Sur l’île, déserte

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Un disque, ça doit vous saisir au premier instant, vous donner l’impression d’être pris dans un monde nouveau, sans précision de date, de lieu, de genèse. Ensuite, viennent les réminiscences, les pistes, les explorations potentielles. The Island Come True m’est tombé dessus grâce à la recommandation d’un vendeur, dans un magasin (ça faisait longtemps, tiens). J’y étais pour acheter le nouveau maxi de Four Tet et je suis reparti avec les deux, après avoir écouté l’un et l’autre, et immédiatement succombé à tous les charmes de celui de L Pierre – depuis sa pochette, ses détails intérieurs jusqu’à sa musique composée comme un collage de sons trouvés, d’une infinie délicatesse, parsemée de souffle, de tressaillements, de rythmes minces, de voix enfouies. S’il fallait citer quelque chose, ce serait sans doute du côté des disques les plus ambient de The Orb et KLF qu’il faudrait fouiller. Mais en oubliant toute idée de descente d’acide ou de retour d’illusions – ici, il s’agit davantage d’une rêverie d’ermite, d’une psalmodie d’enfant refusant de devenir adulte, construisant en pensées concentriques un monde isolé, une île déserte – mais alors sans nul rivage pour y accoster, sinon celui d’un désir de solitude. La dérive est belle, assurée. Une ascension.

1 commentaire
  1. J’avais déjà vu ce disque sur certains sites/blogs, la pochette m’intriguait par son coté vieux disques « easy-listenning ». Après recherches, je lis que Pierre L n’est autre que la moitié d’Arab Strap alias Aidan Moffat. Il avait déjà sorti un très beau disque avec le jazzmen Bill Wells, en 2011 je crois.
    En tout cas ton texte donne aussi envie de plonger dans cette oeuvre étrange.

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