Quelques dessins de l’exposition Frédéric Magazine

mat brinkman

Stéphane Prigent

100320091193

100320091194

100320091195

100320091197

100320091198

100320091200

100320091201

100320091202

100320091203

100320091204

100320091205100320091207

L’expo consacrée au troisième numéro de de Frédéric Magazine vient de s’ouvrir. On y voit la matière du livre, mise en scène et orchestrée comme pour disloquer, démembrer, déconstruire le livre même : ici, on se promène dans les dessins, entre les traces du livre plutôt que dans le livre lui-même et l’on se frotte à quelques-uns des dessinateurs les plus intéressants des années récentes, de Blutch à Mat Brinkman – un horizon très vaste. Et surtout, on peut y acheter le livre qui est sans doute le plus impressionnant de tous ceux sortis par cette petite bande (on compte 3 numéros de FM et deux catalogues d’exposition).

Là où le premier FM était une sorte de condensé brut (évoquant en cela d’autres tentatives du genre, comme Nazi Knife), celui-ci est une construction quasi architecturale. Là où le second réservait toute la place et les formes aux seuls 5 membres du collectif, ce numéro 3 ouvre des perspectives vers d’autres dessinateurs mais tous mis en relation avec l’un des dessinateurs originels de FM. Une organisation quasi géologique, et qui en elle-même la question centrale de ce nouveau volume, au-delà du thème fantôme donné à l’ensemble des dessinateurs comme piste de travail (mais non dévoilé dans le livre publié, histoire de brouiller les pistes – ou de les laisser ouvertes ?). Une organisation en cinq temps, cinq territoires qui se répondent, se traversent parfois, s’invectiveraient presque, et dans lesquels on décèle une multiplicité de mises en réseaux. On est là, dans une section donnée, dans des échos de bande dessinée dont on se détache progressivement (la présence de Blutch n’est pas fortuite et donne un indice quant aux déplacements opérés ici). Ailleurs, on se retrouve pratiquement dans un renouveau de matières : Isabelle Boinot, par exemple, ne dessine plus avec des crayons mais tricote ses personnages sur du tissu. Le déplacement est là, le dépliage aussi, entre les dessins, les matières, les couleurs, les dessinateurs. Comme une succession de strates s’appelant les unes les autres. Autant le premier FM était un livre de jeunes punks du dessin, donnant à lire des narrations subliminales et jetées presque violemment, autant celui-ci est autre chose : un livre de dessins, comme on dirait un livre de photos, qui est un agencement extrêmement pensé, conçu non plus pour raconter des histoires imaginaires en repensant l’idée même du dessin, mais pour refléter un monde de plaques : celles de la tectonique, celles de la sclérose, mêlées. On est ici au-delà du dessin, dans un projet quasiment politique de mise à nu des perceptions et de l’emmêlement quasi psychédélique des visions. Il y a de la poésie et de la précision, de l’humour et de l’implosion dans ce FM3 assez grandiose, plus encore que prévu, surtout dans sa forme imprimée.

Publicités
7 commentaires
  1. eyeless a dit:

    Hâte de voir tous ces dessins et de prendre la revue dans la main, demain midi si tout va bien …

  2. lunA.Lee a dit:

    Plusieurs de ces dessins me touchent, pour diverses raisons. Comment se procurer le mag, hors de l’expo ?

  3. joseph a dit:

    voir sur le site d’Arts Factory, je pense.

  4. ff. a dit:

    Merci Joseph pour l’article et sinon pour commander frédéric magazine 3 par correspondance, il suffit d’envoyer un chèque de 25 euro + 4,50 euro de frais de port à l’ordre de arts factory aux coordonnées suivantes :

    arts factory – 32 avenue du président wilson 93100 montreuil

    livraison du frédéric magazine 3 à partir du 11 mars 2009

  5. lunA.Lee a dit:

    Merci pour les réponses !

  6. france a dit:

    je suis allée voir l’expo et c’était vraiment pas très intéressant. Le concept est ennuyeux, un peu vide. Je ne comprends pas ce qui se passe dans l’univers du dessin contemporain. Il ne se passe plus grand chose j’en ai bien l’impression pour qu’il y ait autant de monde à ce vernissage…

  7. Bonjour Joseph,
    Et merci pour l’article et la photo de mes chiens-chimère !

    A bientôt

%d blogueurs aiment cette page :