J’écoute Floating Japanese Oof ! Gardens of the 21st Century de Hototogisu

 

Drôle de disque, sorti en triple vinyle dans les années 2000 et tout juste réédité en double CD : il n’a guère d’équivalent dans la discographie du groupe, bien plus noise, énervée et brûlée. Ici, le groupe (en fait un duo, constitué par Marcia Bassett et Matthew Bower de Skullflower) joue une musique très flottante, faite d’échos, de guitares en arpèges improvisées, de petites clochettes, de percussions évasives et de bruits de fond. Le tout est répété inlassablement, évoquant légèrement la même atmosphère hippie que le Dreamweapon légendaire de Spacemen 3. On ne sait pas exactement ce qui est joué, si tout est construit par petites touches,  ou improvisé en direct. Mais, c’est hypnotique comme le plus beau disque minimaliste, passé en mode lo-fi. Depuis, le groupe a cessé d’exister, et la réédition de cet album ne fait que marquer davantage encore le grand vide laissé par son absence et le grand vide surtout, qu’il laissait après cet album dont il n’a pas suivi tous les chemins esquissés, entraperçus, ne demandant qu’à être explorés sur d’autres enregistrements. Peine perdue : comme tous les beaux disques, celui-ci esquisse des futurs à l’existence impossible.

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13 commentaires
  1. johan a dit:

    J’essaie de mettre la main sur le triple vinyle depuis 3 ans maintenant. Opter pour la version CD serait plus facile mais je n’aime pas renoncer.

  2. Je ne connais ni ce groupe, ni ce disque. Mais si tu cites Spacemen 3 en référence, ça attire forcément ma curiosité, surtout que depuis le début d’année je schotche grave sur leurs oeuvres :
    « The Perfect Prescription », « Playing with Fire », « Reccuring » (en dessous du reste quand même). Mais aussi je découvre vraiment le travail solo de Sonic Boom (d’ailleurs, grâce à tes conseils) :
    « Spectrum », « SOUL KISS (GLIDE DIVINE) », « What came before after » et avec son autre formation Experimental Audio Research (EAR) « The Köner Experiment ».
    Et je poursuis toujours inlassablement mon exploration de l’univers de Jason Pierce avec ses Spiritualized !!!

    Quels disques me conseilles-tu Joseph, ou d’autres personnes, pour pénétrer cet univers inconnu qui m’a l’air complexes ????? MERCI.

    A + +

  3. odot a dit:

    Hototogisu, c’est toujours un peu décevant. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi Bower opte à chaque fois pour l’option « micro cassé posé derrière 7mètres de béton ». A l’inverse des disques plus produits de Sunroof! ou Skullflower, je trouve ça horriblement frustrant.

  4. ludo a dit:

    ‘Peine perdue : comme tous les beaux disques, celui-ci esquisse des futurs à l’existence impossible.’
    très très joliment dit. j’ai pas mieux.
    à propos d’hototogisu, j’ai une tendresse particulière pour le lp sorti sur nashazphone.
    tout ce que touche bower vaut de l’or. le double cd de skullflower ‘strange keys to untune gods’ firmament’ (ça vous pose un homme hein ?), sorti cette année, n’en finit pas de m’enchanter.

  5. maxton forte a dit:

    houuuu…… hototogisu n’etait qu’un projet solo de bower a ce stade. marcia n’apparait qu’a partir de ‘befriending demons’… d’ailleurs elle ne monte a bord qu’une fois la periode ‘paradisiaque’ passée. elle arrive pendant la (re)descente aux enfers de MB!!

  6. joseph a dit:

    Merci pour les précisions, le disque n’en est que plus beau à mes oreilles. Où trouver des infos sur l’histoire du groupe ? Comment en savoir plus sur Bower et ses descentes aux enfers, sa musique, ses musiciens ?

  7. pour avoir le triple vinyle, être archi-fan de longue date (si l’on peut dire) : chef d’oeuvre absolu : « hototogisu, un peu décevant », comment dire ça ? tangerine dream ça serait mieux peut-être ?

    • ludo a dit:

      ben voilà…là on est d’accord joëlle !
      depuis ce post, je reviens souvent vers ce triple vinyle…

    • joseph a dit:

      ben oui, TD, c’est quand même mieux, mais, pardon, c’est stupide de comparer.

  8. je sais bien que c’est stupide de comparer, j’en conviens — merci — c’est juste pour discuter : j’aime Rubycon, Phaedra, Ricochet, Stratosfear, et je crois bien que ça s’arrête là pour la période du milieu, après sauf erreur, c’est plus dur voire impossible. Je conviens que Julian Cope n’est pas la Bible, bien sûr et heureusement. Ses impasses en matière de krautrock (Kraftwerk, Sand « Golem », Siloah et bien d’autres) frisent l’hérésie. On le sait, elles ont ouvert en France la porte à l’ouvrage (pas terrible) de Eric Deshayes, puis au Black Dog Publishing (pour faire simple). Aucun d’ailleurs si ce n’est le Deshayes, je crois pour ce que je m’en rappelle n’a réparé l’erreur consistant à dire que TD au-delà de « Zeit c’est inécoutable… Donc bravo à vous Joseph, quelque part (je suis sérieuse, j’ai ces disques, et même des Froese tardifs, c’est dire donc…

  9. joseph a dit:

    Disons que TD après Stratosfear, c’est « difficile », mais que Froese, parfois, a des éclairs de génie, même dans les années 80.

  10. Quelques éclairs effectivement, sur « Aqua » et « Epsilon in malaysian pale ». Les débuts floydiens avec The Ones, Cadaques, Dali & Co, c’est inétressant aussi, mêm si moins que « Être Dieu » avec Igor Wakewitch, question Dali.

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