Ron Morelli, quelque chose de l’année

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Ron Morelli, en plus de diriger l’excellent label LIES, vient de sortir un premier album sur le label de Dominik Fernow (Prurient / Vatican Shadow…), Hospital Productions. L’alliance n’est pas si incongrue. Morelli a développé une esthétique pour son label mêlant house, techno et noise (un peu) et Fernow s’est rapproché de la techno avec son Vatican Shadow. Mais, rien ne préparait vraiment à l’écoute de ce premier album, ni à l’histoire qui le tient.
Enregistré vite, il suinte l’urgence, la vitesse, les boucles et bouclages d’avant la fin – un geste presque punk semble l’habiter. Son mélange de plages de bruits et de morceaux proto-techno ne dit rien d’autre qu’un besoin de faire ces morceaux, de composer cet album, court, qui file, sauvage. Morelli dit l’avoir enregistré alors qu’il habitait dans un quartier de prostituées : il les voyait toute la journée, travailler, glander, téléphoner et surtout cracher, cracher partout, tout le temps. D’où le titre du disque : spit / cracher. « Je rentrais en marchant dans leurs crachats que je charriais chez moi » – et tout cela hante l’album dès sa pochette qui montre une fille penchée sur une voiture : on est loin de la pornographie sublimée des premiers disques noise ou des utopies anonymes de la techno. On est en 2013, un monde qui file, anonyme, stagnant, violent, tendu, un monde de plateau qui se fissure en son milieu. Morelli vient d’en composer la BO.

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