Le psychédélisme tournoyant du Atlas Nation de High Wolf

Depuis ses débuts, la musique de High Wolf tend vers une forme d’élévation psychédélique, comme aiguisée et brûlée à même la chair, histoire de transmettre à travers elle des histoires d’un autre monde, d’un ailleurs différent, entre passé sacralisé et futur hanté. Chaque disque traverse ainsi l’esprit comme pour mieux l’électriser et celui-ci, tout nouveau, ne déroge pas à la règle, mais le fait avec une amplitude différente. Sous sa pochette piquée à un album Hare Krishna vintage, sorti dans les parages du label Apple des Beatles sous influence George Harrison, Atlas Nation ne joue pas tant la sérénité que la tension, bâtie en tenant entre eux des rythmes salis et des guitares cinglantes, qui vibrent ensemble tout en laissant passer de l’air entre les masses virales. Et c’est cet air qui semble neuf ici : High Wolf avait habitué à densifier ses compositions, à les saturer jusqu’à l’os, comme pour les rendre opaques. Ici, les brumes se défont pour laisser une lumière poindre sur ce qui se déroule vraiment entre la tête et les mains du musicien. Pour laisser la musique tourner, installer transe et hypnotisme, dérouler des échos d’un ailleurs fantasmé, dont la saveur tient du rêve éveillé plutôt que de l’exotisme.

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