Les livres des années 2000 par Discipline In Disorder

Le blog Discipline in Disorder a été créé il y a un an (ou à peu près) pour évoquer des livres. On y croise, sous des pseudos, trois ou quatre garçons faisant profession de tout autre chose mais témoignant partout d’une rare élégance, manifeste dans leurs lectures. Leur blog, auquel j’ai participé une fois ou deux pour parler de bandes dessinées, est un haut lieu de trésors cachés. Et il fait mal à tous les suppléments littéraires et gazettes du milieu, puisqu’ici, il n’y a pas de coteries, ni de faux-semblants, pas d’obligation de résultat ou de poursuite de l’actualité, pas de livres de la rentrée. On s’y enflamme pour des auteurs, on y écrit sur des livres que l’on a mis longtemps à trouver, à découvrir. C’est cela qui fait que ce blog est devenu en peu de temps l’un des plus pertinents espaces de découverte et de partage de la littérature et des livres. Je leur ai demandé une liste de leurs livres favoris des années 2000. Chez eux, vous retrouverez bientôt cette même liste commentée et complétée par 50 autres ouvrages.

Antoine D’Agata/Christine Delory Momberger, Le Desir du Monde, Teraedre, 2008

Slavoj Zizek, Violence, Profile Books, 2008

Pierre Guyotat – Coma, Mercure de France, 2006

Steve Hodel, L’Affaire du Dahlia Noir, Seuil, 2004

William T. Vollmann Le Livre des violences Tristram, 2009

Donald Ray Pollock, Knockemstiff, Harvill Secker, 2008

Gabrielle Wittkop – le Sommeil de la raison, Verticales, 2003

Yussef Bazzi – Yasser  Arafat m’a regardé et m’a souri, Verticales, 2007

Joan Didion, L’Annee de La Pensée Magique, Grasset, 2007

Co-ed, Time Out Film Guide, chaque annee, 2000-2010

Roberto Bolano, 2666, Christian Bourgeois, 2008

W.G. Sebald, Austerlitz, Actes Sud, 2002

Hedi Kaddour, Waltenberg, Gallimard,  2005

Stanley Cavell, La Projection du Monde, Belin, 2000

Arthur Danto – La Madone du futur, Seuil, 2003

Robert Fisk – La Grande guerre pour la civilisation, La Découverte, 2005

Alain Badiou, Le Siecle, Seuil, 2005

Hans Ulrich Obrist – Conversations, Manuella éditions, 2008

J-B Thoret, 26 Secondes ou l’Amerique Eclaboussee, Rouge Profond/Raccords, 2003

Co-ed, Le Troisieme Oeil-La Photographie et l’Occulte, Gallimard, 2004

Beatriz Preciado, Le Manifeste Contra-Sexuel, Balland, 2000

Dominique Baqué : Histoires d’ailleurs (Artistes et penseurs de l’itinérance), Editions du regard, 2006

Sean O’ Brien, The Drowned book, Picador, 2007

Co-ed, Russian Criminal Tattoo Encyclopedia, vol 1-3, Fuel, 2003-2009

Rajiv Chandrasekaran – Dans la zone verte, L’Olivier, 2008

Dai Vaughan, Non-Return, Seren, 2005

Theodore Roszak, La Conspiration des Tenebres, Le Cherche Midi, 2004.

Philippe Garnier, Freelance, Flammarion, 2009.

Chuck Pahlaniuk, Lullaby, Vintage, 2002

Mary Woronov, Snake, Five Star Paperback, 2002

Dori Hadar, Mingering Mike, Princeton Architectural Press, 2007

Gerard Naziri, Nazis on Speed-Drogen im 3rd Reich vol 1-2, Pieper Werner Medienexp, 2002

Campbell/Olsen/Walden, the Narcotic Farm, Abrams, 2003

Joseph Vacher, Ecrits d’Un tueur de Bergers, A Rebours, 2007

Lost Sounds / Blacks and the Birth of the Recording Industry 1890-1919 (University of Illinois Press 2007)

Alex Ross, The Rest is Noise, Fourth Estate, 2008

Arlette Farge, Quel bruit ferons-nous ? Les Prairies ordinaires, 2005

Craig Clevenger, The Contortionnist’s  Handbook, Fourth Estate, 2005

Carl Wilson, Let’s Talk About Love, Continuum, 2008

Georges A Reisch, How the Cold War Transformed Philosophy of Science, Cambridge university Press, 2005

Louis Skorecki, Les violons ont toujours raison, PUF, 2000

Iain Sinclair, London Orbital, Vintage, 2002

Conrad Williams, The Unblemished, Virgin books, 2008

Mike Davis, Le Stade Dubai du Capitalisme, Les Prairies Ordinaires, 2006

Simon Reynolds, Rip it up and Start Again, aliia, 2007

Giorgio Agamben, Nudites, Rivages, 2009

Charles Stross, Iron Sunrise, Orbit, 2005

Cedric Lagandre, L’Actualite Pure, PUF, 2009

John Barker, Futurs, Grasset-2005

Jon Savage, Teenage- The Creation of Youth 1875-1945, Chatto & Windus, 2007.

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9 commentaires
  1. olivier a dit:

    Un truc que tout le monde a oublié dans les listes des années 2000, c’est l’oeuvre de Mazen Kerbaj. J’ai vraiment été touché par son « starry night » et son blog pendant le dernier conflit au Liban. Livre chez l’association je crois?
    http://www.laptitemaison.com/ptitemaison/article.php3?id_article=251

  2. matthias a dit:

    C’est vrai que ce blog est très bien, j’y vais presque tous les jours, mais il y a quand même un sorte de nostalgie des situs qui est étonnante, qui va de pair avec un côté ghetto culturel qui a du bon, mais dont les limites n’apparaissent pas. Debord a dit beaucoup de choses fausses, il a simplifié ou mal compris beaucoup de choses, et il faudrait le dire, pour sortir du côté « nostalgique » actuel – même s’il est plein de charme. Debord avait la plus belle qualité de passion qui soit, il doit être au paradis, avec Peirce et Kierkegaard, mais Sartre avait raison, l’enfer c’est les autres, et on ne peut pas en sortir. L’erreur de Debord = la démocratie est fugitive, comme les rencontres, « la forme désaliénante de la démocratie réalisée, le Conseil dans lequel la théorie pratique se contrôle elle-même et voit son action » ( SP § 221, le dernier), ça n’existe pas. Une chose importante à dire, c’est que le dialogue réel, les conditions du dialogue réel sont aussi, voire plus importantes, que la littérature.
    Bravo pour ce blog-ci aussi, il est très bien, beaucoup de bonnes « rencontres » et de bonnes découvertes !
    Voici à mon avis les trois livres de philo les plus actuels, pour la théorie et pour la pratique :
    -Philippe Descola, Par-delà nature et culture
    -Bertrand Meheust, Somnambulisme et médiumnité
    -Eric Alliez, Les temps capitaux
    Trois livres superbes, d’auteurs qui sont les Levi-Strauss, Foucault et Deleuze d’aujourd’hui (ils sont vivants).

  3. di folco a dit:

    Bonne Année Joseph et continue ce site d’une richesse toujours surprenante et d’une grande lucidité ! Amitiés. P

  4. fausto a dit:

    Je me retrouve parfois dans leurs choix, jamais dans leur façon d’en parler qui ne fait jamais justice aux livres évoqués. S’il s’agit des meilleurs livres des 10 dernières années, elles ont été assez mauvaises.

  5. joseph a dit:

    Salut Fausto, et si tu nous livrais ici la liste des livres des 10 dernières années selon le FricFrac Club ?

  6. fausto a dit:

    Bonjour Joseph,
    Bon eh bien la vérité c’est que si Monsieur Lamm ne me signale pas ta réponse, j’avais déjà oublié mon commentaire, dont la dernière phrase est injuste parce qu’en fait cette liste n’est pas moche. Bref. Tout ça ne dit pas grand chose de bien à mon sujet. (Mais je maintiens mon opinion sur DID, qui me déçoit très régulièrement).
    On va voir si on parvient à brainstormer qqchose en vitesse avec les gars du ffc. Merci de tendre la perche.

  7. matthias a dit:

    Désambiguisation : « c’est vrai que ce blog est très bien » = je parlais de did, non du blog mentionné par le commentaire au-dessus du mien, que je ne connais pas.
    Pourquoi did est bien ? Parce que les choix ont quelque chose de beau, c’est un peu comme la compilation de sonic boom, on sent un univers. D’ailleurs le book-jaying devrait se répandre, non ? Les amis viennent à la maison, on leur montre des livres, comme on leur ferait écouter des disques.
    Le problème, évidemment, est que les livres ne fonctionnent pas par décennies. Debord, encore lui, faisait cette remarque très juste que dans la société « spectaculaire » (une notion bien trop massive), les personnes ne comptent plus le temps que par décennie, parce qu’ils ont perdu la notion de l’Histoire. Bon, l’Histoire est une très vieille lune, mais il est clair que nous vivons sous le régime d’un asservissement du temps à la production et à la consommation. Eric Alliez a dévelopé l’idée, à partir des Temps capitaux, que le sens de l’art était de libérer le temps. Les oeuvres d’art nous affectent et en nous affectant quelque soit leur moment de création, défont le temps séquentiel, métrique, ou « réel » qui naît de l’invention de l’argent et de la pratique de l’investissement. Dans l’antiquité, la dimension du futur n’existait pas… Les livres, ou les oeuvres d’art, introduisent à une ontologie sauvage du temps libéré.
    Peu importe que les livres parus ou reparus ces dix dernières années soient mauvais. Les livres ne sont pas comptabilisables selon l’échelle d’une décennie (je crois).

  8. bonne année mister jo !

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