11 commentaires
  1. olivier a dit:

    Un photographe à la technique parfaite, aux compositions soignées, aux couleurs travaillées, avec ces situations porno-chic avant l’heure qui plairont sans doute à beaucoup…mais franchement je n’aime pas. Les photographes de mode (je pense à Steichen, mais aussi à Newton, et là il s’agit de Bourdin…) ont toujours ce truc trop parfait qui finit par davantage irriter que bouleverser le regard. Ces gens-là, les photographes de mode, sont à la photographie ce que Dire Straits est au Rock. Impressionnant, bluffant, pas franchement profond. Rarement essentiel.
    Ce qui serait intéressant en revanche ce serait de voir ce qu’il faisait dans le privé, quand il se lâche à peu…quand c’est un peu plus crade…
    Perso: derrière émotion photo, Dirk Brömmel. Là aussi très propre, mais au service d’un truc qui perso me trouble.
    voir surtout ça: http://laviedesoccidentaux.blogspot.com/2010/08/le-jour-regarde-le-temps-qui-passe.html

    • joseph a dit:

      Wow, ça a l’air terrible Dirk Brömmel ! merci pour le lien…

  2. olivier a dit:

    Content que ça te plaise!
    Ces photos font partie d’un livre, « villa tugendhat ». De mémoire, la villa tugendhat (villa style Bauhaus) a appartenu à une famille (juive je crois) qui en a été chassée par les nazis. Bon l’histoire est sujette à de fortes imprécisions quand je la raconte mais en gros c’est ça. Surtout, cette famille a confié ses archives photo à Dirk Brömmel: ainsi ce qu’on voit sur les photos ce sont deux photos de deux époques différentes. Dirk Brömmel a d’abord conçue des images numériques en essayant de retrouver dans la maison tugendhat le point de vue des photographes des clichés qu’il avait préalablement sélectionnés dans les archives (quand on regarde bien, il retrouve le point de vue souvent de manière très précise, millimétrique). Ces images numériques sont en couleur. Puis il a inséré/superposé les photos argentiques issues des archives familiales.
    Le résultat n’est pas immédiatement bluffant. C’est un travail subtil. Dans un premier temps le spectateur se retrouve embarqué dans le travail archéologique du photographique: il traque les lignes de fuites, la manières dont elles se recoupent (ou pas). Puis il est ému par ses portraits noir et blanc au milieu de la couleur (à moins que ce soit l’inverse) qui ont l’air de fantômes. On imagine toute une histoire, sans doute tragique. Enfin peut-être pas, on ne sait pas. A la fin, le spectateur est pris d’un vertige métaphysique: en superposant deux images à priori semblables mais séparée par le temps, on a le sentiment que le sujet de ces photos, c’est le temps. Dirk Brömmel photographie le temps! Je ne connais pas de photographes qui aient vraiment fait ça auparavant: photographier le temps…
    Si tu aimes, il y a le site, mais je recommande vivement le livre, un peu cher, mais que l’on trouve facilement à librairie Flammarion à beaubourg.
    http://www.dirk-broemmel.de/arbeiten_villatugendhat.php?werk=sub5&aktiv=pos1

  3. joseph a dit:

    Merci merci merci, ça donne hyper envie tout ça…

  4. joseph a dit:

    Ces textes me font penser à un seul mot : « sympa »… Et une pensée : je crois que je n’ai jamais aimé les Happy Mondays. Ou plutôt, disons que le jour où je les ai vus jouer avec My Bloody Valentine au New Morning, c’était si fou et surprenant que je n’ai pas eu envie d’en gâcher le souvenir. Et puis, MBV, c’était quand même vachement mieux, le temps l’a bien montré…

  5. Benyebka Abdelkader a dit:

    Des souvenirs de la mort
    Les reves

  6. Est-ce parce que j’ai été victime de l’effet Tom Ford – version 90’s – pile dans mon adolescence, toujours est-il que j’aime beaucoup le genre d’esthétique « porno-chic » proposé par Guy Bourdin… J’aime ses mises en scène audacieuse, ses couleurs vives et le soin accordé aux moindres détails…
    Après, c’est vrai que l’aspect peut lasser mais c’est valable pour tout, non?
    Là, c’est vrai que je me tourne plus vers l’esthétique d’un Steven Klein ou d’un Steven Meisel dont les mises en scène érotico-lugubres me semblent plus en adéquation avec certaines réalités de l’époque actuelle, mais cela n’engage que moi…
    Par contre, contrairement au premier commentaire, je pense que certains photographes de mode ont des visions plus profondes que nous pourrions le penser…

    • olivier a dit:

      @ Grégory de Vos
      on a tout à fait le droit d’aimer Guy Bourdin. Cependant, je ne peux m’empêcher de penser que l’imagerie mode (c’est-à-dire publicitaire), qui est l’imagerie dominante de notre époque, est davantage un écran devant la réalité qu’une représentation de celle-ci. Non que ces images ne soient pas belles, mais je ne saisis pas quelle vérité elle me font approcher. Enfin si peut-être: ces photographes, choisis par les pontes de la mode et donc de la construction de l’image de la femme, me disent que les femmes ont/doivent avoir un corps irréellement mince/maigre et frigide. Un corps-image figé davantage qu’un corps plaisir. Il y a dans ces photos ce je ne sais quoi de puritain et hypocrite qui est effectivement de notre époque.
      Pour ce qui est de l’inspiration de ces photographes et de leur originalité foncière, j’ai aussi envie d’émettre des doutes: voici 4 photos

      A gauche le travail de Meisel dans les années 2000; à droite celui de Kohei Yoshiyuki dans les années 70.
      Il semblerait que l’on baise dans les fourrées depuis pas mal de temps déjà! Si Meisel apporte un éclairage nouveau (la couleur, l’infra-rouge) il ne fait que redire et mettre en scène une vérité dévoilée par un autre. C’est la différence entre un photographe qui cherche à dévoiler ce qui nous est invisible (un artiste) et ceux qui photographient de la peau (un publicitaire).

      • Pas très glorieux ce pompage de « Document : Koen » !

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