Je lis un livre de Jose Maria Gonzalez et Philippe Di Folco

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Jose Maria Gonzalez et Philippe Di Folco viennent d’éditer un petit livre reprenant leurs échanges d’email : le premier envoyait un dessin que le second « illustrait » en retour par du texte. Le livre est court et prenant, tiré à 100 exemplaires seulement. Jose Maria Gonzalez a répondu à quelques questions par mail à son propos.

Comment la correspondance a-t-elle débuté ? D’où en est venue l’envie ? Y avait-il dès le départ l’idée d’en faire un livre ?
Amis depuis très longtemps, Philippe Di Folco et moi voulions réaliser un livre ensemble. J’avais déjà collaboré avec Philippe pour deux de ses récits publiés aux éditions DERRIERE LA SALLE DE BAIN de Marie Laure Dagoit. L’idée d’une correspondance entre nous s’est imposée il y a deux ans, au marché de la poésie où nous tenions un stand et réfléchissions à l’idée d’un livre. Une correspondance par mails paraissait répondre à ce que nous cherchions, à savoir un échange léger, comme une évidence, autant dans l’écriture que dans les dessins.

Il y a dans les dessins quelque chose de très jeté, de très rapide, comme une écriture sur un carnet : est-ce l’usage du mail qui a déterminé cet aspect des choses ?
Il y a effectivement un style très direct, rapide dans mon travail dans ces dessins pour ce livre. En fait, il y a dix ans, j’ai commencé une pratique presque quotidienne du dessin dans des carnets. Travail important autant par sa prolixité (un peu plus de 1000 carnets à ce jour, quelques 20 000 dessins) que par la liberté graphique obtenue. Stylo, encre de chine, gouache: médiums me proposants une écriture immédiate, instinctive.
Et donc pour le livre avec Philippe, j’ai tout naturellement ou travaillé dans des carnets des dessins ou puisé dans des carnets existants des dessins qui me paraissaient intéressants à exploiter dans nos échanges. L’usage du mail n’a fait que renforcer cet aspect des choses : à savoir pour moi un dessin rapide, « brut », prêt à un échange tout aussi rapide auquel Philippe répondait par quelques lignes dans les typos du mail.
En quoi les dessins répondaient-ils / réagissaient-ils aussi aux textes ?
La particularité cette fois-ci de ce type de pratique (textes images) c’est que Philippe Di Folco répondait par textes à mes dessins, alors qu’en général dans ce genre d’échange c’est plutôt le plasticien qui « illustre » l’écrivain. Le point de départ a donc toujours été l’image, mais les réponses de Philippe orientaient évidement mon travail et le choix de mes envois. A travers cette correspondance électronique, nous trouvions de l’ intérêt à cette immédiateté, nos réponses respectives incitaient l’autre à une grande réactivité. Il est très excitant (et rare) pour un dessinateur d’imaginer ce que va susciter en mots son dessin.
Le livre reprend-il la correspondance dans l’ordre ? Ou y a-t-il eu un travail d’édition et de réorganisation ?
Oui, le livre reprend exactement l’ordre de la correspondance, il n’y a pas eu de réorganisation ni de gros travail d’édition car nous voulions, encore une fois, préserver la spontanéité de nos échanges. Rapidité, légèreté qui sont déjà dans nos propres écritures se retrouvaient alors dans cet exercice. Nous souhaitions un livre qui soit simple, graphique,(pouvant rappeller les différentes typos des mails envoyés par philippe) dans la culture du livre d’artiste ou du graphzine.
Nous l’avons édité à 100 exemplaires pour garder ce côté sinon intimiste, confidentiel, léger (à tout point de vue : production, choix du papier,
absence de titre…).
Aujourd’hui la micro-édition propose de tels projets, de tels échanges:forts, rapides à mettre en place, à moindre coût. les éditions KAUGUMMI de
Bartolomé Sanson ou les éditions FLTMSTPC de Stéphane Prigent en sont les plus belles reussites.

Quels autres projets prépares-tu en ce moment ?
L’idée d’échange entre auteurs m’a toujours intéressé : en 2004, je réalisais avec Daniel Guyonnet un livre « PING PONG », là aussi une correspondance, mais de dessins à dessins; ou bien avec le graphiste Jean Jacques Tachdjian un échange de dessins pour un livre intitule » PASO DOBLE », éditions LA CHIENNE 2007 où nous imprimions l’un sur l’autre nos dessins respectifs.
J’ai plein d’autres projets qui vont dans l’idée de rencontres graphiques en commençant par un nouveau numéro de notre revue ROUGE GORGE (à paraitre en novembre 2009) que je coédite depuis 2003 avec Antonio Gallego :il y aura là une trentaine d’invités , numéro qui sera couplé avec une exposition à la galerie Béatrice Binoche à Saint-Denis La Reunion.
En septembre je participe à la Biennale de Lyon avec un projet intitulé UN NOUS axé autour de collages d’affiches dans l’espace urbain et d’une installation dans le musée de la Sucrière; UN NOUS est une structure collaborative avec les artistes Antonio Gallego, Roberto Martinez, Patrick Pinon et moi-même.

Et puis, dans la suite de ce que nous avons réalisé avec Philippe Di Folco, quelques autres idées à venir d’échanges entre écrivains et plasticiens…

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