Une interview avec Archers By The Sea

J’aime beaucoup They Were Floating Over The Mountains, They Were Kings, le disque d’Archers By The Sea que vient de sortir la Station Radar en vinyle. J’avais eu la chance de l’écouter il y a quelques mois déjà lorsque le label m’en avait envoyé une version en CDR. Depuis, le disque est resté dans ma tête, faisant son bout de chemin presque seul, planant et virevoltant d’oreille en mémoire. J’ai envoyé quelques questions à Archers By The Sea, jeune homme déjà auteur d’une oeuvre prolifique, sortie sous plusieurs pseudonymes et multitude labels ou formats.

1. Comment as-tu commencé à produire de la musique ? Avec quels instruments et avec quelle idée en tête ?
Je me suis acheté un jour un quatre pistes et cela m’a permis de développer tout ce que j’avais en tête. Je commence mes morceaux la plupart du temps avec ma guitare. C’est mon instrument de prédilection et celui que je maîtrise le mieux. J’ai commencé par faire des morceaux sans intérêt, puis un jour j’ai enfin fait un morceau qui me plaisait. Je l’ai fait écouter à Bruno de Ruralfaune qui m’a proposé de le sortir sur une compile. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à faire de la musique pour les gens. C’est assez grisant.
2. Quels sont les différents projets qui t’accaparent musicalement ? + Quelle différence fais-tu entre Archers by the Sea et The Pistil Cosmos ? L’un a-t-il succédé à l’autre ? et « V » ?

J’ai enregistré des disques sous « V », The Pistil Cosmos, Archers by the Sea. Et je fais partie de Monks of the Balhill avec Vincent Fribault.
Chaque pseudo en chasse un autre. C’est plus un jeu qu’un véritable changement de style. Même si je pense que mes derniers enregistrements (The Surf et Sometimes we should dance) marquent un changement important dans mon approche de la musique. D’ailleurs Archers by the Sea vit sûrement ses derniers instants. J’ai encore quelques enregistrements sous ce pseudo qui sortiront, mais ce que je suis en train de faire actuellement n’est déjà plus du Archers. J’ai la liberté de pouvoir le faire et c’est quelque chose qui m’amuse.
3.  Comment composes-tu ? En improvisant ? Quel genre de matériel utilises-tu ? Quelle est la part du montage dans ta musique ?

Tout est improvisé. Mis à part un ou deux morceaux que j’ai plus travaillé. Depuis plus d’un an environ je ne me sers plus que de ma loop machine. Cela me permet de faire des montages sonores plus complexes, surtout que je ne maitrise pas l’informatique musicale (et que ça ne m’intéresse pas aussi). La plupart des sons sont faits à la guitare et j’ai quelques petits instruments à droite à gauche. J’ai désormais une petite boite à rythme qui me sert énormément ces temps ci et m’amène vers d’autres horizons.
4.Comment le disque sorti par la Station Radar a-t-il été composé ? Est-il un aboutissement de ce que tu as sorti jusque-là, en CDR, CD et cassettes ?

Instinctivement, j’aurais dit que ce n’est pas un aboutissement, mais en y réfléchissant je crois que ce disque marque la fin d’Archers by the Sea. Même si il y aura encore quelques sorties, ce disque marque l’apogée de la musique que j’ai réalisées pendant les trois dernières années.
Ce sont des compositions qui datent d’un an et demi environ, qui étaient destinées à un autre label et que j’avais plus ou moins mises de côté. Quand je suis entré en contact avec Fleur et Jérôme pour la fake tape series, je leur ai également proposé ce disque. Je crois qu’ils l’ont bien aimé…Je suis évidemment très fier de ce disque, surtout que les gens semblent l’apprécier. Je suis également très content qu’il soit sorti sur La Station Radar, ce sont des gens bien.
5. Comment as-tu composé Eagle Kiss sorti en cassette par Blackest Rainbow ? Le format a-t-il joué dans la composition ?

Eagle Kiss a été composé a peu près à la même période que le vinyle de la Station Radar. Je voulais quelque chose de plus abrasif, de dur, voire de noir. Et je n’y suis vraisemblablement pas arrivé, puisque ce disque est pour moi une version plus aérienne de They were floating over the mountain, they were kings. Le format n’influe pas vraiment dans mes compositions, puisque généralement cela se décide presque en dernier.
6. Quel processus suis-tu pour choisir les titres de tes albums et morceaux ?

J’ai toujours eu une imagination débordante. Je vais être honnête, mis à part une ou deux exceptions, aucun des titres de morceau ou d’album n’ont de quelconque sens. Ce sont le plus souvent des associations de mot qui me semblent coller à l’ambiance du disque. J’aime l’absurde et je crois que tout vient de là.
7. Quels sont tes disques de chevet ? et les livres ?

J’écoute de moins en moins de musique, voire plus du tout. J’ai écouté énormément de musique pendant mon adolescence et surtout lorsque je faisais des chroniques de disque sur un webzine. Je crois que j’arrive à un moment où j’ai besoin de digérer. Toutefois il y a des choses que j’écoute très régulièrement comme Before Today et The Doldrums d’Ariel Pink. Je crois qu’il a changé totalement ma vision de la musique. Je ne pense pas avoir passé un mois depuis 7 ans sans avoir écouté The Doldrums en entier. Je me suis replongé récemment dans ma collection d’albums de Tortoise que je revisite avec délectation, de même pour Olivia Tremor Control, Talk Talk, Panda Bear. Tu vois rien de vraiment bien neuf et rien de bien compliqué. J’échange beaucoup de disques avec d’autres artistes/labels, et je retiendrai les disques d’Hobo Cult Records, Jeans Wilder que j’aime beaucoup, évidemment Stunned Records, pour moi le meilleur label de ces deux dernières années et surement d’autres que j’oublie. J’écoute souvent une chanson par ci par là.
Quant aux livres, je n’ai jamais eu une culture littéraire. Par contre je suis passionné de peinture et plus particulièrement de la période symboliste. Je passe du temps à éplucher les bouquins sur Arnold Bocklin ou Odilon Redon.
8. Sens-tu une affinité avec d’autres groupes français ? Je pense à High Wolf par exemple ?

Nous sommes liés c’est sûr. Peut être pas musicalement, mais nous entretenons de très bons rapport, j’ai même joué avec High Wolf à Lyon fin Octobre. Je crois que c’est stimulant d’avoir une locomotive comme High Wolf. Je suis également en contact régulier avec Holy Strays qui a sorti une super K7 chez NotNotFun l’année dernière. Le mélange de nos deux univers pourra sûrement donner quelque chose d’intéressant.

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