Carmine Infantino, RIP

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J’ai longtemps haï le dessin de Carmine Infantino. Je le découvrais vers les années 70 et 80 dans quelques petits formats en noir et blanc et surtout dans Titans, où il dessinait la déclinaison comics de Star Wars. Son dessin, tout souple et en circonvolutions ne faisait guère sens avec celui, tout droit et sec, de John Byrne, héros d’alors. Il n’avait pas non plus la noirceur de Frank Miller, autre grand de ces années-là. Ce n’est que plus tard que je me rendrai compte qu’Infantino était en fait leur père, que sans lui, ils n’auraient pas existé (surtout Miller) et que, surtout, le dessin d’Infantino était, tout singulièrement, beau. Notamment lorsqu’il faisait Batman ou Flash – son Flash des années 80 est d’ailleurs une petite merveille et ses mêmes années sur des séries mineures comme Spider-Woman sont étonnantes de créativité – et de psychédélisme aussi. Mais, sans doute, son oeuvre la plus belle date de ses années sur la série de SF Adam Strange, parue dans le comics Mystery In Space : splendeur de clarté pop. En plus de tout cela, d’une oeuvre riche et incroyablement mésestimée aussi, Infantino a été éditeur chez DC Comics dans les années 70, période riche en errements et en inventivité conjugués. Parti à 87 ans, il faut lui redonner sa juste place : à côté de Jack Kirby, de Steve Ditko – ce genre de génies.

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