Une mixtape d’Orval Carlos Sibelius

Son premier album, sorti en 2006, était une belle surprise qui le montrait capable de citer les grands Anglais tout en s’en démarquant joliment. 5 ans plus tard, Orval Carlos Sibelius n’a toujours pas sorti son deuxième album, annoncé pour l’an prochain. Mais il vient de livrer un disque de transition, 10 morceaux faits à la maison, bruts et abrupts, sous forme d’un 25 cm. à l’ancienne, vinyle bleuté et bientôt en cassette comme pour souligner le titre du disque, The Recovery Tapes. Les cassettes de la guérison ? Toujours est-il que pour fêter cette réapparition, OCS, appuyé par Julien Rohel, âme du label Clapping Music, a enregistré pour ce blog une mixtape dont le tracklist suit et qui dévoile un peu, beaucoup, de ce qui l’habite – et qui, par hasard ou ricochet, nous hante aussi énormément ces derniers temps.Les commentaires après chaque titre de morceau sont de lui. Merci encore.

1/ Zohra Bai Agrewali : Raag Bhoopali
Le son du futur, assurément, enregistré il y a plus de 100 ans en Inde.

2/ Aluar Horns (frontière Zaïre/Ouganda)

Un sacré bordel. La masse sonore s’élève et se tord comme un nuage en transe mystique.

3/ Groupe Ulu United Arts : Chant dansé accompagné de harpes adungu (Ouganda)

Un tube pop traditionnel ougandais.

4/ Take me back to Mabayi  (Burundi)

Une ode à l’hyperventilation jouée à l’inanga (cithare sur cuvette en forme de bouclier)

5/ Inconnu jouant du Khène : Soutsanenh (Laos)

Terry Riley et Philip Glass doivent encore des royalties à ce type.

6/ Nahawa Doumbia : Korodia

Un morceau hypnotique, marqué par les ondulations rythmiques énigmatiques du carignan, un tube de tôle sur lequel on frotte une tige de fer pour marquer le rythme. Quand j’étais au Mali, j’ai rencontré N’gou Bagayoko, qui joue de la guitare sur tous les disques de Nahawa Doumbia. Sur ce morceau, c’est aussi lui qui joue le carignan, en re-recording, ce qui m’a rassuré un peu car les libertés rythmiques qu’il prend avec cet instrument sont tout simplement stupéfiantes pour mes oreilles de petit blanc !

7/ Hamrâ : solo de tanbûr (Musiques classiques et populaires d’Afghanistan)

Une mélodie sinueuse qu’il fait bon écouter après une journée de boulot.

8/ Danses et chants Bamoun (Cameroun) : Musique pour la pendaison d’un ministre

« C’est la musique sans ami. Bonne seulement quand on l’entend s’éloigner. Mortelle quand elle se rapproche »

9/ Polyphonies vocales et instrumentales (Ethiopie) : Hymne avec beganna

Pas besoin de machine pour produire les sons les plus inouïs.

10/ Afrique noire : Panorama de la musique instrumentale : Percussions Mahi

Je ne sais pas qui sont les Mahi mais j’aimerais beaucoup les rencontrer !

11/ Wagogo : soothing song

Les Wagogo sont une de mes tribus préférées ! Ce morceau me fait penser au Velvet Underground, s’ils avaient habité en Tanzanie. Au mixage, les ingénieurs du son du label Nonesuch se sont visiblement amusés avec la stéréo.

Et pour écouter tout cela, il suffit de
cliquer par là pour downloader le mix
,
par ici pour avoir chaque morceau séparément
par ici pour écouter The Recovery Tapes en ligne
et puis, enfin, de ce côté pour acheter le disque du bonhomme.

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1 commentaire
  1. Vraiment très sympa cette mixtape. Les commentaires, très synthétiques, sont aussi très pertinents.
    Le titre n°2 : « ..Un sacré bordel….masse sonore s’élève…transe mystique. » C’est tout à fait la description de ce que j’ai ressenti à l’écoute de ce morceau.
    Le titre n°5 « Inconnu jouant du Khène » : magnifique, hypnotique et envoûtant.
    etc………

    Merci pour ce magnifique voyage sonore (immobile) en terre africaine. Mercipour toute ces découvertes et les futures pistes de recherches…..

    A + +

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