Une exposition à voir cette semaine (1) : engin explosif improvisé de Loulou et Kiki Picasso à la galerie eof

Difficile de faire l’impasse sur ce qui s’annonce comme l’exposition la plus percutante de l’année, attendue depuis une décennie ou plus, ou en tout cas depuis que l’on a appris que les Picasso (Loulou et Kiki) retravaillaient et que leurs travaux actuels étaient un pont jeté vers certaines oeuvres toujours vives des années 70 tout en étant tout ancrées dans la réalité de la fin des années 2000 : réalité politique et sociale, réalité esthétique aussi. Leur Engin Explosif Improvisé se décline ainsi en une exposition et un livre du même titre, édité par l’Association avec une maquette d’Etienne Robial – ce livre-là, on l’attend avec plus de ferveur encore et de fièvre que la Bible de Crumb, qui, dit-on, sera pré publiée dans Télérama cet été. Les Picasso, eux, n’ont pas besoin de prépublication : ils ont tant infesté les journaux comme Libération vers la fin des seventies, que leur influence est tacite, souterraine, implicite, freudienne presque. Leur retour est un événement, un moment, peut-être la fin d’une parenthèse ou le début d’autre chose. Et le fait qu’ils reviennent avec un livre entièrement consacré à des questions politiques, notamment la précarité, met en exergue la similitude des époques ou en tout cas la même urgence et la même nécessité de changement qui devait exister dans la France d’il y 30 ans et celle d’aujourd’hui. Leur livre trouve aussi une résonance sur un site qu’ils consacrent aux mêmes questions. Ils m’ont accordé une interview par mail : dès l’arrivée de leur réponse, je la publierai sur www.menstyle.fr et donnerai le lien ici.

> vernissage le jeudi 4 juin 2009 de 16h à 21h
> exposition du 5 au 20 juin 2009 > lundi au samedi 14h-20h
> espace éof – 15, rue saint fiacre 75002 paris
> métro : grands boulevards > infos > effi + laurent > 06 22 85 35 86

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10 commentaires
  1. Toujours plus nécessaire !

  2. fp a dit:

    Déception que cette expo, cristallisation d’un style, d’une époque. Bazooka qui a toujours été de l’avant par ses permanentes remises en question, se retrouve 30 ans après à s’auto-citer de la plus triste façon, tout ce qui fut inventivité se retrouve ici tics, on y retrouve tout «comme au bon vieux temps». Les anciens seront content de se prendre un petit coup de punk, les jeunes d’avoir l’impression d’y être… Quasi du pastiche, la force de bazooka et sa résonnance contemporaine sont toujours d’actualité mais dans la production d’origine, pas dans ce sursaut qui met bien mal-à-l’aise et qui gâche, outre la flamboyance d’une attitude, la beauté de la sublime touche qu’avait loulou, sa justesse inachevée, vibrante et mélancolique… On a là, aujourd’hui, que des images bien trop léchées, bien trop lisibles par rapport à la profondeur d’ambigüité de ce que Bazooka fut. Le livre, lui non plus, n’échappe pas à ces tics nostalgiques, ni même au maniérisme. Voilà ce que je me disais…

  3. Le gang des pastiches aurait-il encore frappé, attenté à nos images de jeunesse ?
    Kiki et Loulou ont juste mis le pied dans l’actualité. Cela éclabousse, et c’est en profondeur que nous sommes touchés !
    Tant pis si quelques vieilles momies n’ont rien perçu dans leur sarcophage.

  4. fp a dit:

    Faut savoir regarder, mec…
    et nommer l’escroquerie quand elle est là,
    la « profondeur » n’est que surface et ne touche qu’à l’effet.

    Mais « vieilles momies » pour parler des bazooka, c’est un peu dur, ha ha…

  5. Comme tu dis, il faut savoir regarder, je ne suis pas un garçon mais une femme.
    Quand je parle de vieilles momies, ce n’est pas de Bazzoka que je parle, je croyais que tu savais lire aussi…

  6. shige a dit:

    En réponse à fp,
    Je crois que vous avez manqué un ou deux épisodes concernant Kiki et Loulou Picasso. Ce que vous appelez « cristallisation », « tics » ou triste auto-citation est en réalité l’approfondissement d’un art – méditez cette évolution. Je vous recommande aussi de vous rendre sur le site de la Fraternité des précaires (http://www.lafraternitedesprecaires.org/). Il y a là un univers formellement entièrement nouveau puisque le graphisme y est totalement absent, laissant la place à l’écriture, en l’occurrence au pastiche – cette dimension n’est pas nouvelle, elle prend-là une ampleur inédite et remarquable. J’en ai donné une présentation sur mon blog que je vous invite à lire (http://shigepekin.over-blog.com/article-31779569.html), et j’ai ajouté récemment un complément : les faux messages des Picasso envoyés sur Facebook avant l’ouverture du site.
    Bien à vous.
    Shige

  7. fp a dit:

    j’avais tout à fait compris (« ha, ha… ») qui était nommé par « vieilles momies », sister…
    je jouais au vieux punk…

  8. Shige a dit:

    En réponse à fp.
    Il me semble que vous avez manqué quelques épisodes concernant l’évolution de Kiki et Loulou Picasso. Ce que vous appelez « cristallisation », « tics » ou triste autocitation s’apparente bien plutôt à un approfondissement de leur art – méditez ce mouvement naturel dans l’histoire des arts.
    Je vous suggère aussi de vous rendre sur le site de la Fraternité des précaires (http://www.fraternitedesprecaires.org), vous découvrirez leur travail le plus récent. Formellement, il diffère radicalement de leurs précédentes expériences en ce que le graphisme n’y apparaît plus ; c’est l’écriture qui prime, en l’occurrence celle du pastiche – cette dimension n’est pas fondamentalement nouvelle, elle prend simplement une importance première et remarquable.
    J’ai rédigé une brève présentation du site sur mon blog (http://shigepekin.over-blog.com/article-31779569.html).
    Bien à vous.
    Shige

  9. Shige a dit:

    Alors, là…
    Le premier texte ne voulait pas passer, je le réécris – je perds du temps – et le voici de nouveau.
    Réparez vos machines !

    • joseph a dit:

      Nos machines vont très bien, merci pour elles. C’est juste que vous mettez trop de liens dans vos commentaires : du coup, il sont automatiquement considérés comme des spams. Quant au temps perdu : disons que, comme pour les Picasso, c’est de l’approfondissement, non ?

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