After Christmas Drive, une playlist dessinée par Felicia Atkinson

Pour cette fin d’année, j’ai demandé à Felicia Atkinson, dont j’aime les dessins minimalistes et la musique crépusculaire de faire une liste de chansons. Elle m’a donné sa liste commentées et des dessins qui vont avec chaque morceau. Elle a aussi écrit ces lignes :  » j’ai choisi cinq chansons qui se déroulent comme cinq routes, cinq embranchements. Cinq expériences initiatiques. De Mars à Juillet 2010, j’ai voyagé à travers les Etats-unis. De Chicago à New York, de Seatle à Los Angeles. Avec Bartolomé, nous avons pris la route one et 101 pour longer les côtes d’Oregon et de Californie. Nous n’avions pas forcément ces chansons pour la route, mais elles auraient pu être là, et je les imagine très bien dans une voiture qui reviendrait d’un repas de Noel, dans la nuit, entre Cannon Beach et Elk, Oregon… »

The Alps,  Drop In, tiré de « le voyage » (type records)


C’est comme un générique de début, à chaque fois que j’écoute ce morceau j’ai envie de décrocher un énorme sourire, la tête en arrière, au ralenti. C’est la chanson parfait du co-pilote. J’ai rencontré Jefre Cantu, un des membres de The Alps à San Francisco, c’est pour moi un des musiciens actuels les plus talentueux. Cet album excellent de The Alps,  » Le Voyage », est sorti sur Type, et évolue à chaque morceau comme un très bon film, se complexifie, se densifier l’air de rien, vers l’abstraction. The Alps ont réalisé un autre disque sur Spekk, ce qui  fait de nous des  « label mates ».

Smog, Cold Discovery, tiré de dongs of sevotion (drag city)


J’adore l’amertume de Bill Callahan, sa manière de faire des chansons comme de serrer les poings. La dernière fois que je l’ai vu jouer, c’était en solo, au Hide out de Chicago, un  » charity concert » contre la maltraitance des enfants, en avril dernier. C’est une salle, où j’ai déjà joué quelques années auparavant, je n’y étais pas revenue depuis. Un bar tout en bois comme dans Twin Peaks, perdu dans une zone industrielle. Il y avait des hot dogs, une foule respectueuse, et il jouait deux fois de suite, sans perdre de sa verve et de son âme,  pour récolter de l’argent pour les enfants. De sa gestuelle,  de la précisionde sa voix tombaient des charbons ardents.

Topaz Rags, Wear You Thin, tiré de « capricorn born again » (Not Not Fun records)


Topaz rags et un des multiples groupes qu’ont incarnés les icônes sonores et crudivores de Los Angeles Britt et Amanda Brown de Not Not Fun. Topaz Rags reste pour moi un secret caché, un mystère brûlant. J’aime la rareté des sorties, la vapeur de chaque morceau. Nous les avons rencontrés à LA en juillet dernier, organisant une rencontre Kaugummi et Not Not Fun. Ce sont des gens adorables, drôles généreux. J’ai réalisé qu’Amanda avait un an de moins que moi, qu »elle avait déjà fait plus que je ne ferait jamais de toute ma vie,et je me suis sentie si minuscule face à elle. Elle est si inspirante. C’est une magicienne.

Love, a house is not a motel, tiré de « Forever Changes » (Elektra records)


Cette chanson se situe pour moi quelque part entre Easy rider et Zabriskie point. Un coucher de soleil….Entre le printemps et l »automne nous avons perdus Pocahaunted et Dennis Hopper. Toutes ces feuilles dorées…. J’adore l’automne où les dépouillent deviennent de l’or et évidemment  Love, groupé parti trop tôt. Love. Quel nom. Et celui de la chanson  » A house is not a motel » et celui de l’album  » Forever Changes ». La sémantique comme un lasso de Love est géniale, elle guide les chansons, elle les mets au défi puis les dompte.

Neil Young, Revolution Blues, tiré de « On the Beach » (Reprise records)

Chanson cosmique par excellence, Dans Revolution Blues, Neil Young arrive non seulement à désigner le monde réel et imaginaire avec cette chanson, mais aussi son moment d’inspiration, son moment de studio, ce que ça provoque en lui, ce qu’il décide de donner à l’auditeur. J’ai toujours vu Neil Young comme un démiurge, un faiseur de pluie qui multiplierait les secondes de son monde et les distribuerait au coeur les plus démunis. Au Etats-Unis, je n’ai pas rencontré un seul musicien qui n’était pas un fan absolu de Neil Young. La première chanson que nous avons écouté le Premier Janvier 2010 était la première de Zuma :  » don’t cry no tears ». En juin dernier, j’avais pris un billet de concert pour aller le voir jouer à Louisville, mais j’ai attrapé la maladie de Lyme est suis restée clouée au lit à la place. J’ai voulu donné ma place à David Pajo et à un autre membre de Slint qui habitait à Louisville. Le premier m’a répondu qu’il habitait maintenant à New York et l’autre aurait adoré mais il travaillait. J’imagine la place vide dans l’arène. Un jour nous y reviendrons…

La playlist est en écoute ici.

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2 commentaires
  1. john a dit:

    Superbe textes et images !

  2. Hello et merci à toi Mister Ghosn pour toutes ces listes de gens super cools et passionants (que j’aimerai connaitre) que tu as partagé !!!!

    Felicia Atkinson : Bravo pour ce top et ces dessins + textes magnifiques !!
    Et après un tel texte sur Neil Young, que dire !!! Le loner qui a sorti un disque « Le Noise » magnifique, errance poétique et onirique de toute beauté !
    De plus, « Zuma » et « On the Beach » sont mes plus grands Neil Young préférés…

    MERCI et bonne année….

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