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Archives de Tag: 2011

Le blog que j’ai le plus lu et regardé ces deux dernières années est celui de Crocnique, que j’ai croisé une fois dans la vraie vie, dans un endroit (peu) recommandable, qui témoignait à lui seul de nos goûts (et vices) communs. C’est sans doute chez lui que je découvre le plus de choses ces temps-ci, ou en tout cas, que je trouve un homie – c’est-à-dire un voisin dont le jardin étend le mien, à perte de vue. Je lui ai proposé de faire une mixtape pour ce blog, avec deux idées : 2011 et Sandwell District, une obsession commune. Il s’est exécuté, et voici le résultat, à télécharger.

1 – Coseph Jonrad : Here Comes The Rain Again
2 – Octave One : I Believe (Sandwell District Remix)
3 – Leyland Kirby : Neon Lit Atoms
4 – Jónsi : Tornado (Fuck Buttons Remix)
5 – James Blackshaw : Holly
6 – Michel Polnareff : La Femme Faux-Cils (par Annie Girardot)
7 – DJ Rashad & Gant-Man : Heaven Sent
8 – Anti-G : CrazyShit
9 – Jamie Woon : Street
10 – Lana Del Rey : Video Games (Hearsute Remix)
11 – DJ Hazard : Proteus
12 – Game : Martians Vs Goblins (Feat. Lil Wayne & Tyler The Creator)
13 – E.M.A.K. :  Tanz In Den Himmel
14 – Pete Swanson : Far Out / Kira Perov : That Among Other
15 – Academy Of Ancient Music & Paul Goodwin : Tavener: Funeral Canticle (Excerpt) / Emptyset : Function
16 – LV & Joshua Idehen : Nothern Line
17 – Kode9 & The Spaceape : Am I
18 – Blawan : Potchla Vee
19 – Kuedo : Visioning Shared Tomorrows
20 – Leyland Kirby : The Arrow Of Time
21 – Zomby : Lucifer

La solution fondamentale de Crocnique à télécharger par ici.

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Qu’attendre d’un groupe qui se reforme et qui avait marqué vos années 90, celles de vos 20 ans ? Sans doute pas grand chose, et pourtant, c’est avec une oreille attentive que Seefeel, 15 ou 20 ans plus tard, est accueilli ici. Attentive et séduite par ce qui est entendu : une musique qui embarque les souvenirs vers d’autres contrées, les utilise pour fabriquer quelque chose de légèrement différent. Entre les albums des années 90 (à commencer par Quique et ses sonorités sourdes, entre dub, Can et Aphex ambient) et celui-là, il y a comme une renaissance, un peu plus rock, moins industrielle, plus humaine. Les morceaux contiennent (mais pas toujours) la voix éthérée qui évoquait déjà l’héritage des Cocteau Twins, mais elle semble désormais moins gothique, plus rassérénée. Les morceaux filent le parfait amour (et Disjecta qui avait succédé à Seefeel pour Mark Cliffod, âme du groupe, est passé par là) avec une électronique revêche, perçue chez Autechre, mais en moins machinique. En moins mécanique aussi : ici, bruits et rythmes synthétiques dérapent sur une section rythmique tout vivante, frappée et frappante, qui fixe le son dans un territoire très palpable, terrien. Ainsi ancrés, les morceaux de cet album ne sont pas tant une relecture du passé (ce serait impossible ; certains des membres originels du groupe sont partis et pas encore revenus) qu’une réinvention de soi. Ce qui est entendu ici est d’abord entendu entre nous, entendu entre Seefeel et son auditeur potentiel : la musique, quoiqu’alimentée par le passé, est très contemporaine, moins flottante, plus sèche (mais pas aride). Il y a sans doute moins de filtres de résonance, de réverbération, d’échos ou de délais, parce que Seefeel, au fond, joue ici tout autant avec notre présent qu’avec son propre passé. Il y a du bruit, de la mélodie, du rythme : la vie continue, la vie ressuscite, mais elle est moins prise dans un cocon, davantage organique et essentiellement virale.

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