Tombé du Ciel de Berberian et Gaultier

L’amitié que j’ai pour Charles Berberian pourrait m’empêcher de parler de ses livres. Elle m’invite au contraire à les défendre, surtout ici, et surtout quand ils sont comme celui-là. Après un premier tome intrigant, le récit de Tombé du Ciel se conclut ici par un second volume bien plus enlevé, menant l’histoire qui s’annonçait entre plusieurs genres, à sa conclusion véritable, et sa thématique essentielle : que fait-on d’une vie ? Ici, au-delà des apparences et des extra-terrestres qui permettent les miracles et retours dans le passé les plus insensés, ce qui se joue, c’est bien le regard d’un homme sur sa vie, qui vient tout juste de se dérouler. Un sentiment plus que fort qui vous habite lorsque les décennies filent (la quarantaine, par exemple ?) et que vos cheveux s’amenuisent. Le dessin de Christophe Gaultier sert bien le récit de Charles Berberian par son habileté à dessiner tout à la fois large et précis, sa façon habile d’accompagner tous les écheveaux du récit : peu de fioritures, mais quelques éléments essentiels – comme un début de calvitie qui en dit long… Tout cela, au fond, est une histoire qui capte ce qui se passe dans une vie : ce moment où l’on a envie de tout plaquer pour communier avec hier, avec celle ou celui qui s’est échappé – et qui, rétrospectivement, aurait pu présager d’une vie différente. Une vie meilleure ? rien de certain, rien de (vraiment) dévoilé ici. Mais, le ton, la manière de faire, plairont fortement aux amateurs de Monsieur Jean – ils y retrouveront la même honnêteté sur la vie, toujours mâtinée de cette ambivalente note de nostalgie, dont on ne sait jamais si elle vous renvoie en arrière pour mieux vous mener droit devant, vers le bonheur ou vers le mur. Un seul regret : ne pas avoir ce livre en un seul tome, souple.

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :