J’écoute le rêveur de Coil

Dix ans déjà que ce morceau de Coil me trotte dans la tête, revient fréquemment, comme une évidence, une obsession belle et charmante, qui met de l’ordre dans les idées, plutôt que le contraire. D’autres révèreront Coil pour d’autres raisons, d’autres grands disques, mais ce morceau, sa mélodie, son chant, ses échos et ses synthés, son ambiance de monde endormi, de sombre bonheur enfoui, résument tout ce que j’aime chez ce groupe trop vite disparu, trop méconnu encore. Parfois, ce morceau, comme une poignée d’autres, revient à point nommé dans ma tête pour illustrer quelque chose, souligner un moment alors que je ne m’attendais pas à son retour, justement là. Et puis, l’autre soir, il ne m’a pas quitté, s’est mis en boucle durant les deux heures et trente minutes que durait Inception, le film de Christopher Nolan avec Leo DiCaprio. Ce film, en quelque sorte, ne me semblait rien d’autre que l’adaptation sur grand écran de ce morceau si élégiaque de Coil, tentant d’en saisir par la fiction tous les paradoxes, l’amplitude et la profondeur, mais sans y parvenir vraiment. l’univers de Coil, après tout, est plus proche de celui de Cronenberg et Inception évoque Existenz, sans sourciller. Surtout, le film m’était pénible par sa musique, soulignant chaque geste, chaque fait, sans subtilité, ni délicatesse. Il faudrait remettre le film à plat, y incruster la musique de Coil : cela lui ferait sans doute gagner de la subtilité et de l’implicite.

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10 commentaires
  1. et à la fin aussi:

    And I swallowed the one you bury
    And then I swallowed the one you bury
    Then I swallowed the one you bury

  2. Fred a dit:

    Mon morceau préféré issu de l’un de mes 5 albums de tous les temps… Rien que ça…

  3. Ah ce morceau c’est donc de Coil, merci Joseph. Excellent titre avec cette basse lancinante et cette mélodie enivrante, répétitive, partant pour mieux revenir. Pour repartir et revenir ! Je ne connais pas ce groupe mais ce morceau, je me rappelle l’avoir entendu il y a longtemps, lors d’une soirée étrange, mystérieuse. C’était le morceau d’intro de set d’un Dj (dont le nom m’est échappé). Je me rappelle très bien cette voix, cette mélodie répétitive mais qui devait se confondre avec le second disque du Dj et qui était ainsi (ou paraissait) deux fois plus long ! Bref, merci.

    J’ai également vu et adoré « Inception », un des sommets ciné de l’année (avec « A simple man » COEN, « Gainsbourg » SFAR, « Shutter Island » SCORSESE).

    C’est vrai que la musique était légèrement « pompière » mais en même temps, je peu comprendre aussi son utilité. Je m’explique :
    Christopher Nolan, derrière cette histoire d’inception, de braquage « mentale » au cœur même d’individus, nous parle aussi de cinéma, de mise en scène. Par ces références, ces citations (« 2001, l’odyssée de l’espace », « Shinning », « Heat », « Matrix », « Dark City », etc..), c’est comme si Nolan nous baladais à travers son musée du cinéma à lui. Et la musique « pompière » serait-la pour rappeler les grandes d’Hollywood, des films de studio (qui en abusait aussi).

    Par contre, réécoutant pour la 3 ou 4 ème fois ce morceau, je l’imagine très bien pendant certaines scènes, ah oui comme celle de l’hôtel avec ces êtres endormis, ces « rêveurs » en apesanteur : ça serait ainsi « 2001 with the dreamer is still asleep », excellent….
    Refaire « Inception » avec Coil en B.O, très bon concept………

    A + (et merci pour ce titre…..)

    • Young Girl rec, je te remercie vraiment pour les liens rapidshare.com (ATTENTION : il faut les 2 parties afin d’ouvrir le fichier rar).
      Déjà le past de Joseph ce matin m’a permis de retrouver ce morceau. Et là, bonheur suprême, l’album entier qui à l’air vraiment bon ! MERCI !!

      Je découvre donc Coil, groupe au son étonnant. Ambiant ? électronica?drone musique? néo-psyché ? post-rock ? Un savant mélange de tout cela avec des boucles hypnotiques…..

  4. Cee Bjorg a dit:

    Surprenante manière d’arriver à parler d’Inception au détour d’un morceau de Coil. Étrangement, cet album est à mon sens un des plus cohérents de leur disco, bien qu’il soit composé de plages si différentes. Une des plus impressionnantes productions, des plus étourdissantes plongées en apnée auditive qui soit.
    Inception m’apparait plutôt en opposition : à métaphysique, je réponds ‘pataphysique, la musique de Hans Zimmer est aussi subtile qu’un pilon de forge, le montage peut laisser des dommages au neo cortex. Je ne suis guère constructif, mais autant le chevalier noir était intéressant sur bien des points, autant Nolan va devoir faire mieux si il veut VRAIMENT marquer le cinéma.
    Retournons écouter Coil.

  5. olivier cornet a dit:

    Les histoires et la musique se croisent et les voyages, aperçu une carte postale de la Monte Young (merci pour le livre) avec mon amie (pensé à toi mais j’ai pas ton adresse) au musée Guggenheim de Bilbao et une expo Anish Kapoor jusqu’au 12102010 et Beyrouth (bientôt) et Trieste et tant d’autres.
    Coil, at the heart of it all, 25 ans mais toujours et encore the dreamer is still asleep, le joyau.
    Merci pour les fragments quotidiens de mémoire, les bribes, les retrouvailles (spacemen 3, comus, mimir, tu m’as bien fais rire avec cela et pourquoi pas edward ka-spell…, et la bd.
    Je te suis tous les jours et je ne suis plus (seulement) moi même.

  6. joseph a dit:

    Merci Olivier… Si tu as besoin de quelque chose à Beyrouth, fais signe ici…

    • olivier cornet a dit:

      ok, merci, sympa.
      Et pour finir la nuit, tu as le choix Dajuin Yao Dream Reverberations, robert ashley the park
      Long night….

  7. Coil chez Joseph, ça faisait longtemps !
    Je crois qu’on est tous de grands fanatiques de ce groupe !
    A l’inverse de beaucoup de groupes, Coil aura sorti ses meilleurs disques durant sa dernière période, à partir, justement, de ce Musik To Play In The Dark !

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