J’ai vu Andrew Chalk et Timo Van Luijk

Les disques d’Andrew Chalk sont parmi mes préférés de cette catégorie entre deux territoires, entre le drone et l’ambient. Il en a fait des dizaines, seul ou avec d’autres, notamment au sein de Mirror (aux côtés de Christoph Heeman et, parfois, Jim O’Rourke) et j’y trouve à chaque une même forme d’étonnement, lent et séducteur. De Timo Van Luijk, je connaissais moins de choses, mais j’aimais déjà beaucoup son duo avec Heeman, In Camera, ainsi que les quelques beaux coffrets sortis ces deux dernières années sur son label Metaphon. Leur rencontre était ainsi une des belles promesses de ce festival Sonic Protest 2011 et la musique entendue était bien à la hauteur. Vibrant doucement dans la belle église Saint-Merri, rue de la verrerie à Paris, ce qui sourdait de ce duo, le faisait avec grâce et peu de bruit : ici, le volume était réduit, comme pour mieux accentuer la lenteur, le peu de gestes, l’élégance de mouvements élégiaques, mais tout de même si fortement maîtrisés. Chaque poussière de geste semblait avoir un sens : l’un était à la flûte (reliée à une pédale discrète) et l’autre au synthétiseur (un Roland analogique, antédiluvien, armé de pédales), construisant des tonalités rêveuses et résonantes, jouant avec le silence. Par moments, on entendait presque davantage la respiration des spectateurs, les craquements du plancher, un téléphone qui sonne et l’on pensait sans cesse à John Cage, ses idées sur le silence qui n’existe pas et l’on se surprenait à vouloir garder à tout prix ce concert en mémoire, à l’imprégner dans le cerveau et le coeur aussi fortement que possible. Une minute de tout cela est sur Palmiers Pyramides, mais elle ne saurait rendre justice à ce qui s’est vraiment déroulé là, tout à l’intérieur, annonciation intime d’un moment de grâce magique.

Publicités
4 commentaires
  1. franky Fockers a dit:

    Ha mais t’étais là Jo ?! je ne t’ai même pas vu 😦
    mais beau concert oui !!!

  2. jlle a dit:

    Personne ne parle de Timo. Son groupe avec une partie du No-Neck Blues Band et Raymond Dijkstra est excellent : il s’appelle Dendoshi 2 et il est passé autrefois par Marseille, au GRIM — fantastique concert !
    Dendoshi a sorti un disque sur Planam (Alga Marghen), indispensable.
    Joseph je te conseille vivement Raymond Dijkstra si tu ne connais pas ses albums, une sorte d’art brut sonore parfois versé vers les drones (il existe une collaboration avec Christoph Heeman).
    Timo fait aussi partie du très bon Af Ursin.

  3. joseph a dit:

    J’aime beaucoup son groupe avec Heeman, In Camera, et surtout Onde…

  4. jlle a dit:

    Oui, splendides… Pour la collaboration avec Heeman, je songeais à « Open Air » (et donc à In Camera).

%d blogueurs aiment cette page :