ses compositions, à les saturer jusqu’à l’os, comme pour les rendre opaques. Ici, les brumes se défont pour laisser une lumière poindre sur ce qui se déroule vraiment entre la tête et les mains du musicien. Pour laisser la musique tourner, installer transe et hypnotisme, dérouler des échos d’un ailleurs fantasmé, dont la saveur tient du rêve éveillé plutôt que de l’exotisme.

Kunlun dont le nom évoquera de jolis souvenirs aux lecteurs d’Iron Fist (ils étaient nombreux dans les années 70 et 80), est sorti sur Winged Sun, le label de High Wolf. Deux cassettes, rassemblées sur un CDR tout juste sorti, donnent le ton d’un ensemble très prometteur, évoluant dans des contrées musicales moins psychédéliques que High Wolf, mais tout aussi psychotropes : ici, on est dans une forme primitive de techno, quasi animale, oscillant toujours entre l’organique et le froid, le monocorde et le démantibulé. Longues plages à l’acidité vermillon, tourneries implacables faites sans doute au fond d’un studio de bout d’appartement endormi, usant à merveille des ressources les plus lo-fi pour en faire quelque chose de quasi céleste, ce disque accompagne à merveille, comme son négatif, l’autre belle réalisation récente de Winged Sun, la cassette de Black Zone Myth Chant. Tout cela s’écoute chez Winged Sun ou Kaugummi.

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