2011 en bandes dessinées

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Tout au long de 2011, j’ai cru que la bande dessinée était convalescente. Vers la fin de l’année, avec la sortie de Quoi, j’ai même cru qu’elle était morte. Et puis, en faisant des listes de livres lus cette année, j’ai compris qu’elle n’était pas encore en train de crever, mais qu’une nouvelle génération commençait à pousser les murs pour se faire de la place – Une génération qui semble plus internationale que locale, et rend pas mal de choses dérisoires, obsolètes, ringardes : entre Jesse Moynihan, Simon Roussin, Marion Fayolle et Ollie Schrauwen, il y a une même énergie faite d’humour et de brutalité, de distance, d’ironie et de traits aux abords du sauvage, glissant doucement entre les représentations, entre le punk et le clair. Johnny Ryan, plus aguerri qu’eux, apparait un peu comme leur maître, extrême. Et ce n’est sans doute pas une coïncidence si cette année aura aussi été marquée par Crumb dont plusieurs livres sont sortis qui témoignent bien que son travail demeure sans égal, parvenant à conjuguer classicisme et spontanéité, bras d’honneur et cadrages serrés. Dans les rondeurs excavées de Johnny Ryan, Jesse Moynihan, Simon Roussin, il y a bien l’ADN de Crumb, mais comme passée par le filtre de quelques lectures scabreuses, de quelques regards, aussi, vers le manga – on pense cette année aux belles rééditions et découvertes du patrimoine japonais, comme la série Le Voyage de Ryu, splendide capsule de SF décadente. Au fond, plutôt qu’une mort, 2011 annonce une révolution, qui devrait survenir en 2012 – année déjà dite de l’Apocalypse.

Forming Part 1 de Jesse Moynihan
Lemon Jefferson de Simon Roussin
Prison Pit 3 de Johnny Ryan
Mowgli d’Ollie Schrauwen
L’Homme en Pièces de Marion Fayolle
Blackbird de Pierre Maurel
Playlist de Charles Berberian
Coucous Bouzons d’Anouck Ricard
Mister wonderful de Dan Clowes
Parlez-moi d’amour des Crumb
Spirou vers la modernité de Serge Clerc
Pour en finir avec le cinema de Blutch
Lomax de Duchazeau
Le perroquet des batignoles 1 de Boujut Tardi & Stanislas
Nausea & Harv’n’Bob de R. Crumb
Reportages de Joe Sacco

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1 commentaire
  1. Excellent texte à l’analyse très pertinente sur l’état de la BD actuellement. La musique est en pleine évolution….ou révolution. Le cinéma également. Il est donc « normal » que s’en en soit de même pour le 9° Art ! « Quoi », malgré qu’il soit sympa graphiquement parlant, n’est pas un livre honnête….Si il l’on écrit par amour pour la BD, c’est loupé. Ce livre pue la rancœur et le règlement de compte, on n’est pas loin de Voici. Bref, passons.
    On se rend compte de l’importance de Robert Crumb pour la néo bande dessinée, pour la bande dessinée tout court. C’est un personnage clef de son histoire (ce que tu explique mieux que moi dans ton texte) !!

    MON ANNÉE 2011 EN BD :

    « Aama » – Frederik Peeters (Gallimard)
    « JukeBox » – Charles Berberian (Fluide Glaciale)
    « Sublife 2 » – John Pham (Cambourakis)
    « Harvey & Bob » – Harvey Peckar & Robert Crumb
    « Le chant de la machine Intégrale » (réédition) – David Blot & Mathias Cousin (ManoloSanctis)
    « Rock Strip Come Back » – Collectif dirigé par Vincent Brunner (Flammarion)
    « Blast T.2 » – Manu Larcenet (Dargaud)
    « Jeanine » – Matthias Picard (L’Association)
    « 41€, Pour une poignée de Psychotropes » – Davy Mourier (Adalie / Ankama)
    « Les Bradley » – Peter Bagge (Rackham)
    « Tonoharu » – Lars Martinson (Le Lézard Noir)
    « La Bande à Foster » – Conrad Botes & Ryk Hattingh (L’Association)

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