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Archives Mensuelles: février 2012

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Certains de ses précédents livres (Pachyderme, Château de Sable) décevaient par leurs manières trop empressées, trop elliptiques, alors même qu’ils contenaient de belles idées – leur lecture faisait penser à un épisode de la Quatrième Dimension, agréable mais suranné. Aama promet d’autres choses et le premier volume, déjà sorti de ce qui semble être une longue saga, se lit avec un plaisir insoupçonné. On y retrouve ce qui habitait la précédente série de SF de l’auteur, Lupus : une approche métaphysique, se déroulant via la lecture du journal intime d’un garçon ayant tout perdu et embarqué dans un voyage cosmique dont il est un drôle d’observateur, passif et agissant à la fois. Une sorte de maillon faible, qui fait que l’histoire est tout à la fois humaine et touchante. Surtout, Peeters parvient à construire un vrai suspense narratif, notamment grâce à une lenteur d’exécution qui évoque la façon de faire de certains mangés – on pense ici beaucoup à La récente série Pluto et son mélange d’intrigues et de paranoïa. Peeters dresse aussi une belle galerie de petits personnages dont un robot singe, qui mêle en lui plusieurs figures du genre. Ce qui convainct le moins, par contre, ce sont les visages des personnages principaux : trop humains ou trop réalistes, ils ne suscitent guère l’adhésion tout en rappelant les figures de personnes réelles. Erreur de casting ? En attendant de le comprendre mieux, on peut suivre le blog que Frederik Peters consacre à la confection de sa série.

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L’amitié que j’ai pour Charles Berberian pourrait m’empêcher de parler de ses livres. Elle m’invite au contraire à les défendre, surtout ici, et surtout quand ils sont comme celui-là. Après un premier tome intrigant, le récit de Tombé du Ciel se conclut ici par un second volume bien plus enlevé, menant l’histoire qui s’annonçait entre plusieurs genres, à sa conclusion véritable, et sa thématique essentielle : que fait-on d’une vie ? Ici, au-delà des apparences et des extra-terrestres qui permettent les miracles et retours dans le passé les plus insensés, ce qui se joue, c’est bien le regard d’un homme sur sa vie, qui vient tout juste de se dérouler. Un sentiment plus que fort qui vous habite lorsque les décennies filent (la quarantaine, par exemple ?) et que vos cheveux s’amenuisent. Le dessin de Christophe Gaultier sert bien le récit de Charles Berberian par son habileté à dessiner tout à la fois large et précis, sa façon habile d’accompagner tous les écheveaux du récit : peu de fioritures, mais quelques éléments essentiels – comme un début de calvitie qui en dit long… Tout cela, au fond, est une histoire qui capte ce qui se passe dans une vie : ce moment où l’on a envie de tout plaquer pour communier avec hier, avec celle ou celui qui s’est échappé – et qui, rétrospectivement, aurait pu présager d’une vie différente. Une vie meilleure ? rien de certain, rien de (vraiment) dévoilé ici. Mais, le ton, la manière de faire, plairont fortement aux amateurs de Monsieur Jean – ils y retrouveront la même honnêteté sur la vie, toujours mâtinée de cette ambivalente note de nostalgie, dont on ne sait jamais si elle vous renvoie en arrière pour mieux vous mener droit devant, vers le bonheur ou vers le mur. Un seul regret : ne pas avoir ce livre en un seul tome, souple.

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Difficile de faire plus jubilatoire, surtout si l’on a déjà lu, gamin ou plus vieux, plusieurs histoires de Ric Hochet : Ric Remix est une composition faite par Vandermeulen à partir de fragments d’albums originaux et racontant une histoire à part entière. Sauf que cette histoire est toute endiablée, mettant l’accent sur la violence du personnage, ses errements et possibles déviations. Menée à un rythme infernal, elle met en scène une sorte de mort du personnage, tragique et comique, qui pointe bien à quel point les auteurs de la série (Tibet et Duchâteau) avaient l’habitude de malmener leur héros. Indispensable, quasiment.

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