Samedi soir, Villa Noailles, Midi Festival : la mort d’Amy et la naissance de King Krule

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C’est en arrivant devant la scène du Midi Festival, que l’on apprenait la mort d’Amy Winehouse. Est-ce pour cela que les musiciens de Psychologist, premier groupe de la soirée étaient tout en noir ? Leur musique avait en tout cas quelque chose de sépulcral, évoquant par échos diffus le même mélange de vide sidérant que Stay + la veille, mais avec des beats sortis du dubstep plutôt que de la rave et un chant tout en hystérie sombre. De la house, dira-t-on, désenchantée. Ce qui n’était pas le cas de la pop post-teenage (à peine) de Puro Instinct : balances en direct, puis concert endiablé évoquant un croisement entre des Pastels radoucis et Kim Wilde moins mégère, plus bitchy. Les garçons ont aimé sans l’avouer au filles qui ont forcément détesté ces blondes de L.A. qui ne semblaient pas croire en leur bonheur d’être là. Mention spéciale à la guitariste du groupe (18 ans ?), la plus cool vue sur scène depuis des lustres.
Mais, c’est un autre gamin qui aura été le grande belle surprise du soir : King Krule, ex-Zoo Kid, rouquin de 16 ans, qui en parait trois de moins, casquette vissée et guitare tenue avec morve, tenait son public d’une voix déjà grave, comme un Nick Cave sans drogue, et avec des compositions complexes, dont la maigreur sonique était accompagnée d’une tension viscérale évoquant le rock primitif des fifties. Une révélation qui tenait de l’apparition. Comme le signalait Wilfried Paris au bout du concert : « étrange de découvrir ce gamin le jour de la mort d’Amy, comme si la relève était déjà là ». Gaffe à toi, petit poil de carotte…
Ensuite, Dirty Beaches dont nos amis du label la Station Radar nous offraient avant le concert un splendide LP partagé avec Ela Orleans. Seul sur scène avec une guitare et trois pédales, en Marcel gris et tatouages, ce musicien Canadien/Taïwanais a tenu la foule avec sa musique d’apocalypse intime, calquée sur Suicide, mais en plus poperiste. Une belle, très belle performance, surtout durant les morceaux les moins rythmés. La suite, et fin, était plus légère : Washed Out, armés de synthés, basse et batterie, donnait une version poliment enjouée de leur musique de chambre qui en perdait du coup ses façons améthystes, si prenantes sur disque. Ici, tout le monde voulait taper dans les mains, tout le temps – la meilleure façon de pourrir un concert, surtout le jour de la mort d’Amy et de l’apparition si grave de King Krule. Le roi est là, tout jeune.

1 commentaire
  1. Triste jour que ce samedi avec la mort d’Amy Winehouse. Même si je n’étais pas un énorme fan, je reconnaissais sa voix (quand elle était en état de la montrer, la pauvre) et je suis triste. Difficile de se battre contre ses démons quand on a trouvé comme allié la came qui devient à son tour un de ses démon. On en sort jamais, même des années après. Hélas, je sais de quoi je parle…………

    Puro Instinct : Connais pas sur scène mais disque excellent et quelles belles femmes….de véritables déesses, des muses d’une beauté sexuelle & rock’n’roll !!!!!!!!!!!!!!!!!

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