Je lis Nécron 4 de Magnus

Quatrième volume de la réédition de cette fabuleuse série italienne, qui met en scène un Frankenstein moderne et crétin, doté d’un sexe démesuré et d’envies bestiales, créé sur mesure par une maîtresse nécrophile, qui ne prend son pied qu’avec des cadavres. Décrit ainsi, c’est presque glauque. Mais à lire, c’est incroyablement déjanté, fou, vaguement crétin. Et le trait de l’auteur, Magnus, est impeccable, empli d’une clarté incisive. Surtout, toute cette série tourne autour de l’idée de transformation des corps, de sexualité déviante et de physiques métamorphosés : on ne reste pas longtemps vivant, on ne garde jamais sa forme originelle et seuls les corps de Nécron et sa maîtresse demeurent inchangés, traversant les histoires sans dommages corporels. En quelque sorte, il y a dans cette métamorphose perpétuelle comme des échos annonciateurs des oeuvres de Charles Burns, elles aussi obsédées par les modifications, les métamorphoses, les monstruosités en devenir.

Sur le site de l’éditeur, Cornéius, j’ai trouvé cette photo des volumes italiens originaux :

http://www.cornelius.fr

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4 commentaires
  1. Moi aussi je lis Necron 4, et j’en suis d’autant plus emballé que ces aventures-ci, je ne les avais encore jamais lues.
    Toujours aussi fou ce Magnus.

  2. Charles Ameline a dit:

    Bonjour,

    Actuellement étudiant en master « Métiers du Livre – Edition » à l’université Paris X Nanterre, je réalise un mémoire sur la représentation de la bande dessinée dans la presse généraliste.

    Ayant choisi de situer mon corpus dans une période proche, j’ai opté pour le premier semestre de l’année 2007. Les Inrockuptibles ayant joué un rôle assez important à ce moment, dans le domaine, il me semblait inévitable de l’intégrer au corpus. Or, j’ai pu constaté que vous avez signé la totalité (sauf une critique de Anne-Claire Norot) des articles traitant de la bande dessinée au sein des Inrocks durant ces six mois.

    Mon mémoire portant donc en grande partie sur votre travail, j’ai pensé qu’il serait intéressant que nous puissions parler ensemble des articles que vous avez écrit ainsi que de votre vision de cette problématique.

    Serait-il possible de vous rencontrer pour en discuter (ou de vous poser des questions par mail ou téléphone si vous préférez) ?

    En l’attente de votre réponse, je vous souhaite une bonne continuation au sein de CondéNast.

    Bien cordialement.

    Charles Ameline

  3. josephghosn a dit:

    bien sûr. écrivez-moi là : josephghosn24@gmail.com et je vous rencontrerai avec plaisir.

  4. Martin r a dit:

    Magnus / Charles Burns ? Je n’y avais jamais pensé et pourtant cela semble tellement évident.

    Ce qui est impressionnat surtout, c’est les variations de thèmes chez Necron : le tome 1 de la réédition Cornelius passe du gothique, puis on arrive dans un univers plus proche du Hergé du Manitoba ne réponds plus ; on évolue vers de l’agatha christie paillard, etc…

    Le monde inconstant traversé par un monstre triste qui ne sais plus se situer entre l’amour que les personnages peuvent avoir pour sa verge et le dégouts qu’ils peuvent avoir pour son corps (ou encore tout simplement l’indifférence de sa maîtresse, préoccupé par les soucis plus adultes qu’un simple amour (charnel)).

    « Toujours ordres pour Nécron. Jamais caresses. »

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