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Archives Mensuelles: août 2009

Il y a 10 ou 15 ans, nous commencions à écouter du free jazz, Sun Ra et les disques ESP. Et après avoir aperçu la petite annonce au-dessus de la caisse de l’Action Christine qui disait « Sunny Murray donne cours de batterie », Sunny nous avait reçu chez lui rue des Ecoles, son petit studio, racontant ses histoires de musique, du fantôme de Frank Wright, et puis il est venu nous voir à l’émission de radio Mondial Twist. Sunny est encore quelque part dans Paris, sûrement.
A la même époque, Thurston Moore venait de publier son guide du genre dans le magazine des Beastie Boys, donnant une liste fabuleuse de disques à trouver (à l’époque, pas de blogs, souvenez-vous, il fallait chercher, acheter, troquer,…). Parmi eux, il y avait en bonne position le Duo Exchange de Rashied Ali et Frank Lowe, premier album sorti par Ali, dernier batteur de Coltrane, sur son propre label. Le disque, trouvé dans une boutique à Paris peu de temps après la lecture de l’article, était incandescent et nous l’avons samplé sur un disque, je crois.
Peu de temps après, je passais un Noël, un long Noël à New York, je ne travaillais pas encore, je faisais des articles pour Magic, et j’allais à NYC avec cette idée de rencontrer mes héros, en plus de trouver des disques, des livres. Je n’ai finalement pu approcher que Silver Apples (en concert) et Marshall Allen (j’ai encore la cassette de l’interview quelque part) et Rashied Ali. Ces deux derniers, c’était grâce à une femme, Desdémone Bardin, décédée depuis, qui travaillait sur un livre sur le Jazz (Jazz Zoom sorti plus tard par son fils et son compagnon) dont je traduisais pour elle les épreuves. Desdémone, qui est partie depuis, connaissait tous ces musiciens depuis des lustres et lorsqu’elle m’a dit qui je voulais rencontrer, j’ai répondu Rashied Ali et Amiri Baraka. Elle m’a donné le numéro de téléphone de second (qui n’a jamais répondu) et a appelé le premier lui demandant de me recevoir. Quelques jours plus tard, j’étais chez lui, dans un loft immense sur Greene Street (au 77 ? je ne sais plus) là où dans les années 70 il recevait des musiciens pour des concerts. L’endroit s’appelait alors Ali’s Alley. Mais là, c’était juste chez lui, avec sa femme et ses enfants que j’ai vus brièvement. Je me souviens vite d’eux, de sa fille surtout et de lui qui était gentil et pressé, qui devait aller chercher une voiture, celle de sa fille, dans un garage. Du coup, nous avons passé l’après-midi dans sa voiture à sillonner New-York, et il répondait à toutes mes questions un peu improvisées sur le moment avec sourire : il parlait de Coltrane, mais aussi de Sonic Youth, de sa vie (très peu) et de New-York, des disques, de la scène free qui renaissait, de toutes ces choses oubliées : je n’avais rien enregistré. Mais je garde ce souvenir de l’avoir vu de si près, que j’ai bien saisi que je touchais là quelque chose d’irréel qui ne m’a saisi à nouveau que lorsque j’ai pris mon téléphone 10 ans plus tard pour appeler et interviewer Alice Coltrane, partie depuis, elle aussi. Rashied Ali est parti le 12 août 2009.

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J’ai récupéré quelques exemplaires d’Impossible 4 (le 3 est encore en préparation et sortira sans doute même après le 5…). Ceux qui en veulent peuvent se manifester par mail.

Il n’y a que des renoncements. Il y a 12 ans, lorsque j’écoutais pour la première fois l’album Ladies & Gentlemen de Spiritualized, je pleurais sans arrêt, j’enrageais de ne pas voir cet album mieux défendu, mieux habité par tous ceux qu’il aurait pu toucher. Et puis, je ne l’avais plus écouté depuis des années. La dernière fois, en 2006 je crois, je mettais le morceau le plus dramatique de l’album, Broken Heart, sans savoir que je ne le réécouterais plus avant longtemps. Trois ans, une éternité, parce qu’il y a eu des années sans un seul jour d’absence de Spiritualized ou Spacemen 3 (il y en a qui comprennent ce que j’écris). Et puis, tout à l’heure, sans dire pourquoi, je suis retombé dedans, remis le disque, retrouvé tout cela, appris que le groupe rejouerait l’intégralité du disque en octobre prochain en Angleterre. Et si nous y allions ? Qui veut venir ?

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