En 2010, j’ai découvert Atem avec 30 ans de retard

 

Parmi les livres sortis cette année, il y a eu celui-ci : Atem 1975-1979, qui reprend des articles parus dans un fanzine dont je n’avais pas entendu parler jusqu’alors. Des années 1970, je connaissais les classiques et quelques oubliés comme le génial Parapluie. Mais Atem avait échappé à mon radar. Pourtant, tout est déjà là : Eno, Throbbing Gristle, Suicide, Wyatt, Steve Reich, Can, etc. Une sorte de pont entre les époques, entre rock psyché et punk, prog et new wave, ambient et kraut, synthés et folk. Pour en savoir un peu plus, j’ai envoyé quelques questions à l’instigateur du livre et de la revue, Gérard Nguyen, qui avait aussi fondé le magasin Wave, dont le souvenir hante encore les mémoires des arpenteurs de la rue Keller.

1. Comment Atem est-il né ? Dans quel contexte et avec quelles envies ? Le nom est-il lié à celui de l’album de Tangerine Dream qui porte le même ?
On pourrait dire que Atem est né « par défaut ». Quelques personnes qui en avait assez de voir dans la presse des dates de concerts de certains groupes qui ne venaient jamais dans le coin ont décidé d’en organiser elles-mêmes (Can, Hatfield and The North, Kevin Coyne, Keith Tippett, Hugh Hopper, Isotope, National Health, etc). Même chose pour la presse (Rock & Folk, Best) qui ne parlait presque jamais des artistes que nous avions envie de soutenir (Même si Michel Lousquet – chez Best – et Paul Alessandri et Philippe Paringaux – chez Rock & Folk écrivaient parfois sur ces musiques de traverses). Atem magazine est parti de là; nous nous sommes lancés sans filet et ça a plutôt bien fonctionné, grâce aux disquaires (encore nombreux) et librairies alternatifs. Démarré à 2000 exemplaires, Atem a fini à 7000 (via NMPP) dont un peu plus de 5000 vendus et 1000 abonnés.
Le nom (Respiration) vient à la fois d’un titre de Kraftwerk et de l’album de Tangerine Dream.

2. Comment définir le son lié à Atem ?
Pas de son lié à Atem, je pense, mais plutôt un état d’esprit, celui de défendre les musiques de « traverses », les musiques « nénuphar » (celles qui s’épanouissent après plusieurs écoutes), les musiques « marginales » (même si à l’époque elles concernaient plusieurs milliers de personnes), certains singers-songwriters (quelques uns encore en activité aujourdh’ui, d’autres devenus des références incontournable de toute discothèque digne de ce nom). L’expérience se poursuivra avec la création du label Atem (This Heat, Art Zoyd, Univers Zero, Fall of Saigon – avec Pascal Comelade-, Présent, Stabat Stable etc)

3. Pour quelles raisons Atem s’est-il arrêté ?
Faute de combattants. Une parution bimestrielle difficile à respecter dans des conditions difficiles (rédigé et « maquetté » à la maison avec une machine à écrire). A quelques exceptions près, nous avions aussi fait un peu le tour de ce que nous avions envie de parler (exceptions notables: Captain Beefheart, Frank Zappa, Harry Partch, Moondog, Neil Young…)

Voir intro du livre pour détails

4 Top Ten Atem (sans ordre et avec déchirement)
THIS HEAT: This Heat
ROBERT WYATT: Rock bottom
BRIAN ENO: Another green world
CAN: Tago Mago
PETER HAMMILL: The silent corner and the empty stage
TIM BUCKLEY: Lorca
PHILIP GLASS: Einstein on the beach
NICK DRAKE: Five leaves left
HENRY COW: In praise of learning
FAUST; Faust

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