J’écoute Skullflower et Shirley Collins, rien d’autre

Skullflower et Shirley Collins, je n’ai envie d’écouter que ces deux artistes ces jours-ci et les mixer virtuellement dans ma tête pour mettre à jour un hybride incongru, un monstre bicéphale – ou plutôt acéphale tant j’ai l’impression qu’ils s’annulent pour n’être plus, ensemble, qu’un mélange physique perturbant. Et à force de les écouter, je me rends compte à quel point je décèle dans Skullflower une étrange mélancolie, surtout dans les enregistrements de la fin des années 80 – ici, j’ai mis la pochette de Form Destroyer, premier LP, 1989,  finalement arrivé par la poste avec 20 ans de retard – que serais-je devenu si je l’avais trouvé alors ? Aurais-je autant aimé les motifs de Loop et Spacemen 3 dont Skullflower me semble ête une version encore plus violente et démente ?

En tout cas, cette mélancolie qui émerge du bruit sourd de ce groupe m’atteint à chaque écoute, et me procure  la sensation d’entendre une musique fragile, prête pour la casse,  la brisure. Chez Shirley Collins, au contraire, la fêlure est tout apparente, mais ne donne jamais l’impression de vouloir se rompre pleinement. La chanteuse est au bord de la faille, debout et assurée, son chant est empli d’une fierté d’être là, triste interprète de mélopées folkloriques oubliées sans elle. En cela, je la trouve presque plus dure à écouter, plus difficile à apprivoiser que les murs de bruit incessant de Skullflower, bien plus familiers, qui me ravissent l’ouïe,  la parole, presque le regard.

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6 commentaires
  1. GiBi a dit:

    et quel disque conseillez vous pour commencer avec Skullflower ?
    merci

  2. joseph a dit:

    Je crois que IIIrd gatekeeper tout juste ressorti en cd et exquisite fucking boredom (qui attend une ressortie sur son label original tumult de san francisco) sont deux excellentes portes – assez noise mais pourtant accessibles – sinon matthew bower qui est le centre de skullflower est aussi dans hototogisu (noise extrême) et sunroof qui oscille entre krautrock et noise / drone. Cela dit, hototogisu a sorti un triple vinyle méditatif très beau mais hélas épuisé. A rééditer d’urgence.

  3. ludovic a dit:

    On m’a dit recement que hototogisu avaient splitte.
    histoires d’amour…

  4. GiBi a dit:

    Et qu’écouter d’abord de Hototogisu ?

  5. GiBi a dit:

    En attendant d’écouter S. Collins que je ne « connais » pas, je me permets un commentaire sur le qualificatif de « wall of sound » pour SkullFlower (qui est une vraie bonne découverte pour moi ;-):

    j’ai découvert le mur du son (de guitares) avec Glen Branca, et ses Symphonies 8à10 (pas les meilleures d’ailleurs).

    Les percus de SkullFlower morcellent les briques du mur, isn’it? et la voix nous emporte au-delà du mur, non ?

    Gérard

  6. joseph a dit:

    Oui, tout exact. Le mur de Skullflower est bien attaqué… Pour Hototogisu, il faut écouter d’abord le triple LP sorti sur De Stijl.

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