J’écoute ce disque : Basilica de Rameses III

Groupe anglais, Rameses III produit une musique très neurasthénique, aux bords du sommeil. Des drones, donc, mais qui ont de jolies particularités : celles d’être joués par musiciens délicats, qui ont l’air d’avoir écouté les disques de Durutti Column et Labradford plutôt que ceux de Throbbing Gristle et Wolf Eyes. Du coup, leurs bourdonnements résonnent avec une chaleur immédiate, oscillent entre les oreilles à coups de notes de guitare, flottantes et éparses, formant, bout à bout, d’étranges zones mélodiques. Ce nouvel album (le précédent, une collaboration avec l’américain The North Sea, intitulée Night of the Ankou, était déjà de haute volée narcoleptique) est double : un Cd enregistré live et un autre composé de morceaux mixés par des proches du groupe. L’ensemble évoque les américains Stars of the Lid ou encore quelques moments de Brian Eno, et il y a là comme un sentiment de flottement apaisant. On pourrait être dans le mièvre, mais on est au contraire dans une musique qui n’a rien de figé, rien d’arrêté. Au contraire, tout ici est question de parcours, de cheminement : peu importe la destination, les échos de cet album vibreront longtemps, à la manière d’une forme nouvelle de musique classique, idéale pour rêver en se tordant les sens. Bonne nuit.

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