Italian prog is the new krautrock

electronic mind waves

En 2012, j’ai acheté plus de rééditions de disques italiens des seventies que durant les années précédentes. Et ça avait commencé dès janvier à Rome, en trouvant un CD d’un disque fabuleux, Motore Immobile de Giusto Pio. Plus tard dans l’année, je me suis procuré des disques tout juste réédités, dont voici une liste, juste pour pointer ceux qui m’ont le plus marqué (la réédition de Motore Immobile datant de quelques années déjà, elle se serait placée là en pole position si elle avait été faite en 2012). D’ici peu, soyez-en persuadés, on parlera du prog venue d’Italie dans les mêmes termes que l’on a parlé ces dernières années du krautrock – vivement que Julian Cope s’y mette…

Sensations Fix « Music is like Painting in the air »
Egisto Macchi « Voix »
Elektriktus – « Electronic Mind Waves »
Roberto Cacciapaglia « Sonanze »
Egisto Macchi « I Futuribili »
Gruppo di Improvvisazione Nuova Consonanza « Niente »
Teresa Rampazzi « Musica Endoscopica »
Franco Falsini « Cold Nose »
Teisco « Tuscan Castle And Country Seat »
Gruppo NPS « Nuove Proposte Sonore »
Roberto Cacciapglia « Sei Note In Logica »

9 commentaires
  1. Shaun a dit:

    Hi, love the blog. Can you please re-upload the link to the Jennifer Baron, aka The Garment District mixtape? Please please please. Thank you.

  2. RZB-DRK a dit:

    Une liste des essentiels du progressif italien pourrait être facilement établie.
    J’ai effectivement toujours été étonné que Julian Cope ne s’y soit pas déjà collé, jusqu’à me demander si c’était finalement sa tasse de thé.
    Le Giusto Pio est un chef d’oeuvre.
    Beaucoup des disques du label Cramps, toutes catégories, et pour les italiens, sont indispensables, ne serait-ce que la plupart des Area, et surtout les Demetrio Stratos.
    Horacio Vaggione me paraît bien négligé.
    Mario Bertoncini aussi.
    Claudio Rocchi, de Stormy Six, son « Suoni di fronteria » (avec les liner notes d’Oren Ambarchi) vaut l’oreille.
    Les rééditions Die Schachtel sont évidemment incontournables, notamment ce qui a trait au Rock In Opposition, et donc pas seulement à l’électroacoustique ou aux live electronics.
    Une merveille est l’album d’Alan Sorrenti avec Jean-Luc Ponty, réédité par Water, et digne du meilleur de Peter Hammmill.
    Water qui a réédité de bien bons Franco Battiato.
    L’un des sommets du genre, toutefois, véritable album d’île déserte au même titre que le Pio, pour ceux qui en ignoreraient l’existence, c’est l’album de Luciano Cilio de 1977, dont Jim O’Rourke fait à juste titre grand cas : j’en ai d’ailleurs à plusieurs reprises posté des extraits, ici-même, peut-être bien dans l’indifférence.
    En voici deux autres, au cas où, avec des accents çà et là rappelant jusqu’à Wyatt :

  3. RZB-DRK a dit:

    Et puis beaucoup de musiciens associés au free jazz, comme le percussionniste Andrea Centazzo à qui l’on doit le Elektriktus ci-dessus, ont eu une importance considérable sur la scène prog italienne (il existe d’ailleurs, sur son label, Ictus, une mini-rétropective du genre).
    Des musiciens free seulement de passage, parfois, comme Paul Lytton faisant le grand écart entre White Noise et Area !
    Steve Lacy (Area, MEE).
    Giorgio Gaslini, que l’on voit jouer dans un Dario Argento si ma mémoire est bonne (dans un giallo en tous cas).
    Enrico Rava.
    Etc.

  4. RZB-DRK a dit:

    La présentation est certes affreuse, et tous les albumss retenus dans ces anthologies sont loin d’être bons,
    mais c’est la manière la plus facile de se procurer tous les Sensations’ Fix sur support,
    et pendant longtemps, avant que Spectrum Spools ne s’y intéresse, on ne trouvait le Franco Falsini que là, dans cette série de coffrets CD cheap :

    http://www.amazon.fr/Progressive-Italia-3-Various-Artists/dp/B003CNNLL2/ref=pd_sim_m_3

  5. marco a dit:

    salut joseph,est-tu bien sûr que l’on parle bien de rock progressif italien là ?…parce que sans vouloir t’offenser je ne retrouve aucune figure majeure de ce mouvement dans ta liste tels que (parmi tant d’autres):

    Area
    Alusa Fallax
    Alphataurus
    Banco Del Mutuo Soccorso
    Biglietto Per l’Inferno
    Campo Di Marte
    Celeste
    Il Balletto Di Bronzo
    Jumbo
    Le Orme
    Maxophone
    Metamorfosi
    Museo Rosenbach
    New Trolls
    Opus Avantra
    Osanna
    PFM

    Etc…Etc…Etc…

    • joseph a dit:

      Salut, pour répondre rapidement, je dirais qu’effectivement, il n’y a rien de rock dans cette liste – tu as bien raison ! Je me suis focalisé, un moment, sur les disques réédités cette année, et en faisant cela, je me suis rendu compte du nombre de disques italiens que j’avais achetés au cours des 12 derniers mois. Un nombre qui me fait croire que l’on va s’intéresser à la musique faite en Italie dans les seventies comme on a pu s’immerger ces dernières années dans celle faite en Allemagne. Et que l’on y découvrira sûrement des singularités, scènes, chapelles, esthétiques allant au-delà d’une étiquette globale simplsite. Cela-dit, pour reprendre l’analyse de RZB-DRK ci-dessous, le terme de prog me parle dans un sens très large, au-delà, justement, du rock. Tout en reconnaissant que je l’ai utilisé parce que je n’en ai pas d’autres, qui correspondrait pour l’Italie à celui de krautrock. Je suis preneur de toutes les suggestions ! et désolé encore si le terme peut sembler légèrement inapproprié aux experts du rock prog italien (dont je ne suis, assurément, pas – même si j’ai une affection particulière pour le premier Le Orme, plus psyché anglais que prog européen, d’ailleurs).

  6. RZB-DRK a dit:

    Personnellement, et sans répondre à la place de Joseph bien évidemment, j’aime bien que l’idée de musiques progressives puisse être élargi à tout ce qui est innovant.
    L’idée que se font les amateurs du rock progressif stricto-senso, qu’il soit anglo-saxon, italien ou français par exemple, est rébarbative au possible, même si dans la liste de Marco je trouve des groupes que j’apprécie : encore que Biglietto, dont je dois pourtant avoir tous les disques, et bien que figurant dans le NWW list, me paraît largement sur-estimé, et avoir finalement ce rapport au prog qu’entretiennent aussi le hard-rock et le heavy-psyché, c’est-à-dire quand même assez lointain.
    Mais foin de définitions, tous les ouvrages sur le prog sont ennuyeux au possible, même si je suis prêt, pour ma part, à réhabiliter certains albums de groupes que je n’aime pas mais que j’écoute. Seuls ceux qui s’ouvrent à certains ailleurs liés au jazz-rock d’époque, au free-rock-in-opposition, à l’impro ou à la recherche, de manière genérale, sont intéressants.
    Je suis ainsi prêt à mettre l’école de Canterbury dans les musique progressives, innovantes, et je me régale de tous les albums de Soft Machine, que je rattacherais volontiers à cette catégorie, et ceci jusqu’au « 7 » inclus.
    « Italian Prog » comme indiqué dans ce billet est certainement un peu abusif si on se base sur l’ouvrage d’Aymeric Leroy sur le rock prog chez le mot et le reste. Mais je crois voir ce dont il est question, si on rapporte par exemple à l’ouvrage de Julian Cope sur le rock nippon, défauts compris.
    Une bonne dose de mauvaise foi, de manière à ne réhabiliter que les bons disques de prog, plutôt que la carrière de Yes dans son entier, aiderait certainement à ce que les détracteurs de ce genre aux boursouflures à juste titre vilipendées de partout sauf des amateurs purs et durs gagne la curiosité la plupart des aficionados des musiques underground, pour reprendre le titre de l’ouvrage d’Eric Deshayes et Dominique Grimaud sur ce qui se passait en France au même moment (les seventies disons, grosso modo).
    Heldon n’est certes pas du rock progressif pour parler d’un groupe d’ici, mais comme Fripp & Eno, n’est-ce pas quelque part de la musique progressive, au sens d’innovations, d’avancées ?
    De toute manière King Crimson, Van Der Graaf Generator ou Le Orme, que je sache, ont toujours nié faire du prog. Et certains de ces groupes, au début tout du moins, étaient même plutôt psyché-pop : citons le premier Le Orme ; ou le premier Genesis, parmi leurs meilleurs opus.

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