Des choses de 2012, via Oedipe Purple

abbott_bernice_23_1986Il y a quelques jours Oedipe Purple m’a demandé 5 choses marquantes de 2012. Je n’ai réussi ni à lui en livrer 5, ni à écrire sur chacune d’elles. Les voici :

Lee Gamble « Diversions »
Charles Burns « La Ruche »
Wes Anderson « Moonrise Kingdom »
Lana Del Rey « Ride » & « Blue Velvet »
Patrick Mauriès « Le Second Manifeste Camp »
Adam Murray & Theo Simpson « Road and Rail Links Between Sheffield and Manchester »
Clément Rosset « L’Invisible »
Silent Servant « Negative Fascination »
Takuma Nakahira « Circulation Date Place Events »
Egisto Macchi « Voix »
Kassel Jaeger « Deltas »
Sensations Fix « Music is Painting in the air »
Hendrik Hegray « Fine Young Cannibals »
Michael Abrams « Welcome To Springfield »

Je pourrais y rajouter des dizaines d’autres choses (les listes officielles viendront, bientôt) comme l’immense disque de Raime et l’adorable single de Laurel Halo (mais arrivés trop tard dans mes oreilles), les rééditions de Monoton et Ike Yard, comme l’intégrale Phil Perfect, comme chaque note jouée par Tropic of Cancer ou encore les quelques moments sublimes de Grouper (sur scène avec des cassettes) ou les faces denses de Motion Sickness of Time Travel. Je pourrais aussi y mettre (surtout) Homeland, la série et le concert de Dirty Beaches et Feminielli – et l’album de ce dernier, aussi. Et le morceau de 10 minutes de Dirty Beaches sur la compilation de Clan Destine.Et le premier single de Palma Violets. Et les 20 dernières minutes du concert de Spiritualized cette année. Et un livre de Berenice Abbott.

Mais je crois que si j’ai gardé, dans ma liste ci-dessus, ces pistes-là, c’est parce qu’elles correspondent chacune à un moment précis de 2012 : je sais exactement quand chacune de ces propositions est entrée dans ma vie et la façon dont elles y habitent toutes – la même, impérieuse. Dans chacune d’elles, surtout, existent quelques micro-secondes, quelques instants ou quelques images qui me hantent : la réverbération sur l’avant-dernier morceau de Lee Gamble, une station de métro chez Takuma Nakahira, une séquence de Kassel Jaeger, la tension de la fin d’un morceau de Silent Servant, une photocopie d’Hendrik Hegray accrochée à un mur de galerie, un accord de Sensations Fix, une couleur chez Wes Anderson, une inflexion de voix chez Lana Del Rey, une page entière de Charles Burns. Des fragments, qu’il faudrait assembler, pour le jeu. Mais qui constitue une cartographie de mon année 2012. Tout en absences, aussi.

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2 commentaires
  1. jacques d. a dit:

    je ne savais pas (les librairies, et heureusement qu’il en reste ici et là, sont devenues de telles jungles subéquatoriales que même s’y tailler un chemin raisonné sinon raisonnable à coup de cutter devient à peine possible), jusqu’à hier (11/12/12) que « la ruche » de C. Burns avait était traduit et publié de ce côté ci de l’univers ; je ne dirai rien de C. Burns et louerai seulement le travail des éditions Cornélius rendant tout ceci possible (jusqu’à l’odeur de l’encre d’imprimerie, chic !) … bon le hic c’est qu’il va falloir attendre des siècles avant que paraisse un autre nouvel album !

  2. Parmi cette liste, je ne connais que certaines de ces « choses » marquantes de 2012 :

    _ Lee Gamble avec « Diversions », relecture post-moderne et personnelle de l’IDM 90’s en une sorte de Dark-Ambiant/Abstract ou Free-électro.

    _ Charles Burns et Wes Anderson, immenses plasticiens, véritables formalistes ultra virtuoses chacun dans sa discipline.

    _ Tropic of Cancer, Motion Sickness of Time Travel et Laurel Halo (bien que j’ai préféré « Hour Logic » à « Quarantine »).

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