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Archives de Tag: La Monte Young

Prise dans une maquette conçue par Dave McKean (dont je n’avais pas vraiment vu quoi que ce soit de bien convaincant ces dernières années), l’autobiographie de John Cale, co-écrite par Victor Bockris, arrive à point nommé. C’est-à-dire au moment d’un regain d’intérêt, ici, pour le Velvet et Warhol, avec tout ce qui tourne autour. Il y a surtout des passages intimes sur La Monte Young et les premières années new-yorkaises de Cale, très instructifs. Et qui permettent de répondre à la question que l’on me pose souvent au sujet de Young et de la musique minimaliste : « faut-il prendre des drogues pour en écouter ? » – Young et Cale, eux, ne faisaient pas qu’en prendre, apparemment.

« Une biographie dans un style un peu rock’n’roll, originale, simple et immédiatement instructive. Originale par son approche puisque qu’on s’étonne (avant de comprendre) pourquoi son auteur nous raconte dans les premières pages, et avec force détails, les circonstances de sa non-rencontre puis de sa rencontre (purement discographique) avec ce célèbre et pourtant méconnu pionnier de la musique minimaliste.
Une biographie simple parce que tout ou presque tout de la vie et l’œuvre du musicien semble être résumée en 136 pages. Et pourtant cette histoire est aussi longue que riche puisque la Monte Young, toujours en vie, est né en 1935 dans une cabane en rondins de l’Idaho mais qu’il jouera du jazz et de la musique classique avec quelques uns des plus grands musiciens du XXème siècle. En tant que compositeur, il s’intéressera de très près à la musique dodécaphonique, au sérialisme, au minimalisme tout en consacrant une importante partie de son travail à de nombreuses expérimentations autour de l’évolution d’un son sur la durée. Une biographie également immédiatement instructive car, sans avoir jamais écouté une de ses œuvres, on comprend très vite dans quel univers musical La Monte Young a évolué, quels ont étés les autres musiciens (souvent méconnus ou oubliés) qui se sont inscris dans cette mouvance et quel a été son apport sur les générations d’artistes pop et électroniques.
Beaucoup d’entre vous se souviennent de l’auteur : Joseph Ghosn qui sévissait régulièrement dans les colonnes des Inrocks, son approche claire (souvent partiale et sans détour) d’un compositeur aussi complexe que La Monte Young est une belle démonstration d’un savoir communicatif d’une touchante sensibilité. » (Ce texte est d’Eric Serva, il a été diffusé dans l’émission Tapage Nocturne de Bruno Letort).

Vendredi dernier, le Souffle Continu nous recevait, Rhys Chatham et moi, pour une rencontre autour de La Monte Young. Après avoir présenté mon livre, j’ai laissé la place à Rhys qui a joué durant vingt minutes une composition de La Monte Young : son interprétation était incroyablement sensible et belle, tout hypnotique.

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