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Archives Mensuelles: octobre 2010

Seth avait habitué à un numéro annuel de son comics, depuis plusieurs années déjà. Quelques pages, continuant son exploration d’une bande dessinée très atmosphérique, faite de souvenirs intimes et de constructions fictives nostalgiques. Cette année, il franchit le pas et se rapproche de Chris Ware – ou du moins de la forme que Ware adopte depuis plusieurs années déjà pour son comics Acme dans sa version américaine : tout comme lui, Seth abandonne le format classique du comic-book pour éditer un vrai livre, cartonné, toilé, dans lequel plusieurs parties se répondent, dévoilant des facettes différentes de son talent : BD, sketchbook, maquettes… L’objet, pour cette première livraison, est parfait. On attend maintenant celui de Chris Ware promis avant la fin de l’année aux Etats-Unis.

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Je me souviens avoir vu un concert de Romain Kronenberg à la Fondation Cartier, il y a quelques années déjà : plusieurs guitares (dont une tenue par Sir Alice – Alice, où es-tu ?) soutenant un bourdonnement dense et fort, comme du Sunn O))) joué par jeunes gens assis sur des chaises, la tête dans les cordes, vibrantes. Depuis, j’ai retrouvé Romain Kronenberg, par ailleurs plasticien vidéaste, via Facebook et il m’a envoyé un lien pour télécharger un album qu’il vient de faire : disque virtuel, donné à tous, disponible sur son blog, à télécharger et titré « Romain Kronenberg 2009 ». Chaque morceau est daté d’un jour particulier, ce qui évoque, en moins systémique, la manière dont La Monte Young titrait ses compositions, y inscrivant jour, heure de début et heure de fin de chaque performance, pour signifier l’inscription dans le temps, mais aussi la possible continuité. Ici, le disque est davantage comme le déroulé intime d’une année, prise en pointillés (et surtout en septembre). C’est extrêmement délicat, pratiquement ambient, abordant une étrange tristesse, évoquant de loin des échos de Durutti Column, de Wim Mertens, s’éloignant de mes souvenirs de ce premier concert et allant vers une sorte de paysage sonore pas très éloigné de celui de labels comme Root Strata ou Sonic Meditations, à l’esthétique de teignes renfrognées – même si, ici, il semble y avoir moins d’attaque rock et davantage de lumière et de joie, mais qui passent trop vite.

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