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Archives de Tag: conrad schnitzler

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En ce moment, je réécoute avec frénésie les premiers albums de Kluster et de Cluster. La différence entre les deux groupes ? Le premier, avec un K, est un trio tandis que le second, avec le C, est un duo – ou plus exactement, il s’agit du premier trio sans un de ses membres, Conrad Schnitzler. Or, après avoir longtemps adoré Cluster, le duo, je découvre progressivement l’oeuvre
de Schnitzler, qui a publié un grand nombre de disques (je cherche les deux premiers, surtout Rot ou Red : ne pas hésiter à me le proposer si vous l’avez en vinyle et que vous n’en faites rien…). Certains enregistrements de la fin des années 60 ou du début des années 70 sortent tout juste. L’an dernier, il y a eu deux live sublimes de Kluster (mais cette fois dans une formation différente : Schnitzler et deux autres musiciens qui ne sont pas ceux de Cluste – tout le monde suit ?) que j’écoute vraiment religieusement et figurent parmi les plus beaux disques de 2008, avec 30 ans d’avance (même s’ils datent d’ailleurs d’il y a 30 ans). Et le label italien Qbico réédite des bandes de Schnitzler dont ce Silver toutjuste sorti et qui est un petit sommet de la musique électronique en chambre, tournant autour de recherches sonores mais avec une étrange habileté pop. Il y a là un peu de techno primitive, un soupçon de mélodies synthétiques, une énergie communicative. Cinq morceaux qui pourraient n’être qu’un seul, une unique progression, qui m’évoque tout autant Tangerine Dream que New Order, à la manière d’un chainon manquant, un bout d’ADN retrouvé tardivement.

L’un des plus passionnants groupes de krautrock, Cluster (alias le duo Moebisu et Roedelius), a connu une genèse sous le nom de Kluster. Ce premier groupe était alors un trio incluant Conrad Schnitzler, musicien que l’on retrouve sur le premier album de Tangerine Dream puis sur une multitude d’albums solo, tout au long des années 70, 80, 90 et 2000. Ensemble, ils ont enregistré deux albums dont les éditions originales sont rarissimes : édités à 300 exemplaires, dans des pochettes assez singulières, ils sont une sorte de Graal pour les collectionneurs de krautrock. Mais aussi pour tous ceux que la musique électronique intéresse. Ces deux disques contiennent des compositions bourdonnantes, électriques, assez dévastatrices, très sombres. Elles le sont d’autant plus que sur chaque disque, la face A inclut des textes monocordes en allemand qui récite des paroles religieuses. L’explication est presque drôle : les deux disques avaient été subventionnés par un label religieux qui voyait dans cette musique  le moyen de faire du prosélytisme… Tout récemment, deux labels ont réédité les albums : l’américain Water en a fait un triple CD (plutôt moche, mais contenant un livret bien fourni ainsi qu’un disque bonus du groupe Eruption mené par Schnitzler sans Moebius et Roedelius), les japonais Captain Trip ont réédité à l’identique et de façon assez sublime les deux albums (l’un est oir et l’autre est rose, avec à chaque fois des bonus signés Kluster-Eruption). Pour corser le tout, le label Important a sorti deux live de 1971 signés Kluster, mais enregistrés après le départ de Moebius et Roedelius. On y entend un groupe encore plus déterminé à construire des paysages sonores bourdonnants, délaissant les mélodies pour des textures décaties, extrêmement modernes.

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