Lemon Jefferson de Simon Roussin, chez 2024

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2011 devient palpitante dans ses dernières semaines pour les amateurs de bande dessinée avec la sortie de quelques bons livres inattendus dont on reparlera ici. Le premier, en tout cas, est ce Lemon Jefferson de Simon Roussin, auteur d’un fabuleux Robin Hood sorti en 2010 et déjà tout au feutre. Ce livre-ci est édité par 2024, jeune maison qui réalise là son quatrième livre, mais première BD. Lemon Jefferson, tout au feutre de couleur, réinvente la BD d’aventures des années 50, en exacerbant les traits les plus caractéristiques de celle-ci : récit d’anticipation plus déjanté que nature, violence exacerbée, références implicites à quelques artefacts de la culture pop (le Velvet Underground, Zardoz, la Planète des Singes…) – tout ici concourt à construire un récit tenant de l’hommage et de la reconstruction, de la nostalgie et de la modernité. Tout comme le récent et tout aussi splendide Forming (édité par les Anglais Nobrow), Lemon Jefferson est dessiné avec une ligne qui frôle le grossier, et utilise son équilibre instable pour tirer le récit vers des représentations quasi paranoïaques, qui montre le monde avec des yeux dignes de Philip K. Dick, à l’envers, brûlés. On est ainsi tout à la fois dans un récit d’action populaire et un livre d’auteur, dans la BD et le roman graphique, la maitrise et la folie, confondues. Assurément, la bande dessinée qu’on aura préféré lire cette année, qui nous aura éclaté les yeux avec bonheur, haut la main.

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