Archive

Archives de Tag: serge clerc


Serge Clerc sort bientôt chez Dupuis un beau livre intitulé Spirou Vers La Modernité qui rassemble une série de dessins et de croquis faits autour du personnage, de sa mythologie et de la façon, implicite, dont Franquin l’inscrivait dans les années 50 et 60. Du coup, le livre est autant une variation sur Spirou que sur les fétiches du design du XXème siècle, tout en se révélant vraie plongée dans l’inconscient de Serge Clerc dont on voit confrontés dessins aboutis et croquis de travail, témoignant de son état de travailleur possédé, de dessinateur obsessionnel. Le livre sort accompagné d’une sérigraphie reproduite ici : lorsque je l’ai vu, Serge Clerc venait d’achever un marathon puisqu’il a signé tous les exemplaires du premier tirage, c’est-à-dire plus de 2000 livres…


Gary Panter, Gary Panter

Serge Clerc, Le Journal

Frédéric Ciriez, Des néons sous la mer

Pierre Maurel, 3 déclinaisons

Ron Regé, Against Pain

William T. Vollmann, Pourquoi êtes-vous pauvres ?

Nazi Knife 5

William Langewiesche, La conduite de la guerre

Blutch, le Petit Christian 2

Marti, Taxista

Shoboshobo, Un bonnet d’abeilles

Menu, Lock Groove Comix 1

Posy Simmonds, Tamara Drewe

Blutch, Vitesse Moderne (édition complétée)

Blake Bell, Strange and Stranger, the World of Steve Ditko

Charles Burns, Permagel

Frédéric Magazine vs Bon Goût

John Pham, Sublife

Hendrik Hegray, Pregnant Bitch & Lucifer Rising

Denis Johnson, Arbre de fumée

Kerozen, Geometric Pollution

José Maria Gonzales, Landscape

Mathias Enard, Zone

Jonas Delaborde, Zodiac Grind

John Porcellino, Thoreau at Walden

Frédéric Poincelet, Poésie

Mathieu Sapin, Salade de Fluits

Blutch, La Beauté

Frédéric Fleury, capable du pire

Bastien Vivès, le goût du chlore

C.F., Powr Mastrs

Yoshihiro Tatsumi, l’Enfer

Fabienne Swiatly, Boire

Pierre la Police & Julien Carreyn, Les demoiselles de Vienne

Andres Ramirez

Sammy Stein, Claquettes & dancemusic

Harukawa Namio, Callipyge

Art Spiegelman, Breakdowns

Winshluss, Pinocchio

+

Mention spéciale : Sumimasen d’Isabelle Boinot, à paraitre en 2009.



Gamin, je lisais des bandes dessinées tous les jours. Et chaque semaine, je recevais le journal de Spirou. C’était au début des années 1980 et je garde un souvenir vif des numéros de ce magazine qui comportaient un strip dans ces premières pages mettant en scène un Spirou différent de celui que je connaissais, qui avait l’air à la fois très moderne et très suranné. Ce strip était dessiné par Chaland et je ne m’en suis jamais vraiment remis, admirant cette histoire à l’intrigue inachevée et qui est longtemps demeurée inédite en album. J’en avais même acheté, en arrivant à Paris, une édition pirate, photocopiée, que je garde encore et toujours. Depuis, l’histoire a été reprise dans des albums : dans une double édition officielle, posthume, de luxe, introuvable sinon à un prix prohibitif.

Et je viens d’apprendre quelque chose (un scoop !) d’assez réjouissant : Serge Clerc va, à son tour, faire une histoire de Spirou, scénarisée par Jean-Luc Fromental. Evidemment, je pense au Spirou de Chaland. Et immédiatement aussi, j’ai hâte de voir ce que Serge Clerc va faire du personnage, ce que Fromental, qui a merveilleusement mis en scène la vie d’Hergé dans son Les Aventures d’Hergé (avec Bocquet et Stanislas), va faire à l’histoire. Pas simple, bien sûr, de reprendre un personnage aussi iconique, qui s’impose d’emblée à l’auteur, à la fois par son histoire chargée et par le cahier des charges de son éditeur. Floc’h, par exemple, m’avait dit lors d’un entretien, avoir refusé plusieurs fois de reprendre la série des Blake et Mortimer de Jacobs. Pour son futur Spirou, Serge Clerc dit que l’éditeur lui a proposé de faire ce livre après avoir vu quelques dessins inédits de lui refaisant le personnage et lui laisse toute latitude. Tant mieux. Quelque chose me dit que son Spirou pourrait avoir un air de Bauhaus. Ou pas. Je suis en tout cas impatient de le découvrir et j’espère qu’il ne mettra ni autant de temps ni autant de souffrances que pour faire son récent et fabuleux Journal. Et même si ce livre ne sortait pas avant deux ans, il serait une des plus belles façons, sûrement, de terminer les années 2000 et d’entamer les suivantes. Hâte, hâte, hâte.

Il n’y avait pas meilleur candidat pour cette reprise (même si le Spirou d’Emile Bravo, qui sort ce mois-ci, est une grande réussite) : Serge Clerc m’a appris il y a quelques jours qu’il allait dessiner une histoire de Spirou, écrite par Jean-Luc Fromental. L’éditeur, Dupuis, lui aurait confié la mission après avoir vu quelques-uns de ses croquis mettant en scène le personnage. J’ai hâte de lire cela, même si l’entreprise peut être périlleuse et prendre du temps.

Les deux dessins ci-dessus sont issus d’une série que Serge Clerc faisait en 1995-1996, demeurée inédite : des dessins faits à Drouot où il trainait alors et qui rendent compte à la fois de l’ambiance de l’endroit et des obsessions artistiques du dessinateur.

Un dessin inspiré par Souchon : Serge Clerc n’est pas qu’un dessinateur rock. Il est aussi capable de donner de l’âme et de l’humour à la variété française.

Deux documents de travail, à partir du dessin de couverture de l’album Meurtre dans le Phare.


Il y a quelques années déjà, j’étais parti à Oxford interviewer Radiohead. C’était à l’époque de Hail to the Thief. Une journée aller-retour. Et j’étais rentré en Eurostar avec un autre journaliste venu interviewer le groupe : Philippe Manoeuvre. J’avais été scotché par tout ce qu’il m’avait alors raconté. Je me souviens qu’il m’avait expliqué pourquoi les pressages français de Hendrix étaient pourris (parce que Barclay, la maison de disques, faisait ses pressages à partir de vinyles américains achetés en import). Il m’avait aussi un peu parlé de Métal Hurlant et on s’était quittés en se promettant de se faire une soirée Sun Ra. Qui n’a jamais eu lieu, mais je ne désespère pas. Depuis, je l’ai croisé une fois, au vernissage de l’expo de Serge Clerc, mais je pense qu’il ne m’a pas reconnu. Ce soir, j’étais diablement mort de rire en le regardant pour la première fois sur M6. Il est hilarant dans son rôle de juré. Ou plutôt, je le trouve incroyable d’équilibre entre déconnade et sérieux, acidité et mordant, cynisme et moquerie de soi. Il est ici bien meilleur qu’à l’époque où il se produisait sur itélé. Devenu un personnage depuis longtemps, il dépasse ici son mythe pour s’affirmer implicitement comme un étrange parangon, un modèle de rocker qui n’en est pas un, un voisin de stars devenu lui-même une drôle d’étoile. Comme durant ces trois heures d’Eurostar, je lui ai trouvé ce soir un incroyable charme, bien au-delà de ses lunettes noires. Mais tout cela, c’est sans doute aussi grâce à la manière dont l’a dépeint Serge Clerc dans son récent Journal que je le vois : il lui a donné une autre humanité, empreinte de folie, d’enthousiasme, de violence hilare aussi. Et puis, Phil Man est le seul homme à avoir son émission de télé, son magazine, sa BD – et à m’avoir parlé si passionnément de Sun Ra. Tout est possible.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 7  123 followers

%d bloggers like this: